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L’Allemagne de Weimar. 1919-1933 - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

L’Allemagne de Weimar. 1919-1933

CR du livre de Christian Baechler par Martine Giboureau
samedi 23 février 2019

« L’Allemagne de Weimar ; 1919-1933 » de Christian Baechler, Fayard, 2007, permet d’intéressantes mises au point. Connaître l’histoire permet peut-être de mieux cerner le présent.

Facteurs favorables à l’accession d’Hitler au pouvoir



Le livre « L’Allemagne de Weimar ; 1919-1933 » de Christian Baechler, paru chez Fayard en 2007, permet d’intéressantes mises au point sur certains de ces thèmes. Il est troublant de relever dans ces années trente des aspects ayant des résonances fortes avec le début de l’année 2019. Connaître l’histoire permet peut-être de mieux cerner le présent.

Dans cette approche, nous concentrons nos analyses sur la fin de la République de Weimar.

I. Les mots-clés de la République de Weimar

  • Un régime « semi-parlementaire ou semi-présidentiel » (constitution adoptée le 31 juillet 1919, promulguée le 11 août 1919). Les deux principaux organes du pouvoir, Reichstag et président de la République, s’équilibrent en grande partie :
    * Le Reichstag, élu tous les quatre ans, vote les lois, vote le budget, peut contraindre un gouvernement à se retirer par un vote de défiance, est maître de ses sessions et de son règlement.
    * Le président est élu pour sept ans, rééligible. Il nomme le chancelier. Il signe traités et alliances, soumis à l’approbation du Reichstag. Il vérifie la constitutionnalité des lois et les promulgue. Il est chef des armées et nomme officiers et fonctionnaires. Le Président peut dissoudre le Reichstag.
    * L’article 48 donne des pouvoirs exceptionnels au président de la République si nécessaire : faire intervenir la force armée dans un Land, suspendre les droits fondamentaux.
    * le suffrage est universel (y compris féminin) à partir de vingt ans avec une proportionnelle intégrale appliquée à tous les niveaux.
    * possibilité de référendum suite à trois initiatives éventuelles : .initiative du Président de la République pour écarter une loi votée au Reichstag ; .initiative du Reichstag pour écarter le président (jamais utilisée) ; .Volksbegebren, c’est-à-dire référendum d’initiative populaire qui permet de faire une proposition de loi par pétition (si la pétition obtient le soutien de 10% des électeurs inscrits, la proposition de loi est soumise au Reichstag. S’il la rejette, elle est soumise à référendum) ;
    * le Reichsrat [1] n’a pas de rôle dans les lois budgétaires. Les Länder sont représentés par des ministres délégués par les gouvernements (sauf pour la Prusse).
  • Caractère biconfessionnel de l’Allemagne (catholique et protestante) inscrit dans la société avec des réseaux associatifs séparés et une école primaire pour l’essentiel confessionnelle. Les catholiques allemands gardent pour la plupart une mentalité de minorité et le souvenir du Kulturkampf. La cohésion du milieu catholique est un élément essentiel de résistance à l’ascension de la NSDAP. La division confessionnelle et les inquiétudes des protestants face à l’influence du catholicisme et à la déchristianisation contribuent à l’absence de cohésion interne de la société allemande. (p224-225)
  • Le traité de Versailles, long document de 440 articles répartis en quinze parties. Il s’agit d’une des faiblesses originelles de la République de Weimar, accusée par divers opposants d’avoir trahie le peuple allemand en signant ce traité. « Le rejet du traité dicté et la révision sont le seul élément vraiment unificateur sous la République de Weimar. […] Pour beaucoup de nationalistes, la révision de Versailles est étroitement liée au rejet du régime de Weimar. » (p 113) « La frontière orientale contribue largement au ‘’syndrome révisionniste’’ de Weimar. » (p 110) « Des slogans, comme la ‘’génération enchaînée’’ par le paiement des réparations, trouvent beaucoup d’écho dans l’opinion. (p 111) »
  • La génération du front  : « Selon le mythe, une ‘’communauté du front’’ (Frontgemeinschaft), unissant officiers et hommes de troupe, s’est forgée par-delà les classes et les grades à travers quatre années de guerre et de dévouement héroïque à la patrie. Un homme nouveau est né sur le front, héroïque et tout dévoué à la communauté nationale, la Volksgemeinschaft. » (p 127)
