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Edith Gricman - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Edith Gricman

La vie dans le ghetto de Lodz, Flossenbürg, Chemnitz, Theresienstadt
mercredi 27 juin 2007

Témoignage d’Edith Gricman, enfermée dans le ghetto de Lodz, déportée à Auschwitz-Birkenau

Lodz

Je suis très heureuse de parler ici, devant vous. Les souvenirs sont là, très vivants, dans ma tête.
Septembre 1939
Quand la guerre a commencé, je venais d’avoir mes 18 ans. J’ai eu mon bac au mois de juin, et au mois de septembre, les Allemands étaient déjà entrés dans notre ville. Nous avons subi tout de suite les effets de l’antisémitisme des Polonais. Nous devions faire la queue pour avoir un morceau de pain. Bien que j’aie les yeux bleus et que je sois blonde, on m’a traitée tout de suite de « juive » et on m’a tiré en dehors du rang. Il y a eu des spoliations, des pillages terribles. Les Polonais en ont profité dès la première semaine. Ils pillaient tous les biens des juifs.
Au mois de novembre, nous avons appris qu’il y aura un ghetto. C’est à dire un quartier de Lodz qui sera séparé des autres, où tous les juifs seront regroupés. Il va falloir absolument quitter nos logements et aménager dans le ghetto. C’était je crois, tout à fait au début de l’année 1940, peut être en janvier, nous avons entendu dire que le quartier a été vidé de ses habitants . C’était le quartier de Balut , le plus pauvre, le plus misérable, le quartier, où avant la guerre, la plupart de la population était juive. Il y avait là des tailleurs, des cordonniers. L’essentiel de l’occupation de ces juifs, c’était le travail à domicile, le tissage. Ils possédaient un métier à tisser. Ils tissaient chez eux, ils s’endormaient sur les métiers. Ils tissaient jour et nuit pour pouvoir nourrir leur famille. Les familles étaient nombreuses. Dans les habitations, il n’y avait pas le confort. C’était atroce. Il y avait même des petites maisons en bois , cela existait encore dans ce quartier.

L’entrée dans le ghetto

Nous avons eu de la chance. J’ai vécu avec ma famille, nous étions cinq personnes. On nous a accordé une pièce dans le ghetto. Il y avait plusieurs immeubles de chaque côté de la cour, avec un seul W-C pour tous ces immeubles. Nous étions dans un appartement, un deux pièces-cuisine, qui était occupé par trois familles. Dans la cuisine, il y avait une famille, dans la pièce principale, une autre famille. Nous avons eu la chambre. Il fallait traverser la cuisine, puis la pièce principale, pour aller dans la chambre qui mesurait de 15 à 16 m2. Nous étions cinq dans cette pièce. Il fallait vivre là-dedans. Il y avait deux lits pour les parents, un grand lit pour moi et pour ma sœur. Il y avait aussi une tante, la plus jeune sœur de mon père.

L’organisation du ghetto

La famine a commencé presque tout de suite. Il y avait un rationnement. Nous avions un président, Rumkowski , qui avait été choisi et nommé par les Allemands. C’était le doyen, Älteste des Juden, le président du conseil juif, c’est à dire président du Judenrat. Il y avait même des ministres, un ministre de l’éducation, un de la poste, un de la police. Il a tout organisé. Il était vraiment le président. On l’appelait le roi, du royaume de Rumkowski. Il y avait même de la monnaie valable dans le ghetto avec des billets à son effigie.

La vie s’est organisée rapidement. Dès le début des années 40, on a commencé à parler de travail. On racontait que nous aurions du travail, que nous irions travailler dans des usines.
Je suis allée en délégation voir Rumkowski, je me souviens, nous étions 2 ou 3 bachelières qui cherchions du travail. Nous voulions gagner notre vie quand même, même dans le ghetto. Alors, il nous a donné des conseils « Vous devez partir en Allemagne. Là-bas, vous aurez du travail. Vous serez bien payées ». C’était les conseils de notre président. Evidemment, nous nous sommes sauvées immédiatement.

Rumkowski a organisé le travail avec les nazis. C’est lui qui commandait dans le ghetto, mais il était contrôlé par Biebow , chef de l’administration du ghetto. Nous avons eu du travail dans le ghetto. Nous avons beaucoup travaillé pour les Allemands, pour l’armée, même pour la population allemande. J’ai appris à tricoter parce qu’on pouvait gagner une soupe en tricotant un pull pour les militaires. Je me souviens, c’était l’hiver, j’étais au lit. Pour avoir chaud, nous avions coupé des gants pour pouvoir tricoter. Quand j’avais réussi à tricoter un pull, je recevais 7 tickets pour la semaine pour une soupe. Avec ma petite sœur, nous avons essayé, au début, de gagner une soupe.

