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Témoignages sur les Ghettos - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Témoignages sur les Ghettos

Lodz, Wilno, Bialystok, Varsovie
dimanche 7 décembre 2008

Les ghettos avaient pour raison première, une sorte d’épuration ethnique. Il s’agissait d’isoler les juifs, et leur influence "nuisible", de l’environnement des Allemands tout d’abord, mais aussi de toutes les populations environnantes...

Journée du 6 décembre 1997, Présentation de Mr HUBERT TISON, secrétaire général de l’APHG
A cette table nous avons Monsieur Jacques Burko, ingénieur de formation, historien, traducteur, animateur de la table ronde, et qui est accompagné par des survivants des ghettos : madame Édith Grincman, monsieur Korezec, directeur de recherche au CNRS, monsieur Tomkiéwitz, psychiatre, spécialiste des enfants, monsieur Grinbaum, scientifique et madame Borenstein.

 Introduction de Jacques Burko, modérateur

Nous allons avoir à aborder des sujets difficiles. C’est un moment privilégié que ce face à face entre vous qui êtes des agents de la transmission, qu’il s’agisse des documentalistes, et des professeurs d’histoire, et les témoins survivants du génocide. C’est un moment important à plusieurs points de vue, bien entendu sur le plan humain mais également sur le plan de la vérité historique. Car la tâche de transmettre de génération en génération l’histoire est difficile. Et surtout certains épisodes, certaines parties de cette histoire sont tellement difficiles à inclure dans l’histoire banale qu’on transmet, que la tentation est très grande certainement de les exclure. Je ne sais pas si c’est là qu’il faut voir la raison de certaines attitudes négationnistes, ce n’est pas le moment de se poser cette question. La vision des témoins vivants que vous avez devant vous, humanise l’histoire et impose cette transmission. Évidemment, on peut se poser la question que vaut leur mémoire après cinquante cinq ans ? Mais ce n’est pas non plus le lieu de débattre là dessus, et je pense que certains des survivants ont su faire l’acte auto-salvateur d’oubli. Mais ceux qui se souviennent, et vous en avez cinq devant vous, se souviennent comme si c’était hier. La gravure est indélébile.

Un mot avant de passer la parole, sur les ghettos en Pologne. "Ghetto" évoque quand même une notion moyenâgeuse et pour plusieurs peut être, la Pologne évoque une idée d’arriération et donc il peut paraître superficiellement tout à fait naturel que c’est en Pologne que les ghettos ont été instaurés. C’est historiquement inexact. Dans la Pologne du Moyen Age, on n’a connu guère que trois ghettos fermés, dans le sens habituel du terme au Moyen Age, à Poznan, à Cracovie (Kazimir) et à Lodz. Partout ailleurs, en Pologne, les juifs habitaient dans des quartiers ou des villes ouvertes. C’est une création de la deuxième guerre mondiale et des Allemands que les ghettos, qui avaient donc pour raison première, une sorte d’épuration ethnique. Il s’agissait d’isoler les juifs, et leur influence nuisible, de l’environnement des Allemands tout d’abord, mais aussi de toutes les populations environnantes, de les confiner, de les concentrer dans des quartiers spéciaux. Le surpeuplement de plusieurs ghettos était dû non seulement parce qu’on avait attribué aux juifs d’une ville une surface tout à fait insuffisante pour les contenir, mais également parce qu’on y a concentré des communautés juives des villes et villages avoisinants de façon à limiter au maximum les lieux où les juifs résidaient.

Dans une deuxième phase, les ghettos ont servi de vivier pour les déportations, quand il est apparu aux Allemands que la mortalité naturelle des ghettos n’était pas suffisante pour exterminer les juifs à la vitesse qu’ils souhaitaient. Il faut rappeler par exemple que dans le ghetto de Varsovie, en 1942, il y a eu environ 60.000 morts sur 400.000.
Vous voyez, le calcul est rapidement fait pour savoir combien de temps cela pouvait durer au total.

La fin de tous les ghettos est similaire, mais les parcours ont été différents, à cause des circonstances locales. Pour illustrer ces différences, nous avons choisi ici, des gens venant de ghettos différents. Les témoignages présentés aujourd’hui seront diversifiés avec le cas particulier du ghetto de Lodz, illustré par madame Gricman qui a vécu sous le règne de Rumkovski, ensuite madame Paula Borenstein parlera du cas de Wilno , pour Bialystok nous aurons monsieur le professeur Korezec et nous finirons par le cas du ghetto de Varsovie avec le professeur Tomkiéwitz pour l’aspect culturel de la vie dans le ghetto, enfin monsieur Samuel Grinbaum parlera plus particulièrement de l’insurrection de Varsovie. Par la diversité de l’origine géographique des ghettos évoqués, les témoignages sont différents et soulignés par la personnalité et la sensibilité des intervenants.

