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Hommage aux femmes résistantes contre le national-socialisme - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Hommage aux femmes résistantes contre le national-socialisme

Une motion votée au Bundestag le 28 juin 2019
dimanche 30 juin 2019

Un grand nombre de femmes de toutes tendances politiques et religieuses ont résisté au nazis.

Le parlement fédéral allemand vote une motion « Rendre hommage aux femmes résistantes contre le national-socialisme » Frauen im Widerstand gegen den Nationalsozialismus würdigen

Le 28 juin 2019, les partis qui forment la grande coalition au pouvoir, CDU/CSU (conservateurs) et SPD (social-démocrates), ont fait voter au Bundestag une motion dont le texte est une véritable leçon d’histoire. Il y est rappelé qu’un grand nombre de femmes de toutes tendances politiques et religieuses ont, aux côtés des hommes, mené, dans la mesure de leurs possibilités, des actes de résistance très divers. Ces femmes courageuses ont risqué leurs vies, et nombre d’entre elles ont été exécutées ou enfermées dans des camps de concentration.

Des femmes ont participé activement à la préparation de l’action la moins oubliée, l’attentat manqué du 20 juillet 1944, lorsqu’elles ont été initiées par leurs époux ; d’autres n’ont pas été mises au courant pour des raisons de sécurité, mais les familles de tous les conjurés subissaient la Sippenhaft, c’est-à-dire les familles, femmes et enfants [1] des hommes exécutés, ont été enfermés dans des camps.

Mais surtout le texte de la motion développe la grande variété des autres actions : celles du groupe dit « Orchestre rouge », assez bien connu en France (19 femmes exécutées) ; celles de femmes socialistes qui tentaient de maintenir des structures d’organisation ; celles de groupes oubliés tels que l’Union de combat socialiste internationale (Internationaler Sozialistischer Kampfbund) ou l’Union libre des ouvriers d’Allemagne (Freie Arbeiter-Union Deutschlands) ; celles de femmes communistes (le groupe de résistance organisé au niveau d’entreprises autour de Anton Saefkow et Franz Jacob [2] comprenait en 1944, 400 hommes et 100 femmes) qui ont payé particulièrement cher leur engagement ; celles du groupe juif de résistance Chug Chaluzi.

Des femmes, chrétiennes ou non, ont joué un grand rôle dans les actions de sauvetage de juifs, que ce soit pour les aider à fuir le Reich ou les cacher. Le texte rappelle aussi l’action, unique, des femmes de la Rosenstraße en février 1943 qui, par centaines, ont manifesté pendant plusieurs jours, avec succès, pour que leurs époux juifs soient libérés.

Dans le seul lieu d’exécution de Berlin-Plötzensee, 2880 personnes ont subi la peine capitale dont 335 femmes.

Un des mérites de ce texte est sans aucun doute le fait de mentionner un grand nombre de noms de ces femmes totalement inconnues du grand public. Mais les auteurs rappellent que la recherche historique n’est encore satisfaisante ni en ce qui concerne la quantité de femmes résistantes, ni sur la qualité de leurs actes.

La motion rappelle aussi que la résistance allemande, celle des hommes, après 1945, n’a pas été reconnue pendant de longues années, l’opinion dominante les considérait comme des traîtres à la nation. Celles des femmes, en dehors de la participation à la Rose Blanche de Sophie Scholl, a tout simplement été oubliée. Ce n’est qu’à partir des années 1980 que la recherche historique a commencé à s’y intéresser.

Certains des orateurs ont d’ailleurs demandé à leurs collègues députés de lire, ‘contrairement à l’habitude’, dans sa totalité le texte proposé au vote.

La motion, qui propose un certain nombre de mesures concrètes, a été adoptée par tous les groupes du Bundestag sauf par le groupe AfD (extrême droite) qui s’est abstenu, ayant décelé des accents de ‘folie de genre’ (Genderwahnsinn) dans le texte.

http://dip21.bundestag.de/dip21/btd/19/110/1911092.pdf
Ulrich Hermann

Médiagraphie :

La Rose Blanche, la résistance des étudiants allemands
Rosenstrasse. La résistance des femmes allemandes
L’Attentat du 20 juillet 1944
Aide aux juifs persécutés sous le nazisme à Berlin
Le groupe de résistants allemands d’Herbert Baum, Berlin (Sur 28 victimes, 12 femmes)
Orli Wald, résistante allemande, "l’ange d’Auschwitz"

ANDREAS-FRIEDRICH Ruth, Der Schattenmann. Tagebuchaufzeichnungen 1938 - 1945 (L’homme de l’ombre, journal), Suhrkamp, Berlin 1947
BENZ Wolfgang/PEHLE Walter (Hg.), Lexikon des deutschen Widerstandes, S. Fischer, Frankfurt am Main, 1994
BOURGEOIS Guillaume, La véritable histoire de l’orchestre rouge (Die Rote Kapelle), Nouveau monde éditions, 2015
GRÄFIN VON MALTZAN Maria, Schlage die Trommel und fürchte dich nicht ( Frappe le tambour et n’aie pas peur), 1986, réed. Ullstein, München, 2005
WEISENBORN Günther, Une Allemagne contre Hitler, préface d’Alfred Grosser, Le Félin, 2004. Il a été publié en 1953 en RFA avec une préface de Niemöller, sous le titre Der lautlose Aufstand (la Révolte silencieuse).

Hella Hirsch und ihre Freunde, documentaire de Barbara Kasper et Lothar Schuster

[1Dans la famille Stauffenberg, 18 femmes et filles, dans la famille Goerdeler, 8 femmes et 46 enfants

[2Groupe Saefkow, Jacob et Bästlein