Le travail, la survie du ghetto

Après, il avait les "Ressorts," Rumkowski a organisé aussi des usines qui s’appelaient chez nous, les Ressorts, cela veut dire des ateliers, des Shops, de différents métiers. Il y en avait une centaine de ces Ressorts. Environ 80 000 personnes y travaillaient. Même les enfants jusqu’à 10 ans travaillaient 5 heures par jour. A partir de 16 ans, c’était 10 heures par jour. Contre le travail, nous recevions une soupe à midi . A part cela, ceux qui travaillaient avaient droit à une ration. J’avais noté de combien. C’était 400g de farine, 400g légumes, les légumes, c’était des rutabagas, des pommes de terre. Evidement, nous n’avions pas de matières grasses. Il y avait 70 g de sucre, 250 g de pain par jour. Soit en tout 600 calories par jour pour 10 heures de travail.
La famine était de plus en plus forte. Dans certains immeubles, il y avait des cuisines organisées, mais cela n’a pas duré longtemps parce que les gens ne donnaient rien pour le faire. La première année, on a travaillé, on recevait des rations, cela allait à peu près.

Les déportations

Mais après, ont commencé les déportations massives. En 1941, des Autrichiens, des Allemands, des Luxembourgeois sont arrivés dans le ghetto. Ces gens-là mouraient les premiers de faim, ils tombaient comme des mouches. En Pologne, nous avions une situation, un niveau de vie très différent par rapport à l’Allemagne ou à l’Autriche. Il y avait de la misère avant la guerre. On supportait davantage. Les nouveaux arrivants, dans ces conditions- là, mourraient les premiers.

Au fur et à mesure, le ghetto se vidait. Au départ, les gens qui se trouvaient dans les prisons, ont été déportés. Après, il y avait même des volontaires qui partaient en Allemagne pour travailler. Parmi nous, j’avais une amie dont le mari et le frère étaient partis travailler volontairement en Allemagne. Ils se sont retrouvés dans les camps. Au fur et à mesure, à la place des gens déportés, arrivaient des gens des environs, des Shtetl , des petits ghettos, qui étaient liquidés alentours. Tous ces gens-là passaient par le ghetto de Lodz. Ils arrivaient par groupe, par 1000.
Monsieur Rumkowski était d’accord pour fournir un certain nombre de gens parce qu’on lui avait demandé. Les gens qui ne travaillaient pas ont été choisis. On liquidait les faibles, les inutiles, on les renvoyait pour soi-disant, travailler ailleurs, et à leur place venaient d’autres gens. Il y avait un mouvement presque constant.
Pendant cette période, 200 000 personnes résidaient dans le ghetto.

La famine

Il y avait énormément de morts de faim. On pouvait trouver des morts dans les rues.
Dans notre immeuble, nous habitons au premier étage. En dessous, au rez-de-chaussée, dans une pièce, habitait une famille de quatre personnes. Pendant plusieurs jours, on ne les a plus vues et le jour où on a ouvert la porte, elles étaient, toutes les quatre, mortes de faim.
Il y a eu un autre moment horrible. L’immeuble se trouvait dans une impasse très longue. Il y avait une rangée d’immeubles et de l’autre côté, une autre rangée. En face de la chambre, dans l’autre bâtiment, vivait une famille de jeunes gens, avec deux petits enfants. On a vu mourir l’aîné des enfants, de trois ou quatre ans. Peu de temps après, le bébé est mort dans les bras de sa mère. Quand ils sont venus le chercher, c’était une scène horrible, épouvantable. La mère ne pouvait pas se détacher de ce petit cadavre. Ce sont des images qui ne me quittent jamais.

1942, la déportation devint massive

Les Allemands sont entrés dans le ghetto. C’était en janvier 1942, c’était la première Sperra. Cela vient d’un mot allemand sperren, qui veut dire fermer. Les gens devaient descendre dans la cour. Les Allemands choisissaient. « Toi, toi, toi, déportés ». Nous ne savions pas où ils partaient. On avait toujours cet espoir qu’ils allaient vraiment travailler ailleurs. Ma petite sœur, puis ma tante, sont tombées malades du typhus. Nous avions deux personnes malades du typhus dans la petite chambre. Il a fallu les mettre à l’hôpital, c’était obligatoire. En juin 1942, il y a eu la deuxième Sperra. Les Allemands sont arrivés avec des camions pour vider les hôpitaux. Un camion a ramassé aussi les gens faibles. Ils prenaient les gens qui traînaient dans les rues.
Pendant ces deux rafles, ils ont gazé dans les camions, à Chelmno, 16 000 personnes.