 Témoignage d’ Édith Gricman, ghetto de Lodz

C’est une tâche assez difficile, en un quart d’heure, de rendre compte de tout ce qu’on a vécu pendant quatre ans, ayant vécu dans le ghetto de Lodz du premier jour de sa création (en avril 1940) jusqu’à sa liquidation qui a eu lieu le jour de la libération de Paris. On ne savait pas à ce moment que Paris était libéré.
Je vais commencer par le commencement, c’est à dire l’entrée dans le ghetto.
J’ai vécu avec ma famille à Lodz, nous étions cinq personnes. On nous a alloué dans le ghetto une pièce dans un appartement de deux pièces-cuisine qui était occupé par trois familles. On était donc cinq dans cette pièce de 12 à 14 m2. Il n’ y avait pas l’eau courante, pas de toilettes. C’était un immense immeuble. Dans la cour, il y avait plusieurs immeubles de chaque côté de la cour et il y avait un seul wc pour tous ces immeubles. Telles étaient les conditions à l’entrée dans le ghetto.
Ghetto de Lodz
pour agrandir l’image :
http://www.cercleshoah.org/IMG/jpg/ghetto_lodz.jpg
Au fur et à mesure que le temps passait, le ghetto s’organisait en une organisation parfaite avec un doyen, un "Älteste" des juifs, Rumkowski. Il s’est formé une administration. Au fil du temps les rations de pain diminuaient et nous devions essayer de vivre . Rumkowski a organisé des usines de choc qui s’appelaient chez nous, les "Ressorts".
Chaque métier avait son " Ressort" il y avait la couture, le " Ressort" de vêtements, de chaussures, des petites pièces d’armement. Moi j’ai travaillé dans un "Papierressort", une usine de papier, c’est à dire des produits tirés du papier : c’était des livres de comptabilité, différents objets en papier. Je me souviens qu’il y avait de la colle parce qu’il fallait coller certains objets. Cette colle était faite de farine et d’eau, mais quand on s’est aperçu que les gens mangeaient cette colle, on y a ajouté du poison.

Au fur et à mesure des évènements du ghetto, les déportations s’organisaient. Monsieur Rumkowski devait livrer la quantité de gens que les Allemands demandaient. A la place des personnes déportées, venait la population des petits ghettos des alentours, qui repeuplait le ghetto de nouvelle main d’oeuvre. Plus tard, en 1942, la déportation devint massive, ce fut aussi l’année de mon mariage. Dans la famille de mon mari, la plupart de ses parents sont morts de faim. La famine était atroce. La femme de son frère est restée seule avec ses enfants. J’ai pris chez moi un enfant de six ans. Pour avoir une carte, une soupe, il fallait qu’il travaille. Il a donc travaillé ce petit-là dans le "Papierressort". Il collait des poches de papier et il recevait sa soupe.

En 1942 les Allemands sont entrés dans le ghetto avec des camions pour vider les hôpitaux. Ils ont ramassé beaucoup de malades. Il y avait beaucoup de malades du typhus. Ma soeur et ma tante qui vivait avec nous, une très jeune soeur de mon père, étaient atteintes du typhus et grâce aux connaissances, nous avions pu les placer à l’hôpital. Elles ont été prises et ont été gazées dans des camions, puis elles ont été enterrées dans des fosses communes à Chelmno.
Deux mois après, il y eut la grande "Sperre", la grande rafle : le ghetto fut complètement fermé pour la Grande Sélection.Tout le monde fut appelé à descendre dans la cour, dans la rue. Cette action était aidée par la police et par les pompiers juifs du ghetto qui y étaient contraints. Pendant cette sélection, ma mère était malade du typhus. C’est grâce à un pompier qui l’a cachée dans un grenier, que ma mère a échappé à cette sélection. Il y a eu une énorme déportation à cette époque-là. Je crois qu’il y avait 12.000 déportés dans la journée, je ne sais pas exactement le chiffre.
On a toujours vécu dans une famine atroce. L’hiver était très, très dur. Je me souviens que nous vivions dans une chambre qui formait un angle de l’immeuble, où la glace se formait sur les murs.
Je travaillais et c’est grâce à cela que j’avais ma soupe. Mon père est tombé malade. Nous avons alors partagé notre ration de pain, de soupe. Nous avons vécu comme cela, nous avons survécu. Des souvenirs me reviennent des morts dans notre immeuble. En face de ma fenêtre, dans l’autre bâtiment, vivait une famille de jeunes gens avec deux petits enfants, un petit garçon de trois ans et un bébé. Le garçon de trois ans est mort, puis quelques semaines après, c’est le petit bébé qui meurt. La mère ne veut pas absolument pas donner son bébé pour l’enterrement. Je vois et j’entends encore les cris terribles de déchirement de cette pauvre mère.

Et c’est comme cela qu’on a vécu jusqu’à la liquidation, très affaiblis. Moi-même, j’étais malade du typhus au début 1944. Grâce aux connaissances de mon père dans l’administration du ghetto, on m’a procuré des piqûres qui m’ont permis de survivre. Deux mois après j’étais déportée.

