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Le Système de rapports mécanographiques - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Le Système de rapports mécanographiques

comment l’informatique avant la lettre a servi les objectifs du nazisme
vendredi 7 août 2020

Les cartes perforées du système Hollerith, IBM et l’Holocauste

Le Système de rapports mécanographiques (Maschinelles Berichtswesen)

ou comment l’informatique avant la lettre a servi les objectifs du nazisme

Les cartes perforées du système Hollerith faisaient partie des débuts de l’informatique. Elles servaient déjà pendant la Première guerre mondiale, longtemps avant l’avènement des ordinateurs proprement dits, à la gestion de grandes quantités de données. Dès l’installation du nazisme, la Wehrmacht et d’autres instances de l’État et du parti nazi s’en emparent. Ce système d’information militaire était composé d’appareils de saisie, de traitement et de lecture.

Carte perforée

Une des premières cartes perforées Hollerith

Le « bureau de la politique raciale du NSDAP », les sociétés économiques des SS, certaines sociétés privées et la Wehrmacht (pour la préparation et la gestion de la guerre) ont pleinement puisé dans les capacités de ce système.

La société qui commercialisait les appareils et les cartes perforées était IBM (International Business Machines Corporation) aux États-Unis, en Allemagne la filiale DEHOMAG (Deutsche Hollerith-Maschinen Gesellschaft), qui se faisait passer en Allemagne pour une société allemande. Jusqu’en 1941 la société a pu rapatrier ses gains aux États-Unis.

Le système servait aux recensements de la population allemande qui comportait aussi des critères « raciaux ». Ainsi des listes de personnes à déporter étaient établies à partie des recensements, la Reichsbahn utilisait les cartes perforées pour établir les horaires de trains.

Des employés de la société allaient entretenir les appareils jusque dans les camps de concentration où le système servait à gérer les détenus.

Carte de détenu traitée par Hollerith

Fiche personnelle d’un détenu du camp de Buchenwald pourvue d’un tampon rouge « Traité par Hollerith »

En France, le contrôleur général des armées René Carmille, pionnier de la mécanographie, crée sous l’occupation le Service national des statistiques, prédécesseur de l’INSEE, et aussi le numéro national d’identification. Sa fonction lui permet de sauver des juifs et des résistants en retardant un certain nombre de procédés.

Ressources et iconographie : Wikipedia

Pour en savoir plus :

- Götz Aly et Karl Heinz Roth : Die restlose Erfassung : Volkszählen, Identifizieren, Aussondern im Nationalsozialismus, Berlin 1984 et Francfort 2000 (édition revue et augmentée)

- Edwin Black : IBM and the Holocaust : the strategic alliance between Nazi Germany and America’s most powerful corporation, New York 2001 (en français : Robert Laffont 2001)

voir aussi :

https://www.jewishvirtuallibrary.org/ibm-and-quot-death-s-calculator-quot

Ulrich Hermann