Des moments de joie

Entre temps, je me suis mariée, en 1942, dans le ghetto. Ce n’était pas un mariage civil, il n’y en avait pas d’état civil dans le ghetto. Un rabbin nous a mariés. Je suis restée avec mon mari un an et demi. Nous avons été déportés ensemble, avec mes parents, en août 1944. Arrivés à Auschwitz, nous avons été séparés. Nous ne nous sommes plus jamais retrouvés.

En 2004, il y a trois ans, la dissolution de notre ghetto en Pologne, au mois d’août 44, a été célébrée. Au mois d’août 2004, il y avait la célébration de cet événement. Nous nous sommes retrouvées, avec mes amies qui sont là , mes amies qui ont partagé le même sort que moi, qui étaient dans le même lycée et qui étaient dans le ghetto. Nous nous sommes retrouvées ici, à Paris.
Pour cette cérémonie, nous nous sommes retrouvées à Lodz, sur le terrain du cimetière. C’était une triste célébration. Il y avait des prières. Le cimetière de Lodz, c’était le plus grand cimetière de Pologne, il l’est toujours. Mais à côté, il y avait un nouveau terrain, le terrain des morts du ghetto, les 45 000 tombes des morts de faim, avant la déportation. Pour vous dire que c’était très dur, ces années de ghetto.

Vie de famille

Il y a des images qui ne me quittent pas, la vie de la famille dans cette petite pièce. Il fallait aller chercher l’eau, chez des gens, dans la cuisine. Nous n’avions aucun confort. Il y avait deux seaux dans la pièce, l’un pour l’eau propre, et l’autre pour les besoins, on descendait dans la cour. Il y avait un petit poêle en fer, si on avait quelque chose à manger, si on avait de quoi faire du feu dans ce poêle.
Je me souviens de mes vingt ans dans le ghetto. Vingt ans. C’était en plein été. Ma mère voulait faire une soupe pour ma fête. Elle avait quelques pommes de terre, mais n’avait pas de quoi allumer le poêle. Elle m’a envoyée à la boulangerie pour demander du charbon de bois. Le boulanger m’a donné un petit paquet de charbon de bois. Nous avons fait la soupe. C’était mes vingt ans.
Les parents de mon mari sont morts dans le ghetto de Lodz. Sa sœur, son beau-frère sont morts de faim. Il restait deux enfants, deux petits garçons, de 6 et 9 ans. C’était en 1943. Le frère de mon mari a pris l’aîné, j’ai gardé le plus jeune. Quand nous sommes arrivés à Auschwitz, il s’accrochait à ma mère. Moi, je soutenais maman, et ce petit garçon s’accrochait à ma mère. Au moment de la séparation, ma mère est partie avec le petit.
Mais il y avait de la vie. Par moments, nous avions envie de vivre des moments de joie. Il y avait une bibliothèque, nous pouvions avoir des livres. Notre directrice du lycée a organisé un lycée, merveilleux, dans le ghetto, avec des professeurs, avec des cours, des examens. Il y avait aussi une salle de théâtre. Il y avait des concerts, de temps en temps, on a écouté de la musique. Nous avions envie, un petit peu, d’une vie normale.
Rarement nous rencontrions des amis parce que nous travaillions assez tard. Une fois rentrés chez nous, il y avait le couvre feu, nous ne pouvions plus sortir. Je savais que j’avais des amis, même de classe, dans le ghetto mais je n’ai jamais pu les rencontrer.
La vie de famille, c’était les seuls moments de joie. Nous étions heureux d’être ensemble, mais après, c’était une tristesse terrible.

La déportation des hôpitaux

Je me rappelle ma sœur, de ma tante. Le jour de cette rafle, de cette Sperra, quand mon père a appris que les Allemands allaient vider les hôpitaux, il a couru là-bas avec mon mari. Ils ont essayé de retirer ma sœur et ma tante de l’hôpital, mais ils n’avaient pas les moyens de sauver des gens. C’était trop tard. Ils étaient poursuivis par la police juive parce qu’ils ont essayé de rentrer dans l’hôpital. Il y avait à côté une usine. Ils se sont réfugiés dans cette usine où ils étaient poursuivis par un soldat allemand. Les ouvriers les ont cachés un moment.
Le soir ils sont rentrés meurtris tous les deux à la maison. C’était inimaginable ce qu’ils avaient vécu. Ils avaient essayé de les sauver de la déportation.