La déportation a eu lieu fin août. Je suis arrivée à Birkenau le 22aout. Je me souviens de la date parce que, après la sélection à Auschwitz, je fus emmenée sur le lieu de travail, dans un wagon. Le soldat qui nous surveillait regardait un journal : "Paris ist gefallen" (Paris est tombé). C’était le jour où j’ai perdu mes parents, mon père, ma mère, mon mari. Paris était libéré et pour nous c’était la mort.

La vie quotidienne était comme dans tous les ghettos. Notre préoccupation essentielle étant la recherche de quoi manger, de quoi se chauffer, de quoi s’habiller. Les vêtements d’origine étaient usés. Il y avait un centre de vêtements, " Kleidung". Après la déportation des gens, les vêtements laissés sur la place, étaient ramassés et distribués aux gens. Pour le petit garçon que je gardais, je n’avais pas de vêtement et j’étais obligée de m’adresser à cette institution.

Cet enfant, arrivé à Auschwitz, était collé à ma mère qui avait 47 ans. Elle tenait par la main cet enfant de 6 ans. Je pense, j’ai peur de le dire, que c’est à cause de cet enfant que ma mère, ne voulant pas s’en séparer, a été sélectionnée. Après la sélection, les femmes avec des enfants sont parties d’un côté pour être gazés tout de suite.

A partir de cet instant, je n’ai plus revu personne de ma famille. Les images de ce ghetto demeurent gravées dans un documentaire d’une grande vérité sur le ghetto de Lodz. Il est tiré de photos faites par les Allemands, par exemple la pendaison publique. Ils ont obligé les gens àaller voir la pendaison. C’était pour l’exemple. Il y a des photos des crématoires. Des photos ont été faites par deux photographes qui ont vécu dans le ghetto de Lodz et qui ont réussi à préserver certains films qu’ils ont cachés et développés après la guerre. C’est un témoignage tellement vrai, qu’en regardant ce film, je me suis retrouvée dans cette misère, cette saleté, les gens qui se promenaient dans les rues, les jambes enflées, les gens qui se tenaient au mur pour avancer, tout cela c’était la famine. Une famille habitait le même immeuble. Ne les voyant pas, le jour où on a ouvert la porte, on a retrouvé quatre personnes mortes de faim dans une pièce. On tombait dans les rues, morts de faim. Les gens ramassaient les épluchures dans le caniveau. On lavait des épluchures dans le caniveau, on les mangeait.

Chaque jour c’était un horrible événement. J’ai vécu mes vingt ans dans le ghetto. C’était un jour comme les autres où il n’y avait rien à manger. Pourtant ma mère a réussi à avoir une poignée de pommes de terre pour faire une soupe mais il n’y avait pas de quoi allumer le feu. J’ai couru chez le boulanger qui m’a donné une poignée de charbon de bois. C’était la fête de mes vingt ans.

J’ai survécu, par quelle force ? Je ne sais pas, la force morale peut être. J’avais une telle envie de vivre, de retrouver les miens, avec toujours un espoir. Je pense que c’est surtout cela qui m’a tenue. Après je me suis trouvée à Auschwitz, mais c’est une autre histoire : sélection, usine, déportée, évacuation d’un camp à l’autre.

J’ai été libérée finalement le 8 mai au soir à Theresienstadt.

Voici brièvement le récit de ma vie à cette époque si dure. De toutes les misères, la perte de ma soeur fut pour moi la plus terrible. Elle avait dix neuf ans. Et puis les malades ramassés comme cela dans les hôpitaux, les enfants jetés dans des camions...

 Témoignage de Paula Borenstein du ghetto de Wilno

Wilno, la ville qui était appelée la "Jérusalem de Lituanie", le berceau de la culture, du modernisme juif. Wilno est tombée d’abord sous le régime soviétique quelques mois, pendant que la Pologne centrale, Lodz, Varsovie, étaient occupées par les nazis. C’est grâce à ce pacte entre l’Allemagne et la Russie, que, pendant quelques mois, nous étions sous le régime soviétique. Ce n’était pas déjà une vie normale. La nourriture commençait à manquer, il fallait de longues attentes pour acheter son pain. Quand les soldats russes ont occupé Wilno en 1940, ils ont été très généreux et ils ont rendu Wilno, qui avant était la capitale de la Lituanie, aux Lituaniens.

En juin 1941, c’était le Blitz : les Allemands ont attaqué la Russie. Wilno est devenue ville ouverte, les soldats russes sont partis et les Allemands sont entrés. Donc Soviétiques et Allemands ont occupés Wilno [1].