    « Les notions de ‘’génération du front’’ et de ‘’communauté du front’’ sont exploitées pour dénoncer la démocratie parlementaire qui divise et affaiblit la nation face à l’étranger. » (p 128)
  • Organisations paramilitaires (Wehrverbände) : elles « entretiennent l’’’esprit militaire’’ dans la population, puis, à partir de 1930, contribuent à la ‘’brutalisation’’ de la vie politique. Elles entretiennent une sorte de ‘’guerre civile larvée’’.
    Elles sont nombreuses, issues de divers milieux :
    * les Casques d’acier (ou ligue des soldats allemands du front ; Stahlhelm ou Bund deutscher Frontsoldaten) créés en novembre 1918. « L’organisation développe un programme national de lutte contre le traité de Versailles et contre les communistes. » (p 153)
    * L’ordre jeune allemand (Jungdeutscher Orden), ordre organique et corporatif alliant camaraderie et Führerprinzip.
    * La Bannière d’empire noir-rouge-or (Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold) créée en 1924 par les républicains, sociaux-démocrates, démocrates et des membres du Zentrum, vite dominée par le SPD. Le Reichsbanner crée en septembre 1930 une organisation de défense avec uniforme et exercices militaires pour s’opposer dans la rue aux autres organisations paramilitaires.
    * La Ligue rouge des combattants du front (Roter Frontkämpferbund) créée en 1924 par le KPD.
    * Les Sections d’assaut (SA, Sturmabteilung) fondées en octobre 1921 à partir du service d’ordre et de protection d’Hitler. Interdites en juin 1922, elles se sont réorganisées en février 1925.
  • Modernisation des mœurs, des valeurs : des idées novatrices se développent en Allemagne mais elles touchent surtout les grandes villes et seulement une frange de la population urbaine, en particulier les classes moyennes. En revanche elles provoquent le rejet dans la majorité de la population et contribuent aux divisions de la société. Les artistes portent souvent un regard désabusé ou critique sur la société allemande, entretiennent le pessimisme sur la civilisation urbaine et sur l’Allemagne d’après-guerre. (p 259)
    * Mythe de la jeunesse (au sein d’une population vieillissante) : la jeunesse contribue à diffuser la nouvelle culture de masse, celle des loisirs avec cinéma, café, dancing, sport spectacle … Cette culture s’oppose à celle néo-conservatrice des ligues et organisations nationales paramilitaires. (p 215)
    * Avant-garde intellectuelle, artistique dénoncée par les nazis comme du « bolchevisme culturel » : « le choc de la guerre et de la défaite, la révolution et la libération des mœurs donnent un coup de fouet à la création artistique et littéraire, alors que de nouvelles techniques [cinéma, radio …] permettent une diffusion de masse ». On peut citer comme courants porteurs de modernité le « groupe de novembre », l’expressionnisme (y compris dans sa forme théâtrale), la « nouvelle objectivité », le Bauhaus …
    * Berlin est un foyer bouillonnant d’activités, d’idées, d’expériences, souvent contradictoires, et s’affirme comme une métropole culturelle mondiale. » (p 224)
    Mais « ce Berlin cosmopolite, ville de plaisir et symbole de la modernité culturelle, est fustigé par beaucoup comme la Babylone moderne, le symbole d’un régime républicain qui a corrompu les vieilles valeurs allemandes et favorisé l’’’américanisme’’. Comme la ville regroupe près d’un tiers des juifs allemands (175 000) et qu’ils sont des acteurs importants de la vie culturelle, les antisémites dénoncent l’’’influence juive’’, l’accusant d’empoisonner la culture allemande et d’être à l’origine des tendances ‘’décadentes’’ et non allemandes de la culture moderne de Weimar. » (p 245)

II. La crise politique des années 1930 et la fin de la démocratie de Weimar
La crise de la démocratie allemande est directement provoquée par la crise économique et ses conséquences sociales catastrophiques. « L’incapacité des élites à s’accorder sur les mesures à prendre au cours d’une crise prolongée ouvre la voie à l’interprétation présidentielle de la constitution de Weimar, puis aux intrigues d’un petit groupe de réactionnaires autour du président Hindenburg. […] Le vote des pleins pouvoirs à Hitler le 23 mars, pleins pouvoirs renouvelés jusqu’en 1945, met la constitution de Weimar hors service, sans qu’elle soit jamais formellement supprimée » (p 302-303)

