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L’Antilope. Littérature juive des cinq continents - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

L’Antilope. Littérature juive des cinq continents

mardi 13 février 2018

Des textes littéraires rendant compte de la richesse et des paradoxes de l’existence juive
sur les cinq continents.

L’Antilope
Littérature juive des cinq continents

"Créées en 2016 par Anne-Sophie Dreyfus et Gilles Rozier, les éditions de l’Antilope publient des textes littéraires rendant compte de la richesse et des paradoxes de l’existence juive sur les cinq continents, à un rythme de cinq à six livres par an.
Tous les textes édités par l’Antilope sont totalement inédits en français : petits trésors enfouis de la littérature yiddish, auteurs israéliens contemporains à découvrir, écrivains français contemporains, mais aussi auteurs vivant en Pologne et bientôt aux États-Unis, en Angleterre, en Amérique du sud, Juifs ou non.
Ces auteurs, ces textes, dans une diversité de forme, de ton et d’univers, ont en commun de dire, chacun à sa manière, quelque chose de la singularité juive."

Une très belle présentation des livres édités par l’Antilope :
https://www.editionsdelantilope.fr/

 Entre les murs du ghetto de Wilno

Yitskhok RUDASHEVSKI, Entre les murs du ghetto de Wilno 1941-1943, journal traduit du yiddish par Batia Baum, 2016




Jeudi 10 décembre 1942
Est-il normal, en mes meilleures années, de voir cette seule ruelle, ces quelques cours encloses, étouffées ? Je voudrais crier au temps d’attendre, de cesser de courir. Je voudrais rattraper mon année passée et la garder pour plus tard, jusqu’à la nouvelle vie. Je n’éprouve pas le moindre désespoir. Aujourd’hui j’ai quinze ans et je vis confiant en l’avenir. Je vois devant moi du soleil, du soleil, du soleil…

Yitskhok Rudashevski est né le 10 décembre 1927 à Wilno (aujourd’hui Vilnius, Lituanie). Son père, typographe dans une maison d’édition yiddish, et sa mère, couturière, accordaient une grande importance à l’éducation de leur fils unique qui, comme en témoigne son journal, était doué de facultés intellectuelles et d’une sensibilité bien supérieures à la moyenne.






  Transport

Yves FLANK, Transport, 2017




Dans un wagon vers l’inéluctable, se croisent les pensées de l’homme brun et de la femme rousse. L’homme brun donne à entendre, à voir, à sentir ce qui s’y passe. La femme rousse revit la passion amoureuse qu’elle chante dans sa tête. Elle appelle son grand amour au secours.

Mon amour, mon amour, ô mon amour, maintenant je crie en plein visage. Vas-tu pleurer, vas-tu revenir, délaisser tes ombres et me sourire, répondre à cette attente infernale, m’empêcher de sombrer de trop de solitude ? Je voudrais lacérer ton épaule, cracher un venin verdâtre, t’anéantir de mes pensées, souffler sur ma douleur, t’aimer intensément. Tu entends, tu entends ?

Yves Flank est né à Paris en 1949. Il vit dans un petit village de la région de Montpellier. Après avoir longtemps été ingénieur, il est devenu comédien.






  Le nez juif

Sabyl GHOUSSOUB, Le nez juif, à paraître le 15 mars 2018




Depuis tout petit, la mère d’Aleph lui répète :
« T’es moche, j’espère que tu te referas le nez quand tu grandiras ». Mais Aleph sort en boîte, séduit les filles, se fait des amis. Il s’engage, il voyage. Beaucoup au Liban. Il tombe amoureux, se retrouve dans le cinéma et rien ne se passe jamais comme prévu. Entre Paris et Beyrouth, Palestine et Israël, Hezbollah et Mossad, Aleph doit faire des choix. Arabe sous une peau de Juif, il est en quête permanente d’identité.

Né en 1988 à Paris, dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub a fait sa scolarité en France. Photographe et chroniqueur pour la presse libanaise et française, il a été directeur du Festival du film libanais à Beyrouth entre 2011 et 2015.

Les tribulations d’un garçon arabe que tout le monde prend pour un Juif.
Des questions délicates d’identité traitées avec humour.






  Les aventures de l’infortuné marrane Juan de Figueras

Jean-Pierre GATTÉGNO, Les aventures de l’infortuné marrane Juan de Figueras,
février 2018




Lire un roman picaresque en février 2018 ? Si l’idée semble improbable, sa réalisation en est très aisée. Rapide même tant la lecture s’avère passionnante, en dépit des quelques 400 pages qui composent Les aventures de l’infortuné marrane Juan de Figueras de Jean-Pierre Gattégno paru en février aux toujours exigeantes et éclectiques éditions de l’antilope.
Juan de Figueras, jeune homme emprunt de foi chrétienne, est envoyé dans un horrible pensionnat catholique par son père, sans nul doute dans le but de le décourager dans le choix de cette religion. C’est le début d’une suite d’aventures, surtout de mésaventures, à travers l’Espagne du 17ème siècle ruinée, corrompue et étouffée par l’Inquisition. Comme dans tout bon roman picaresque, le héros malmené voyage, rencontre toutes les couches de la société et se confronte à une nature humaine quelque peu désespérante. L’originalité ici est que Juan de Figueras est marrane, c’est à dire un juif converti (souvent de force ou par nécessité de sauver sa vie) au catholicisme, mais qu’il l’ignore, et que ce statut très peu enviable dans un contexte politique, religieux et social aussi fermé, va lui être dévoilé et explicité au fil du récit. Une autre singularité de ce roman réside dans l’écho provoqué par Jean-Pierre Gattégno avec des questions qui nous sont très contemporaines, mais sans lourdeur et surtout sans jamais se départir d’une facétie très rafraîchissante. Un roman inattendu donc, mais heureux !
Elise du Rideau Rouge


Juan, le narrateur, est fils de marranes, ces juifs contraints par l’Inquisition à se convertir au catholicisme et qui continuèrent à pratiquer le judaïsme en secret. Son père, un riche marchand de Séville, décide de l’envoyer en pension dans la lointaine Valence. Là, Juan découvre le vol, la traîtrise, le mensonge. Au bout d’un an, il s’enfuit et veut retourner chez ses parents à Séville.
Mais le chemin sera plus long que prévu…

Comment décrire ce que j’éprouvai, Monsieur ? Je me demandais : « La pièce interdite était-elle une synagogue ? Était-ce cela que l’on voulait me cacher ? » Les juifs avaient mis à mort le Christ, je les avais maudits pour cette infamie et je m’étais réjoui qu’on les eût expulsés d’Espagne. Mais ce rêve me découvrait que j’étais des leurs.

Jean-Pierre Gattégno est né à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) en 1944.
Il est l’auteur de dix romans publiés chez Calmann-Lévy et Actes Sud.




et d’autres livres :
https://www.editionsdelantilope.fr/



Des ouvrages de fiction, de littérature, des romans, des nouvelles qui ont pour but de raconter une histoire dans une belle écriture, publiés par des éditeurs passionnés.

à suivre,
NM, février 2018