Le ghetto a été créé à partir du 6 septembre 1941. Les Allemands ont cherché les juifs dans chaque cour, chaque maison, où ils habitaient. Ils sont arrivés avec des camions et ils ont ramassé les juifs. Il fallait partir en dix minutes, prendre seulement un petit paquet que nous pouvions porter à la main, et nous étions chassés vers le ghetto. Wilno était une ville de 350.000 habitants parmi lesquels 70 à 80.000 composaient la communauté juive.

Avant le ghetto, les Allemands ont commencé à attraper des hommes juifs dans la rue, ils les ont envoyés travailler. Certains rentraient chez eux le soir, ils avaient un laisser-passer, le Schein. Beaucoup ont été emmenés à Ponary, ce n’était pas très loin de Wilno. A Ponary on y faisait de la luge. Et Ponary est devenu l’endroit où de nombreux amis, ma famille, mes oncles et mes tantes et des milliers de personnes ont été fusillées avant la construction des chambres à gaz.

Le régime dans le ghetto de Wilno était le même qu’à Lodz. Il fallait des cartes pour recevoir un petit bout de pain dans la journée, parfois un petit peu de sucre. Mes parents, mon frère qui avait une petite fille et une femme, Schenele, sont morts dans le ghetto, par manque de médicament. Ma soeur qui était mariée et son petit garçon, Josele, Joseph, ont été déportés. Il n’y a pas longtemps, j’étais à Auschwitz. Dans les photos, j’ai trouvé la photo de ma soeur, déshabillée, nue, avec le petit dans les bras avant d’être fusillés.

Dans le ghetto, on nous envoyait travailler. Nous marchions en dehors du ghetto à dix au milieu de la rue avec un responsable, et bien entendu nous n’avions pas le droit de marcher sur le trottoir, mais au milieu de la rue comme des chevaux. Je faisais un travail très dur. Mon dernier travail consistait à faire le ménage, à laver le linge, à faire à manger pour 70 SS. Etant la plus jeune à la maison, ma mère ne m’a jamais laissée entrer dans la cuisine. Il y avait une différence d’âge entre ma soeur et moi, mais cette différence a disparu très vite, nous sommes devenus vieux avant notre âge.

Dans le ghetto, une résistance s’organise.D’abord le FBO, les partisans unifiés, toutes les tendances politiques, les sionistes, les communistes, les bundistes, tout le monde a essayé de lutter ensemble. Notre résistance, c’était une école, un jardin d’enfants, une chorale (j’étais dans une chorale, nous étions une vingtaine au début, jusqu’au jour où je me suis trouvée toute seule avec notre professeur). Il y avait un théâtre, un orchestre. Nous avons essayé de lutter, de vivre, de survivre. Je n’ai jamais su et j’ai demandé après, aux jeunes filles de 14,15 ans, de 16 ans qu’est-ce que vous avez ressenti dans un monde normal quand vous avez eu cet âge, quel était votre rêve, à quoi vous avez pensé. Moi, j’ai pensé à manger, j’avais faim. Avoir faim, c’est horrible. J’ai rêvé quand on me demandait : "qu’est-ce que tu va faire si tu survis à la guerre ? " mon rêve était : je voudrais travailler dans une boulangerie et avoir cette odeur de pain frais dans les narines.

Le ghetto de Wilno, sert de prélude à trois camps de concentration auxquels j’ai survécu, la seule de toute ma famille.
En premier, mon frère a été pris, en deuxième ma soeur avec son enfant. Jusqu’à la liquidation du ghetto, nous étions dans une toute petite chambre, avec un seul lit qu’on a donné à la mère (qui est devenue blanche, qui a perdu ses dents). Elle n’a pas travaillé. Mon père et moi travaillions. Comme je l’ai dit, en travaillant, en faisant le ménage, en faisant la cuisine, je volais. On a appris à voler, on a appris à haïr, on a appris à ne pas être objectif et cela, c’est la tragédie de ce que la guerre a fait de nous. J’ai volé des pommes de terre pour nourrir ma mère qui ne travaillant pas, n’avait pas droit au certificat jaune (le gelbe Arbeitsscheine) qui vous donnait le droit de manger. J’ai donc volé des pommes de terre et à la porte du ghetto, la police lituanienne, le SS et à l’intérieur du ghetto, la police juive, nous contrôlaient et nous enlevaient cette pomme de terre ou cette carotte ou ce qu’on a pu voler pour nourrir la mère qui n’avait pas le droit de vivre.

Dans le ghetto, le ravitaillement était seulement pour 12.000 personnes et celles qui étaient en plus, attendaient, les yeux affamés, que ceux qui travaillaient à l’extérieur et qui n’étaient pas contrôlés, puissent leur apporter quelque chose.

Le 23 septembre 1943, c’est la Liquidation du Ghetto, la sélection, le transfert. Je suis restée avec ma mère et mon père et on nous a amené à la Gestapo. Tous ceux qui furent conduits hors du ghetto passèrent la sélection. Ma mère était dans la colonne de gauche, moi dans celle droite, mon père fut mis à part.