A. le contexte politique
« La République de Weimar est un régime né de la défaite et qui repose sur un compromis politique, social et économique fragile, dans la mesure où il a été accepté sous la pression de la menace révolutionnaire par les monarchistes et une partie du patronat et de la bourgeoisie, et où il ne satisfait pas la gauche radicale. » (p 119)

La deuxième vague révolutionnaire qui s’est développée jusqu’en mai 2019, les affrontements sanglants qui en résultent, la violente répression « ont des conséquences à long terme sur la vie politique allemande. Elles scellent la rupture entre le SPD et la gauche radicale, rupture qui [rend] plus tard impossible toute collaboration dans la défense de la République. » (p 77-78)
La vie politique est animée par un système à six ou sept partis :
Le SPD, principal fondateur du régime de Weimar,
le Zentrum, parti catholique négociant souvent des coalitions gouvernementales,
le parti démocratique allemand (DDP, libéral de centre gauche), ayant largement conçu la constitution.
Deux partis ont participé à plusieurs gouvernements alors qu’ils sont initialement hostiles au régime : le parti du peuple allemand (DVP, libéral de centre droit) et le parti populaire national allemand (DNVP, grand parti de rassemblement de l’’’opposition nationale’’).
Des partis radicaux de gauche et de droite sont hostiles au régime de Weimar : le parti communiste allemand (KPD) et le NSDAP.
« À partir de septembre 1932, le poids des partis extrémistes hostiles au régime est tel qu’il n’y a plus de majorité possible. Ainsi, la multiplicité des partis, fruit des divisions de l’opinion et entretenue par le scrutin à la proportionnelle intégrale, ne facilite pas le fonctionnement harmonieux d’un système parlementaire, d’autant que deux partis extrémistes rejettent le régime politique ou même le régime économique et social. » (p 148)
La pratique du «  vote de tolérance » (une majorité relative se crée sur la déclaration préalable du gouvernement venant d’être nommé) « conduit progressivement, avec un Reichstag de plus en plus divisé, à un affaiblissement de la responsabilité gouvernementale devant le Reichstag et à une dépendance croissante du gouvernement à l’égard du président jusqu’à aboutir à des cabinets présidentiels à partir de septembre 1930. » (p 89)
« En l’absence de compromis, le président peut former un gouvernement minoritaire agissant éventuellement, pour les réformes les plus indispensables et peu populaires, à l’aide de décrets présidentiels. » (p 92). La pratique des décrets d’urgence fait du président un législateur de substitution, même s’il y a un contrôle prévu a posteriori qui suppose toutefois une majorité au moins relative au Reichstag.

À partir de juillet 1930, le président Hindenburg prend 116 décrets d’urgence dont 60 en 1932. Il s’agit alors d’imposer une législation refusée par le Reichstag. (p 90)

