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Chasseneuil, mémorial de la résistance et nécropole nationale, un site méconnu - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Chasseneuil, mémorial de la résistance et nécropole nationale, un site méconnu

une visite par Martine Giboureau
samedi 26 octobre 2019

Une nécropole nationale près d’Angoulême, dans une région de maquis.

Un site méconnu : Le mémorial de la résistance et la nécropole nationale de Chasseneuil-sur-Bonnieure

Mémorial et nécropole, entrée principale

Sur les pentes d’un des doux vallonnements charentais s’étend ce vaste site dominé par l’imposant monument blanc haut de 21m.
(Cliquer sur les vignettes pour les agrandir)

Mémorial
Pour la Liberté et la grandeur de la Patrie

Nous sommes au nord-est d’Angoulême.
https://www.geoportail.gouv.fr

De nombreux panneaux sont dispersés aux entrées et au sein du site. Presque toutes les informations suivantes sont issues de ces panneaux.
A l’origine le Mémorial fut conçu pour représenter dans la pierre les combats et les souffrances des résistants. Après son acquisition par l’État, il devint une nécropole nationale aménagée en plusieurs phases occupant actuellement 21616 m2. Cette nécropole comporte 2255 sépultures et rassemble 2029 corps de militaires tombés aux combats non réclamés par leurs familles et des résistants morts dans le quart sud-ouest de la France. Parmi les tombes des résistants, soldats des troupes coloniales, FFI entre autres, apparaissent des signes chrétiens, musulmans, juifs. Les tombes vides sont marquées par une plaque ‘’In Memoriam".

nécropole
nécropole et le monument

1446 soldats inhumés ici sont morts entre 1939 et 1943, 421 en 1944. Se trouvent par exemple les tombes de 11 militaires tués lors des combats du 10 mai 1940 à Etalle (Belgique) et rapatriés en 1958, 25 résistants du maquis de la Parade en Lozère [1] tués par les Allemands le 28 mai 1944, 3 poilus de 14-18.

Une carte indique les lieux de décès des personnes inhumées à Chasseneuil

Carte des lieux de décès

Les grandes dates de l’élaboration de ce site sont :
- Octobre 1944 : lancement du projet [2]. Une soixantaine de prisonniers allemands réalise les premiers travaux de terrassement.
- 10 août 1950 : vote d’un crédit de 5 millions de francs par l’Assemblée nationale à condition que le Mémorial soit entouré d’un cimetière national.
- 21 octobre 1951 : inauguration du Mémorial par Vincent Auriol
- 8 mai 1954 : premières inhumations dans la crypte, premier regroupement de corps dans la Nécropole nationale
- 12 juin 1963 : visite de Charles de Gaulle
- 1984 : aménagement paysager. Cet aspect est une spécificité de cette nécropole ainsi que son implantation au flanc d’une colline.

Plan de la nécropole

Plan de la nécropole et du Mémorial de Chasseneuil-sur-Bonnieure

Un escalier de 69 marches en pierres locales (Vilhonneur) gravit une pente de 25m pour atteindre la base du monument. A l’intérieur de l’édifice, une crypte en contrebas comporte 32 cases où reposent les corps de héros de l’armée des ombres charentaise [3]. La porte d’entrée de la crypte est ornée d’un motif en fer forgé représentant une épée posée sur une croix de Lorraine. Les bas-reliefs du mémorial qui se déroulent sur 80 m2 sont dus à Peyronnet, Guiraud et Lamourdedieu. Ils retracent la vie de la résistance civile, la naissance et la vie mouvementée de la résistance militaire (voir ci-dessous le détail des scènes symboliques représentées). Au centre, sur la croix de Lorraine sont gravés le sacrifice des fusillés, le martyre des déportés et des prisonniers et, tout en haut, la France se libérant de ses chaînes.


Voici les scènes entourant le Mémorial [4] et leurs significations :

grand côté bas relief de gauche
explications

1. L’aigle allemand
2. Le soldat de 40
3. La France réconforte et soutient le futur résistant
4. L’intellectuel, représentant Guy Pascaud, l’un des fondateurs du maquis de Bir-Hacheim et donateur du terrain, rédige des tracts
5. Un patriote récupère des armes
6. Le sabotage : un ouvrier cisaille des fils électriques
7. Un autre brise les engrenages de sa machine
8. Deux patriotes, brandissant une grenade à manche, partent attaquer l’ennemi
9. Une paysanne leur apporte le ravitaillement
10. L’institutrice entretient l’esprit patriotique auprès des enfants