Nous étions obligés par les Allemands de regarder comment trois personnes furent pendues. Ce sadisme était épouvantable. Parmi ces trois personnes, une était à l’école avec moi et elle a crié "Les enfants ! ceux de vous qui resteront en vie, racontez au monde ce qu’on a fait de nous et pourquoi, pourquoi, quel crime nous avons commis, nous sommes seulement nés juifs" et nés dans des endroits où l’on n’a pas voulu de nous.

Je vais seulement finir avec le fait que je ne veux jamais oublier. Il manque une génération entière d’enfants de 0 à 7, 8, 9 ans : ils étaient petits et incapables de travailler, ils ont été tués. Si vous connaissez des survivants de la Shoah, vous trouverez rarement des gens qui sont plus jeunes que nous et la vision cette génération me suit et me suivra jusqu’à la fin de mes jours.

Pessah, Pâque chez les juifs, est l’occasion d’un repas appellé le seder où l’on mange du pain azyme. La dernière Pâque dans le ghetto et dans ce trou du ghetto, où mon père, ma mère et moi sommes restés, il y avait une pomme de terre sur la table. Pour la Pâque, pour ce repas, le juif le plus jeune pose quatre questions. Pourquoi cette nuit est différente des nuits de tous les jours de l’année ? Mon père Haïm m’a dit : " Pessah. Mon enfant, à la maison, chez nous, c’est toi la plus jeune qui a posé les quatre questions pour Pâque, aujourd’hui, mets une cinquième question.
Pourquoi ? Pourquoi ? " et c’est pourquoi cette question accompagne toute ma vie, et avec " c’est pourquoi ? ", je finirai mes jours, car notre génération est à la fin de la route.

En voyant les jeunes dans la salle, votre génération est si importante pour nous, vous remplacez les enfants qui vont toujours nous manquer.

J’ai fait une promesse à Assia quand on l’a pendue : si moi, je survis, je vais me dévouer toute ma vie, aux êtres humains. Je l’ai fait grâce au fait que je travaille pour une organisation humanitaire depuis cinquante ans, c’est elle qui m’a aidée quand je suis arrivée à Paris, par hasard.
Je vous aime tous parce que vous voulez savoir, et vous voulez faire quelque chose. On vous aime et on vous demande : n’oubliez jamais. Luttez autant qu’il faut. On a parlé de Le Pen, Le Pen qui a dit que ce n’est rien. Mon père, ma mère, mon frère, ma soeur, leurs enfants, ce n’est rien.
Merci de nous avoir écouté, merci de continuer à vous intéresser, merci d’apprendre à vos jeunes, vos élèves, tout ce par où le monde est passé.

 Témoignage de m. Korezec à Bialystok

Il est né à Lodz. Ses souvenirs de guerre sont un peu atypiques. Ils étaient quatre enfants dans la famille. Trois ont vécu sous la souveraineté d’Hitler, le quatrième a été déporté à Komis, SSR, où il a passé la guerre. Tous les quatre sont restés en vie. La seule victime c’était la mère. La mère et la soeur ont été déportées de Lodz à Auschwitz. La mère est passée à la chambre à gaz, la soeur a été sélectionnée pour les travaux. Elle est revenue.
En 1939, il avait 19 ans. Il s’est déclaré volontaire dans l’armée polonaise et a participé à la défense de Varsovie. Avec la capitulation, il rentre à Lodz qui est annexée au troisième Reich. Lodz était tri-national : il y avait 33% de Polonais, 33% de juifs, 33% d’Allemands.
La situation était devenue tellement critique, on savait qu’il y avait péril pour les jeunes gens, les hommes, mais on ne pensait pas pour les femmes et les enfants. La mère a voulu qu’ils partent.
Les trois garçons passent par la ligne de démarcation Ribbentrop-Molotov, illégalement, et ils se retrouvent en URSS. L’un a refusé de devenir citoyen soviétique, il est donc déporté dans les Komis, sous le pôle nord. Les deux autres partent à Bialystok, un centre textile, volontaires pour l’armée rouge. Mais à cause d’un problème de passeport, on ne les veut pas. Les réfugiés étaient soupçonnés. Il est devenu travailleur d’élite. Mais les Allemands arrivent et les deux frères se retrouvent au ghetto de Bialystok. L’organisation du ghetto, c’est d’un grand intérêt pour les Allemands, c’est un point de passage de l’armée et l’administration allemande est intéressée par le travail des juifs : 4.000 à 5.000 avaient des laissez-passer quotidiens pour travailler au dehors.

Le ghetto n’était pas hermétique. C’était mieux qu’à Varsovie. Il y avait la misère, mais pas la famine. C’était un lieu de résistance active, des religieux aux communistes. Une grande partie de la population était composée de réfugiés de Pologne occidentale, sans famille, des jeunes gens de l’intelligentsia, différents de la population autochtone. La situation est désespérée : massacres de deux mille jeunes gens, des spécialistes, dans la grande synagogue, incendiée. La population est massacrée à Slonim.