B. la succession de choix aux conséquences dramatiques : chronologie (p 397 -410)
1932
- mai 1932 : démission de Brüning (centriste) ; Von Papen (monarchiste catholique) lui succède ; Schleicher (militaire, partisan d’un État-Armée, « Wehrstaat  »), est ministre de la Reichswehr. Pour ce dernier, le cabinet mis en place est une transition vers la participation gouvernementale des nazis.
- 4 juin : dissolution du Reichstag ; Papen dans sa déclaration gouvernementale affirme : « Le gouvernement mènera le combat, indépendamment des partis, pour l’assainissement moral et économique de la nation, pour la renaissance de la nouvelle Allemagne. »
- 16 juin : levée de l’interdiction des SA (imposée en avril 1932)
Élections de juillet 1932 : les nazis obtiennent 37,4% des suffrages exprimés. Hitler refuse le poste de chancelier.
- 12 septembre : Göring, président du Reichstag, fait voter une motion de défiance du KPD (512 voix contre 42). Hindenburg dissout le Reichstag.
- Élections de novembre 1932 : le KPD et le NSDAP, partis d’opposition au gouvernement, sont à eux deux majoritaires au Reichstag [2].
- 9 novembre : le gouvernement décide unanimement de rester en place.
- 17 novembre : après l’échec des conversations avec les partis pour former un « cabinet de concentration des forces nationales » ou une politique de tolérance, Papen remet la démission du gouvernement. Hindenburg charge Papen de former un nouveau gouvernement, le SPD ne voulant pas s’engager dans une politique de tolérance.
- 3 décembre : informé de l’opposition de presque tous les ministres aux propositions de Papen, Hindenburg nomme Schleicher chancelier.
- 6-9 décembre : session du Reichstag. Motion de censure du KPD rejetée ; diverses décisions peuvent être votées dont une loi d’amnistie.
1933
- 4 janvier 1933 : Papen rencontre Hitler ; le 9 Hindenburg charge Papen de négocier la formation d’un gouvernement avec des ministres nazis. Du 10 au 27 janvier, négociations.
- 11 janvier : des représentants du Reichslandbund dénoncent auprès de Hindenburg la politique agraire du gouvernement. Le 13 janvier, une lettre ouverte du chef du parti agrairien du NSDAP fustige la ‘’bolchevisation’’ et la politique douanière du gouvernement. Le 21 janvier, le DNVP se joint aux critiques. La position de Schleicher auprès d’Hindenburg est ainsi méthodiquement sapée.
- 15 janvier : les élections au Landtag de Lippe-Detmold pour lesquelles Hitler a assuré dix-sept grandes réunions, permet au NSDAP de passer de 34,7% à 39,6% des suffrages exprimés. Dès le 17 janvier, Hitler reprend les négociations avec Papen et le DNVP.
- 23 janvier : Hindenburg refuse la proposition de Schleicher de dissoudre le Reichstag après un vote de défiance et de reporter les élections à novembre 1933.
- 25 janvier : le SPD fait campagne contre la dissolution. Le Zentrum prend la même position : les deux partis adoptent une position strictement légaliste, réduisant la marge de manœuvre de Schleicher.
- 28 janvier1933 : Hindenburg accepte la démission du ministère. Papen [3] est officiellement chargé de négocier avec les partis et met au point la liste du gouvernement. [Ainsi le gouvernement est constitué comme suit] : Hitler chancelier, Papen vice-chancelier … et en dehors d’Hitler, seulement deux membres du NSDAP, Frick ministre de l’intérieur et Göring, ministre sans portefeuille [4].
- 30 janvier 1933 : Hitler est nommé chancelier par Paul von Hindenburg, [5].
Personne ne voit de rupture avec les cabinets précédents ! Le SPD lance un appel au calme et à la discipline, rejetant toute idée d’action hors du parlement.
Les SA sont maîtres de la rue. 60 morts entre la fin janvier et le début mars.
- Le 1er février, Hindenburg accepte la dissolution du Reichstag, les élections étant fixées au 5 mars.
- 4 février : en réponse à l’appel à la grève générale du KPD, décret présidentiel donnant les pleins pouvoirs au gouvernement pour interdire réunions et publications (utilisé contre les communistes, les sociaux-démocrates et le Zentrum).
- 27 février : incendie du Reichstag.
- 28 février : décret présidentiel suspendant les droits fondamentaux, permettant d’emprisonner les opposants potentiels à titre préventif.
- 5 mars : élections au Reichstag. Participation : 88,8% ; 43,9% des suffrages exprimés pour la NSDAP ; 8% pour le front de combat noir-blanc-rouge.
- 8 mars : les 81 mandats communistes sont annulés.
- 23 mars : vote des pleins pouvoirs à Hitler par le Reichstag. Seuls les députés SPD ont voté contre.

