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Biographies, d'Alexander Kluge - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Biographies, d’Alexander Kluge

lundi 23 juillet 2018

Des biographies, en partie inventées, en partie non inventées, mais tout est vraisemblable, en Allemagne, depuis 1933.

Lebensläufe (Biographies) d’Alexander Kluge, recueil de récits publié en 1962 en Allemagne, traduction française par Anne Gaudu sous le titre Anita G., suivi d’autres nouvelles, Gallimard, 1967.

Ces biographies sont selon l’auteur « en partie inventées, en partie non inventées. Mises ensemble elles forment une triste histoire ».

 Oberleutnant Boulanger

En février 1942 le professeur titulaire d’anatomie de l’Université du Reich à Strasbourg, August Hirt adresse un courrier à une personnalité haut placée du régime nazi pour demander qu’on lui envoie des crânes de commissaires soviétiques « judéo-bolchéviques » afin qu’il puisse entreprendre des recherches scientifiques. Sa demande est acceptée.
Le lieutenant Rudolf Boulanger sera chargé, avec un petit groupe d’exécutants, de repérer, de capturer et de mettre à mort derrière le front de l’est des personnes pouvant satisfaire à la demande. Le plus gros problème : qu’est-ce qu’un commissaire judéo-bolchévique ? En outre les officiers « réguliers » voient ces agissements d’un mauvais œil…
Après la guerre Rudolf Boulanger [1] est repéré par la presse en 1961 [2]. Ses crimes étaient prescrits.

 Commissaire Scheliha

En janvier 1945 le commissaire Scheliha arrive de Berlin dans la région d’Elbing (près de Danzig) pour arrêter un assassin présumé. Sa tâche est difficile, voire impossible pour diverses raisons : le front est en train de s’effondrer, personne ne comprend la nécessité d’une telle entreprise à un tel moment, le personnage recherché est un riche hobereau et il est en fuite. Scheliha s’entête jusqu’au moment où il est fait prisonnier par les Soviétiques.
Libéré en 1953 « Scheliha a renoncé à poursuivre le délinquant qui a trouvé un emploi en Rhénanie ».
Il se contente de donner des conférences sur le thème « Droit et criminalité ».

 Une expérience d’amour

Une expérience d’amour, un récit de trois pages seulement. « En 1943 il semblait que le moyen le moins onéreux pour effectuer des stérilisations de masse dans les camps, étaient les rayons X [3] . Mais encore fallait-il être sûr qu’une telle stérilité était durable. Nous avons donc mené ensemble un détenu mâle et une détenue femelle pour une expérience. » Toutes les conditions sont réunies, une bonne nourriture, de la musique, on utilise la contrainte et la douceur, mais rien n’y fait. « Est-ce à dire qu’à un certain point du malheur l’amour n’est plus opérable ? »

 Anita G.

Tous ces récits ne se passent pas pendant la 2e guerre mondiale. L’histoire qui a donné le titre à l’édition française, Anita G., par exemple, parle d’une jeune fille qui passe d’une Allemagne à l’autre (de RDA en RFA) dans les années 50 et qui ne parvient pas à se faire une nouvelle vie. L’auteur en a tiré un film (Abschied von gestern - Anita G.), un de ses plus connus.

Ulrich Hermann

 Pour en savoir plus

Alexander Kluge est né en 1932 à Halberstadt, en Saxe-Anhalt. C’est ein deutscher Filmemacher, Fernsehproduzent, Schriftsteller, Drehbuchautor und promovierter Jurist.
Alexander Kluge, Lebensläufe, 1962, Anita G., suivi d’autres nouvelles, traduction française par Anne Gaudu, Gallimard, 1967.

Kluge Alexander, Richter Gerhard, Dezember, 39 Geschichten. 39 Bilder, Berlin, Suhrkamp Verlag, 2010. Alexander Kluge, le peintre Gerhard Richter, Décembre, Bienne, Diaphanes, 2012 (Décembre 1931, avec Hitler dans sa Mercedes noire et décembre sur le front à l’Est devant Moscou, hiver 1941.)