Le ghetto est fermé. Début 1943 ont lieu les premiers massacres du ghetto, la déportation vers Treblinka. Des comités antifascistes ont crée des mouvements de partisans. Beaucoup de groupes sont dans les forêts de Bialystok. Une moitié a survécu.

 Témoignage de m.Tomkiewitz, la vie culturelle et scientifique dans le ghetto de Varsovie

Plan du ghetto de Varsovie, photo Daniel Nicolle :

Dans la résistance il y avait très peu d’actifs, 2 à 3 %, de la collaboration, et des gens qui meurent de faim, alors comment garder la vie et les valeurs ?
Le ghetto fut créé 16 octobre 1940 et dura jusqu’au 16 mai 1943.
Il comprenait 300.000 personnes à la création, 500.000 plus tard, en 1942, avec des petits ghettos…C’était la mort lente, la faim, le typhus, les assassinats directs, l’extermination, la honte.
Le 22 juillet 1942, parut le décret sur la Déportation : en moyenne 6.000 à 10.000 personnes sont déportées à Maïdanek et Treblinka, par trains entiers, les pauvres, les faibles, les vieux, disparaissent. Les trois quarts du ghetto sont déportés vers Treblinka.
Dans une troisième période, éclate la Grande Insurrection du 19 avril 1943 au 16 mai 1943 après une tentative d’insurrection en janvier.
Il était du milieu bourgeois du ghetto. Jusqu’au 22 juin, il a vécu dans son appartement à vingt personnes au lieu de cinq, puis c’est le début de l’errance.
Une vie culturelle s’organise. L’enseignement est interdit sous peine de mort : les Polonais ont droit à l’enseignement primaire, les juifs, rien. Des écoles, des jardins d’enfants sont fermés. Des cours clandestins se donnaient à une large échelle. Il a été à l’école polonaise mixte catholico-juive, puis avec le ghetto fermé, il n’a été ensuite qu’à l’école juive. Il y avait aussi un enseignement universitaire semi-clandestin. Même une faculté de médecine. Il a été à " L’école des infirmiers des brigades anti-typhus de chasse à poux", une école de première année de médecine, de très haut niveau, où les professeurs faisaient des travaux pratiques et à 15 ans, il faisait des autopsies. Il y avait aussi une école de chimie.
Il y avait une recherche scientifique, une recherche médicale. Ils ont écrit sur la maladie des farines. Il y avait une recherche historique. Il y avait des bibliothèques jusqu’en 1942. Il lisait Zola, Céline, Anatole France. Cela lui a donné le goût de la France.

Il y avait de la poésie, des chants du ghetto, un café-concert, on y allait en famille. (Le film de Wajda, Korczak est un film faux). Il y avait un cinéma, non clandestin, une équipe de cinéma, de la danse, de la musique. La soif de culture était forte au ghetto, mais la vie culturelle n’a pas tenu devant l’extermination.
A 7 ou 8 heures, c’était le couvre-feu. Dans les maisons, la vie culturelle existait. D’un appartement à l’autre, on faisait des représentations théâtrales, de la danse, des pièces, des concerts, puis des collectes pour l’orphelinat de Korczak.
A côté de la résistance héroïque, il y avait une résistance passive, idéologique et spirituelle.