III. Les divergences entre historiens : l’accession d’Hitler au poste de chancelier était-elle évitable ?

  • D’après Christian Baechler [6] , la réponse est positive. Il donne plusieurs arguments :
    - Brüning avait de larges appuis du côté des partis démocratiques, des syndicats. La crise économique était à son point bas et le chômage pour la première fois était stabilisé.
    - Le Reichstag issu des élections de 1930 était élu jusqu’en 1934.
    - Schleicher, contrairement à Papen, avait aussi d’assez larges soutiens du côté des syndicats et des partis démocratiques même si le légalisme du SPD et du Zentrum limitait la marge de manœuvre de Schleicher.
    - La constitution n’excluait pas le maintien du chancelier après un vote de défiance pour traiter les affaires courantes, dès l’instant où il n’y avait pas une majorité positive pour former un nouveau gouvernement.
    - Hindenburg pouvait accorder à Schleicher une nouvelle dissolution.
    - C’est l’entourage de Hindenburg qui le convainc de nommer Hitler alors que le 26 janvier Hindenburg est encore très réticent vis-à-vis du «  caporal bohémien ». Le groupe social le plus influent auprès d’Hindenburg est celui des grands propriétaires terriens de l’est de l’Elbe qui défendent leurs intérêts matériels et sont nostalgiques de leur position privilégiée d’avant 1918. Une partie de l’industrie lourde souhaite aussi écarter le SPD et les syndicats, veut limiter l’état social et aussi la Reichswehr qui souhaite mener un coûteux programme d’armement.
    - La nomination d’Hitler est le résultat de la lutte sans merci des élites divisées : volonté de revanche de Papen, divisions internes de la Reichswehr.

Hitler est appelé au pouvoir alors que la conjoncture s’améliore lentement, que la progression de la NSDAP s’essouffle.

  • La question en miroir est quelles sont les causes des succès électoraux des nazis ? Christian Baechler liste différentes explications :
    - Absence de consensus sur le régime né de la défaite et d’une révolution inachevée. Ambiguïté de la constitution entre système parlementaire et système présidentiel.
    - Exploitation par Hitler de la crise de légitimité du régime de Weimar à la suite de la crise économico-sociale.
    - Propagande nazie extrêmement efficace utilisant les moyens modernes de communication ; Hitler apparait à partir de juillet 1932 comme la seule force d’ordre face à la montée du parti communiste révolutionnaire. L’antisémitisme est volontairement mis de côté et la guerre de revanche est à peine évoquée. La promesse est celle d’un avenir lumineux, sans lutte des classes, où bourgeois et ouvriers se réconcilieront dans une communauté nationale fondée sur la justice sociale, où nationalisme et socialisme s’accorderont, où chacun trouvera du travail et du pain.
    - Combinaison par Hitler d’une tactique légaliste et d’une stratégie de destruction de la démocratie.
    - Action jamais désavouée des SA exerçant une pression constante dans la rue.

« La période finale de la République de Weimar a suscité des controverses. […] Pour les uns […] la démocratie parlementaire est condamnée par la volonté de Brüning d’exploiter la crise pour restaurer l’Ancien Régime et par la priorité absolue donnée à la suppression des réparations au détriment de la lutte contre la crise et le chômage. […] Pour d’autres historiens, le régime parlementaire est condamné à la paralysie par l’incapacité des partis politiques à trouver une solution à la crise économique et sociale. La chancellerie de Brüning est la dernière tentative pour sauver la démocratie. » (p 11)

« Si les conditions de naissance et de développement de la démocratie de Weimar étaient difficiles, la démocratie n’était pas condamnée dès l’origine. Même en janvier 1933, l’accession de Hitler au pouvoir n’était pas inévitable et d’autres alternatives s’offraient encore à l’Allemagne » (p 12)

Ainsi des Allemands déstabilisés par l’émergence d’un monde si différent de celui d’avant 1914, sans tradition démocratique et donc sans attachement profond à la démocratie représentative, victimes des profondes difficultés économiques et sociales, ont adopté avec enthousiasme une vision politique nouvelle leur promettant des solutions à toutes leurs difficultés, toutes leurs angoisses : le nazisme.

Martine Giboureau

Akten zur Weimarer Republik Direktzugang zu den online präsentierten Akten

http://weimar.bundesarchiv.de/WEIMAR/DE/Content/Artikel/Finden/2018-01-08_Bestandsliste-Akten.html

Chronologie du nazisme à la Shoah ; les procès
Antisémitisme et persécutions dans l’Allemagne nazie

[1Assemblée représentant les Länder (États sous la République de Weimar). c’est le Bunderat aujourd’hui, deuxième chambre du Parlement

[2le 6 novembre 1932, le NSDAP perd des voix, 33,1 % des suffrages exprimés. Le SPD (20,4) et le KPD (16,9) ont à eux deux 37,3 des voix.

[4Alfred Hugenberg, patron de presse, chef du DNVP, aurait le ministère de l’agriculture.

[5le Reichspräsidenten der Weimarer Republik (président du Reich de la République de Weimar)

[6"Hitler n’aurait pu prendre le pouvoir sans la complicité d’élites bourgeoises" Ian Kershaw