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Ceija Stojka, une artiste rom dans le siècle - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Ceija Stojka, une artiste rom dans le siècle

écrivaine, peintre, musicienne
jeudi 30 mars 2017

Ceija Stojka, artiste rom, "Je rêve que je vis ?" exposition à La Friche de la Belle de Mai, Marseille. 11 mars 2017 au 16 avril 2017. Puis à la Maison rouge 23 février-20 mai 2018

Ceija Stojka "Nous avons honte"

"Wir schämten uns, Auschwitz 1944.", galerie Kai Dikhas, Berlin
http://kaidikhas.com/de/artist/ceija_stojka/works


„Ich hab`Angst, Auschwitz könnte nur schlafen“ (J’ai peur qu’Auschwitz dorme simplement )
Exposition à la galerie de la Salle des Machines 11/03/2017 au 16/04/2017, La Friche de la Belle de Mai, Marseille. " Je rêve que je vis"
http://www.lafriche.org/fr/agenda/ceija-stojka-artiste-rom-620
http://lamaisonrouge.org/fr/actualites-detail/messages/hors-les-murs-ceija-stojka-une-artiste-rom-dans-le-siecle-coproduction-lanicolacheur/

http://www.lanicolacheur.com/Ceija-Stojka-expositions-lectures-Marseille-Paris.html?lang=fr

Ceija Stojka

Ceija Stojka, autrichienne, est née en 1933 à Kraubath. Son père et son grand-père étaient des Lovara, des marchands de chevaux. Ils parlaient le řomanes. L’hiver, ils le passaient à Vienne, et l’été, ils vendaient des chevaux. Mais vint le temps de la haine. La famille s’installe à Vienne en 1939.

La Gestapo a pris d’abord son père Karl Weckar Horwath pour l’emmener dans le camp de Dachau, puis Neuengamme, Sachsenhausen. Il a envoyé une carte codée : « Ici, on tue tout le monde. ».
Un jour, au petit matin, la Gestapo est venue les chercher, sa mère Maria Sidi Rigo Stojka, ses frères Karli, Hansi, le petit Ossi et ses sœurs Kathi, Mitzi et elle 10 ans.
Ils ont été envoyés d’abord en prison, à Rossauer Lände, Elisabethpromenade, puis ils ont été déportés en avril 1943, en wagons à bestiaux, dans « le camp des familles » à Auschwitz-Birkenau, au BIIe, où on leur a donné une couverture rouge pleine de poux. Ceija Stojka devient Z-6399. « Nous étions des numéros ».

tatouage : Z avec un numéro

Le petit frère Ossi [1] n’a pas survécu longtemps. Ils ont eu très faim. Elle se souvient qu’un jour, sa mère a trouvé une ceinture en cuir qu’elle a ramollie avec ses dents pour la lui donner à manger.
Elle a été transférée à Ravensbrück, puis à Bergen-Belsen avec sa mère.
"On mâchait tout, le bois, l’herbe, les feuilles, les ceintures, des tissus."

A Bergen-Belsen, enfant, elle a 11 ans, elle vit au milieu des morts, à l’abri du vent. Les cadavres étaient éventrés par les vivants.

Elle est devant les fours crématoires.
"Là-bas, ta grand mère t’attend, et ton père, et tout ton peuple. Ils sont déjà prêts pour nous accueillir ; Ici on est seuls. Votre père n’est pas avec vous." dit la Mama pour la rassurer.

Lorsque les Anglais les libèrent, ils les touchent pour savoir s’ils étaient vivants. Ils pleurent. Le camp est un grand chaos.
Elles se mettent en route à pied, pour retourner à Vienne. Toutes sortes de gens sont sur les routes.

Ceija Stojka exprime par une peinture soit en noir et blanc, soit très colorée et violente, sa douleur de la déportation. Les âmes des Tsiganes assassinés hantent les lieux sous forme de corbeaux dans ses tableaux.
"Le ciel est rempli d’oiseaux".

Histoire de la famille Stojka :
http://rombase.uni-graz.at//cgi-bin/art.cgi?src=data/pers/stojkas.de.xml

STOJKA Ceija, Wir leben im Verborgenen - Errinerungen einer Rom-Zigeunerin ( Nous vivions cachés. Souvenirs d’une rom-tsigane), Picus Verlag, 1988, 154 p.
STOJKA Ceija, Wir leben im Verborgenen : Aufzeichnungen einer Romni zwischen den Welten, Picus Verlag, 2013
STOJKA Ceija, auschwitz ist mein mantel(Auschwitz est mon manteau) bilder und texte, édition exil, 2008, 134 p.
STOJKA Ceija, Träume ich, dass ich lebe ? Befreit aus Bergen-Belsen(Est-ce que je rêve que je vis ? Libérée à Bergen-Belsen), München, cbt, 2009, 128 p.
STOJKA Ceija, Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen Belsen, Editions Isabelle Sauvage, 2016.

Site avec des peintures de Ceija Stojka :
http://kultura.zpravy.idnes.cz/foto.aspx?r=literatura&c=A090226_125331_literatura_ob

À propos d’une exposition d’oeuvres de Ceija Stojka à Berlin, Sogar der Tod hat Angst vor Auschwitz Même la mort a peur d’Auschwitz", en 2014 :
http://www.deutschlandradiokultur.de/kunst-eine-wirkliche-humanistin.954.de.html?dram:article_id=289384

Films
Ceija Stojka, Porträt einer Romní, 1999, 85 min, Karin Berger

Ceija Stojka & Unter den Brettern hellgrünes Gras, Der Österreichische Film / Edition Der Standard (Darsteller), Karin Berger (Regisseur) documentaire de Karin Berger sur Ceija Stojka, 2005, 52 min.

Passé présent, Verleden aanwezig, documentaire dans lequel cinq anciennes détenues de Ravensbrück sont interviewées : Ceija Stojka (Autriche), Lidia Rolfi (Italie), Aat Breur (Pays-Bas), Stella Kugelman Griez (Russe), Antonina Nikiforova (Russe). Le film est écrit et réalisé par Anet van Barneveld et Annemarie Strijbosch, 1996.

Les Tsiganes dans l’Europe occupée : entre persécutions et génocide

Mémoires tsiganes, l’autre génocide, de Juliette Jourdan et Idit Bloch, avec Henriette Asséo, Kuiv Productions, 2011, 1 h 10.

film "Mémoires tsiganes", Fata Dedic, Antoine Lagrené, Milka Goman, Willi Horwath, Ceija Stojka, André Pierdon

Ce film combat l’idée d’« un peuple nomade sans patrie ». Ces témoins étaient sédentaires, ils avaient une maison pour l’hiver, ils allaient à l’école et certains, l’été, prenaient la route pour faire les kermesses, les foires, les marchés.

ASSÉO Henriette, Les Tsiganes. Une destinée européenne, "Découvertes", Gallimard, rééd. 1994, 160 p.

Marie Claude Vaillant Couturier au procès de Nuremberg, témoigne du génocide des Tsiganes :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article230

Le décret appelé Auschwitz-Erlaß, signé par Heinrich Himmler, du 16 décembre 1942, ordonne la déportation à Auschwitz de tous les Tsiganes du Reich, complété par l’ordre du 26 janvier 1943.
Le 16 décembre est une journée de commémoration pour les Tsiganes aujourd’hui.
NM.

[1Karl Stojka a peint « Mein Bruder Ossi » mort de faim et du typhus en 1943 à Birkenau. Cf. tableau : http://www.stiftung-denkmal.de/jugendwebsite/p_karl/seite3_c.html