 La résistance dans le ghetto de Varsovie Samuel Grinbaum

On pourrait parler longuement du ghetto, mais qu’en dire en quelques minutes. Parler d’abord de notre vie, si ce mot avait un sens à cette époque. Mon propos sera orienté vers la préparation et le soulèvement du ghetto de Varsovie.
Lorsque les Allemands apprirent qu’il se passait quelque chose, en réaction, ils passèrent la nuit dans des maisons pour ramasser des juifs qu’ils abattaient sur place, devant leur propre maison. Le matin nous rentrions les morts. Corrélativement les comités d’entraide et de défense s’organisaient dans une parfaite clandestinité. On ignorait qui décidait, et qui est quoi. Des comités d’immeubles construisaient des abris.
L’organisation de défense a débuté avec des juifs, hommes et femmes qui travaillaient hors du ghetto, chez des Allemands. Ils durent d’abord obtenir la confiance des Polonais résistants non juifs pour acquérir des armes qu’ils ramenaient au ghetto, le plus souvent dans des bidons à double fond. Chaque fois, chacun risquait sa vie, mais notre vie était de toute façon en suspens. Par ce canal, les armes étaient payées très cher et les munitions étaient souvent d’un calibre inadapté aux armes qui étaient souvent rouillées. La plupart des armes provenaient du PPS, parti socialiste polonais. Elles étaient transmises la nuit, par-dessus le mur du ghetto ou par des souterrains. Quoiqu’il en soit nous ignorions la quantité d’armes reçues.
Les nouvelles de l’extérieur du ghetto filtraient difficilement, mais j’avais appris que Londres avait été informé des préparatifs de notre soulèvement et de ce qui se passait pour les juifs en Pologne. Nous savons aujourd’hui que le messager du ghetto, un " bundiste" n’a pas été reçu par les autorités anglaises. Sans doute les Juifs n’intéressaient-ils pas. Au désespoir, il s’est jeté du 3è étage d’un immeuble pour qu’au moins ces autorités apprennent, par une lettre retrouvée sur lui, ce qui se passait en Pologne.
En juin 1942, les SS demandent au Conseil juif du ghetto de désigner ceux qui seront " déplacés vers l’est ", (Umsiedlung). Le responsable du Conseil, Adam Czerniakov, a préféré se suicider le 23 juillet plutôt que désigner ceux qui devaient partir pour mourir. A cette époque, sa mort fut mal comprise parce qu’il n’avait pas dit ce qui se préparait. C’était la "Grande Action " (de liquidation), qui dura du 22 juillet au 13 septembre 1942, vers Treblinka. Elle fut organisée avec une mise en scène qui devait inciter les gens à vouloir partir. Les SS réunissaient les juifs sur l’Umschlagplatz, (place des triages) en disant : distribution de pain et de marmelade aux volontaires pour partir. La famine aidant, les gens venaient si nombreux que les trains, constitués de wagons à bestiaux, ne pouvaient tous les contenir. La résistance avertit de ne pas se rendre sur la place.
A la suite d’une évasion de Treblinka d’un ancien du ghetto, qui a pu se dissimuler dans un wagon bourré d’effets de juifs assassinés, la terrible information de gazage à Treblinka se répandit dans le ghetto. Les déportations continuèrent mais elles étaient forcées par les SS. Les Allemands devaient ouvrir à coups de hache les portes des juifs qui s’étaient barricadés.
musée juif Varsovie
L’organisation clandestine du ghetto commençait à fonctionner. Par exemple, elle distribuait des tracts, dont un était ainsi libellé : " Ne pensez pas que le gouverneur Frank vous a oublié, préparez-vous pour une ultime bataille ".
En septembre 1942, les SS continuent de traquer les 300.000 juifs qui restent à Varsovie et les 200.000 des environs, jusqu’à la décision de liquider le ghetto en janvier 1943. Le 18 janvier 1943 des juifs refusent d’être évacués du ghetto. Les brutalités sont inouïes, les femmes et enfants jetés par les fenêtres, les hommes poussés dans les escaliers puis abattus sur place. C’est dans cette ambiance que chacun se prépare à résister, à se battre, à fabriquer des bombes, à creuser des caches sous les caves.
Le 19 avril 1943, l’insurrection du ghetto commence. La résistance ordonne de faire descendre tout le monde dans les caves. Seuls les jeunes restent à l’extérieur. Les Allemands marchent vers le ghetto avec des chars, de l’artillerie lourde et l’encerclent. Les soldats tirent sur les maisons, les résistants réagissent et leur tirent dessus. Ils utilisent des bouteilles, ce que l’on a appelé plus tard " cocktail Molotov ", qui fut inventé et mis au point à ce moment-là par un ingénieur chimiste au ghetto, Klepwich.
Le premier jour, la surprise des Allemands est totale, ils se retirent pour revenir le lendemain, dirigés par le chef des SS, Jurgen Stroop. Chez les Juifs, le moral est élevé, l’Allemagne doit agir contre eux avec de grands moyens guerriers. L’artillerie entre en action ainsi que l’aviation. Partout la bataille fait rage, on se bat de maison à maison, partout où nous pouvions nous battre. Les actes d’héroïsme se multiplient, notamment pour récupérer de l’armement des Allemands. Nombreuses sont les familles qui préfèrent se suicider plutôt que se rendre.
A la fin de la journée, les SS se retirent à nouveau pour revenir une nouvelle fois, pour brûler et détruire toutes les maisons, rue par rue, maison par maison. Là où la résistance a creusé des bunkers sous les maisons pour continuer à se battre, celles-ci sont vidées de tout ce qui peut brûler, tables, chaises, meubles etc.
Le 16 mai 1943, jour de la Pentecôte Chrétienne, certains pensaient que ce jour serait calme. Ce ne fut pas le cas. C‘est la Liquidation. Les SS cherchaient par tous les moyens les combattants dissimulés qu’ils voulaient capturer vivants. Pour ma part, je me suis trouvé dans un Bunker (abri) encerclé, dans l’impossibilité de fuir.
Les SS nous ont rassemblé, hommes, femmes, enfants, puis nous ont fait déshabiller, nus.
Après un long moment on dut se rhabiller pour être conduit vers des wagons à bestiaux. La destination était Auschwitz-Birkenau. En chemin, nous rencontrâmes un autre groupe de résistants juifs qui étaient dans la même position que la nôtre. Un résistant refusant de se déshabiller a abattu un SS avec un revolver camouflé sous sa veste. J’ignore ce qu’il advint de tout ce groupe.
Notre vie à Auschwitz et la suite sont une autre histoire, mais il me faut dire que des camarades déportés à Auschwitz revinrent à Varsovie pour finir de démolir les maisons du ghetto et en récupérer des matériaux pour l’Allemagne nazie.
" Il n‘y a plus de juifs à Varsovie " dit Stroop.