« petit côté bas relief de gauche »
explications

11. L’agent de renseignement, le sac sur l’épaule va remplir sa mission
12. Symbole de la délivrance, un civil brise les chaînes de l’asservissement
13. La résistance civile rejoint la résistance armée : un maquisard lève son arme en signe d’allégresse
14. Une jeune femme du maquis – Hélène Nebout, cofondatrice du maquis charentais Bir- Hacheim – s’associe à leur joie en levant un bouquet de fleurs
15. L’ennemi, harcelé par le maquis, abandonne ses armes et son casque : l’aigle allemand est terrassé

1. Insigne du maquis charentais Bir-Hacheim dont la devise est « je maintiendrai »
2. Le désarroi des patriotes traqués par la Gestapo
3. Un volontaire les soutient et les incite à rejoindre les combattants du Maquis

grand côté bas relief de droite
explications

4. Un maquisard transporte des armes parachutées
5. Un maquisard prépare le sabotage de la voie ferrée
6. André Chabanne, cofondateur du maquis Bir-Hacheim, reçoit de Londres et d’Alger des messages radio et les ordres qu’il transmet à son agent de liaison
7. Maquisard abattant du bois pour couper les voies de communication
8. Deux maquisards attaquent au bazooka un convoi ennemi
9. Le colombophile du maquis sort de sa cage un pigeon-voyageur chargé de transmettre les messages entre les différents groupes de maquisards

petit côté bas relief de droite
explications

10. Le clairon sonne l’envoi des couleurs
11. Des combattants hissent le drapeau en signe de victoire
12. Un maquisard enlève le voile, symbole de l’oppression, qui couvrait la patrie







Ce site se trouve sur la ‘’route Claude Bonnier – Chemin de la liberté’’ inaugurée le 31 août 1984 en hommage à Claude Bonnier-‘’Hypoténuse’ [5] (1897 – 1944), délégué militaire régional du Général de Gaulle en Région B.

Route Claude Bonnier

Pour plus d’information on peut consulter sur l’Internet  :

http://www.chasseneuil.fr/histoire_contemporaine.php(aller jusqu’à Organisateurs de Bir’Hacheim et Le Mémorial de la Résistance)

https://www.sudouest.fr/2014/06/18/memorial-de-chasseneuil-16-retour-sur-l-histoire-d-un-haut-lieu-de-la-resistance-1589207-1187.php

Martine Giboureau, octobre 2019
Les photos sont de Martine Giboureau

[2En juillet 1944 un emprunt pour assurer le quotidien des volontaires du maquis de Bir-Hacheim avait permis de récolter d’importantes sommes, remboursées dès l’année suivante grâce à la transformation des FFI en armée régulière. Le reliquat de la somme permit de lancer le projet du Mémorial.

[3Divers maquis étaient opérationnels dans cette région :
- le maquis A.S.18 Bir-Hacheim, constitué à l’automne 1943 par André Chabanne, Hélène Nebout et Guy Pascaud, situé à Cherves-Châtelars et Chasseneuil, http://www.chasseneuil.fr/upload/paragraphes/documents/DOC378__bir-hacheim.pdf
- Le maquis A.S. de Brigueil, dans le Confolentais, fondé dès 1943 mais dispersé dès décembre 1943,
- la Section spéciale de sabotage (S.S.S.) organisée en février 1944 par le capitaine Jacques Nancy,
- le maquis FTPF Gustave Bricourt-Bernard Lelay, crée début 1943 dans la région de Saint-Junien – Rochechouart – Chabanais,
- le maquis A.S.15 Foch, commandé par Maurice Garydans dans le nord de la Charente et le Confolentais qui rejoint le maquis Bir-Hacheim après juillet 1944,
- le Groupe autonome de sabotage (G.A.S.) du chef de bataillon Bernard situé près d’Angoulême puis en Dordogne avant de se rattacher au maquis de Bir-Hacheim,
- le maquis de Bignac du capitaine Ch. Corbin ‘’Allyre’’ qui arma les groupes de la région de Barbezieux.
Après avoir libéré Angoulême le 31 août 1944, les maquisards charentais participèrent à l’investissement des poches de l’Atlantique, à la libération de Royan et de La Rochelle en avril et mai 1945

[4Il est consacré à la résistance des civils et des maquis

[5’Envoyé de Londres par le BCRA, Claude Bonnier est arrivé par opération aérienne (BOA) dans la nuit du 14 au 15 novembre 1943 à Angeac-sur-Charente accompagné de son adjoint Jacques Nancy ‘’Sape’’, chef saboteur de la Région B. ‘’Hypoténuse’’ réorganise la résistance et obtient l’union de plusieurs maquis. Avec ‘’Sape’’, il crée, arme, instruit dans la Région B environ 70 groupes de choc ou de saboteurs. Trahi, ‘’Hypoténuse’’ est arrêté par le SD de Bordeaux le 9 février 1944. Il se suicide au cyanure pour ne pas risquer de parler sous la torture. Claude Bonnier repose dans la crypte de Chasseneuil.


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