Anita G. (Abschied von gestern - Anita G.), film d’Alexander Kluge, 1966
Les Artistes sous les chapiteaux : perplexes (Die Artisten in der Zirkuskuppel : Ratlos), film d’Alexander Kluge, 1968

https://www.kluge-alexander.de/

Des liens :
https://www.allemagne-au-max.com/forum/chronique-des-sentiments-d-alexander-kluge-vt11549.html

Hirt et Weber

Adélaïde Hautval fut témoin également des expériences pseudo-médicales d’ordre hématologique du docteur Bruno Weber (1915 – 1956) : étude des effets d’injections, à des « cobayes », de sang de groupes sanguins différents, et du choix des femmes transférées audocteur SS-Hauptsturmführer [capitaine] August Hirt :
« Un jour on leur fit savoir qu’elles avaient une chance extraordinaire d’avoir été choisies [par Bruno Beger], qu’elles allaient quitter Auschwitz pour aller dans un excellent camp quelque part en Allemagne. Elles le crurent, trop heureuses de quitter cet enfer et la perspective constante de la chambre à gaz. Personne n’eut le courage de les détromper. À quoi bon – d’autant plus que personne ne savait quelque chose de précis ? » Il est bien établi que Hirt fit sélectionner 109 personnes à Auschwitz dont 86 (29 femmes et 57 hommes) furent transférées, à partir du 30 juillet 1943, au camp de Natzwiller-Struthof où elles furent gazées et leurs corps transportés à l’Institut d’Anatomie de la Faculté de Médecine.
Hans-Joachim Lang, professeur honoraire d’études des civilisations à l’Université de Tübingen et journaliste, réussit à identifier leurs noms à partir des numéros tatoués sur l’avant-bras gauche, que l’employé Henri Henrypierre releva, nota et conserva en cachette.79 Ces noms ont été gravés sur une stèle érigée à l’entrée du cimetière israélite de Cronenbourg (à Strasbourg).
Hans-Joachim LANG, Die Namen der Nummern : Wie es gelang, die 86 Opfer eines NS-Verbrechens zu identifizieren, [les noms des numéros : comment on a réussi à identifier les 86 victimes d’un crime nazi], Frankfurt am Main, Fischer Taschenbuch Verlag, 2007 (1ère éd., Hamburg, Hoffmann und Campe, 2004), 303 p. Voir aussi :
Au nom de la science et de la race, Strasbourg 1941-1944, documentaire réalisé par Sonia Rolley, Axel et Tancrède Ramonet, 55 min. production France 3, Temps noirs, avril 2013, visible librement sur Internet :
http://www.dailymotion.com/video/x1bakzd_au-nom-de-la-race-et-de-la-science-strasbourg-1941-1944_news?start=4 Le nom des 89, documentaire réalisé par Emmanuel Heyd et Raphaël Toledano, 63 min., coproduction Dora Films sas / Alsace
Adélaïde Hautval, (1906-1988) une biographie

[1Il s’agit de Bruno Beger (1911- 2009) un anthropologue ( Rassenspezialist der SS-Tibetexpedition) qui était chargé de fournir Hirt en squelettes : " Il sélectionna notamment près de 90 déportés juifs destinés à être assassinés pour créer la collection de squelettes juifs du professeur Hirt".
Struthof, camp de concentration nazi en France
Skelette für Straßburg https://www.zeit.de/2004/35/A-Strassburg
Hans-Joachim Lang, Die Namen der Nummern, Verlag Hoffmann und Campe, 2004, 303 S.
Adélaïde Hautval par Georges Hauptmann

[2son nom fut mentionné lors du procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem]
Procurement of the skulls of Jewish-Bolshevistic commissars for scientific research at the University of Strassburg :
http://www.nizkor.org/faqs/auschwitz/auschwitz-faq-14.html