Marek Edelman et le soulèvement du ghetto de Varsovie

  Discussion

Jacques Burko : l’usage veut que le modérateur permette un éclairage complémentaire sur les sujets exposés. Eu égard au sujet de ce jour, je m’en dispenserai.

Questions de la salle
- à Monsieur Grinbaum : A quelle date exactement avez-vous connu dans le ghetto, l’existence de Treblinka et ce qui s’y passait ?
On l’a appris quelques jours après le commencement des déportations.

- à Madame Gricman : Vous avez assisté aux discours de Rumkowski. Qu’en était-il ?
Rumkowski qui était le chef du Judenrat, disait que les vieux doivent partir pour sauver les jeunes ; en fait il a toujours été au service des Allemands et a toujours répondu à leurs exigences.

- à Mme Boronstein : pouvez-vous dire un mot de l’affaire Vittemberg ?
Vittemberg a été arrêté par la police lithuanienne, puis s’est évadé avec le concours de la Résistance. De ce fait, la police a menacé de fusiller tout le monde dans le ghetto s’il ne se rendait pas. C’est ce qu’il a fait à l’incitation de ses camarades.

Tereza Stiland, née Matla Mazzia Rozenberg, née en 1925 était au ghetto de Lodz. En août 1944, elle est déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen.

Les ghettos sont situés en Pologne occidentale et centrale, Pologne orientale et Pays baltes, Biélorussie, Ukraine et Russie, Roumanie, ghettos de Bucovine, Bessarabie et Transnistrie, Hongrie. Mais aussi, ghettos de Salonique, de Theresienstadt, d’Amsterdam.

La résistance juive dans les ghettos  :
DUFFY Peter, Les frères Bielski, La véritable histoire de trois frères qui défièrent les nazis, sauvèrent mille deux cents juifs et bâtirent un village dans la forêt , Belfond, 2004, 424 p.
Les Insurgés, d’Edward Zwick, 2007,137 min, tiré du roman Defiance : The Bielski Partisans, de Nechama Tec, New York, Oxford University Press, 1993.

Sous la ville (In Darkness ), film polonais d’Agnieszka Holland, 2012, 2 h 25. ( Des juifs du ghetto de Lvov, pour échapper à la destruction du ghetto en juillet 1943, se sont cachés dans les égouts de la ville. Un égoutier, Leopold Socha, les aide, d’abord pour de l’argent, puis pour les sauver.
http://www1.yadvashem.org/yv/en/righteous/stories/socha.asp

Rudashevski Yitskhok, Entre les murs du ghetto de Wilno 1941-1943, journal
traduit du yiddish par Batia Baum, édition l’Antilope, 2016 : "Aujourd’hui j’ai quinze ans et je vis confiant en l’avenir. Je vois devant moi du soleil, du soleil, du soleil, du soleil."
Leïb Rochman : né en Pologne à Mińsk Mazowiecki, après la liquidation du ghetto, il vit caché chez des paysans polonais. Il veut survivre pour témoigner, il écrit en yiddish, il est "Leibl, S. ou « Je »" :
Leïb ROCHMAN, A pas aveugles de par le monde, traduit du yiddish par Rachel Ertel, préface d’Aharon Appelfeld (Frère d’âme, 1979), éditions Denoël, 2012, 832 p., Folio Gallimard, 2013.
http://www.babelio.com/livres/Rochman-A-pas-aveugles-de-par-le-monde/378470#critiques
Leïb ROCHMAN, Le déluge, traduit du yiddish par Rachel Ertel, Ed. Buchet-Chastel, 2017, 236 p.
Leïb ROCHMAN, Un in dayn blut zolstu lebn (Et dans ton sang tu vivras) son Journal 1943-1944, traduit du yiddish par Isabelle Rozenbaumas, préface de Maya Dover Daffan, éd. Calmann-Lévy/Mémorial de la Shoah, 2017, 529 p.

CR expo Regards sur les ghettos :
http://regards-ghettos.memorialdelashoah.org/
Photos, création d’un ghetto : Photos de Wihelm Hansen, découvertes au Jüdisches Museum Rendsburg in der Stiftung Schleswig-Holsteinische Landesmuseen Schloss Gottorf.

NM mise à jour, décembre 2013, août 2016

[1PORAT Dina, Le Juif qui savait. Wilno - Jérusalem : La Figure légendaire d’Abba Kovner (1918-1987), Lormont, Le Bord de l’eau, 2017.


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