Cette déportation, nous avons compris après. « Si on prend tous les malades, les enfants, ce n’est sûrement pas pour travailler. Où vont-ils, où ont-ils abouti ? » Tout cela, je l’ai appris après la guerre. Même arrivée à Auschwitz, les quelques jours que j’ai passés à Auschwitz, nous posions des questions aux kapos : « Où sont les enfants, où sont les parents ? » Les Kapos montraient la cheminée. On ne comprenait pas ce que ce qu’ils voulaient dire, on ne voulait pas admettre, on ne voulait pas y croire.

La déportation en Allemagne près de Flossenbürg

Je suis restée à Auschwitz seulement quelques jours. Après trois sélections, un jour, j’ai été dirigée vers un petit camp qui dépendait du camp de Flossenbürg en Allemagne. Nous avons travaillé dans une usine d’armement. Le petit camp se trouvait à quelques kilomètres. On nous réveillait très tôt le matin, à 4 heures, on marchait. Le seul vêtement que je possédais, ce n’était pas le vêtement rayé, parce que quand nous sommes arrivés, avec la liquidation du ghetto, nous arrivions en masse. C’était 10 000 personnes qui arrivaient journellement à Auschwitz, on a brûlé par mille. Je n’ai pas été marquée. Tous ceux qui arrivaient avec moi n’étaient pas tatoués. Il fallait faire vite. Très vite. J’ai eu une robe, une paire de chaussures, ramassée en vitesse sur un tas.
Après la sélection, habillée juste d’une robe, rien d’autre, je fus emmenée à nouveau dans un wagon à bestiaux. Dans chaque wagon, au milieu, se tenait un soldat avec un seau d’eau pour nous donner à boire. Il nous partageait en deux groupes. Il était armé. A un moment donné, il a sorti un journal : je connais l’allemand, je parle allemand, je lis l’allemand et j’étais très curieuse. Je me suis approchée. Il y avait écrit en gros titre, “Paris ist gefallen” (Paris est tombé). C’était le 25 août. Et nous, il fallait commencer un nouveau calvaire.

L’usine d’armement près de Chemnitz

Le voyage n’était pas très long. Je me suis trouvée à Heinichen, à côté de Chemnitz, une grande ville, dans une usine d’armement. Nous avons travaillé, soit 12 heures de jour, soit 12 heures de nuit. Nous recevions une soupe le midi dans l’usine, une soupe en rentrant le soir. Le matin, avant de partir, on recevait un espèce de café, une eau noire, sale, avec une portion de pain couvert d’un petit peu de margarine.
Je me souviens aussi, nous étions 150 dans une grande salle, c’était certainement une ancienne usine désaffectée. Il n’y avait plus de machine, mais il y avait de grandes salles avec ces couches installées sur trois niveaux. Nous étions 150, des juives polonaises. On nous a annoncé qu’il y avait des Hongroises qui occupaient le premier étage. On nous a prévenu tout de suite, qu’il ne fallait prendre contact avec elles, qu’elles étaient pleines de poux, sales. Pour éviter des rencontres, on nous a raconté des choses.

Un jour, c’était certainement un vendredi, une Hongroise est descendue. Elle nous a invitées à venir chez elles. Que s’est-il passé ? Elles ont fêté le vendredi soir, le shabbat. De quelle manière ont- elles ramassé la margarine sur le pain quotidien ? Avec cette margarine, avec des fils tirés des couvertures, elles ont fait des bougies. Elles ont allumé les bougies, elles ont fait des prières. Elles étaient très croyantes. C’était le seul contact qu’on a eu avec elles.

Entre temps, une jeune femme est venue. Elle était pleine de pansements à la suite d’une opération de la hanche. Comment avait- elle passé la sélection ? En tous cas, elle s’est retrouvée parmi nous. Elle ne pouvait pas bouger pour aller travailler. Une femme, une Oberaufseherin est venue pour la punir. Elle l’a accusée de sabotage parce qu’elle ne pouvait pas travailler. Devant nous, elle a reçu vingt cinq coups sur sa plaie. Evidemment, elle en est morte.

Yalta

Vers la fin, en février 1945, j’étais au troisième étage de notre couche. J’écoutais contre le mur qui correspondait à une chambre de repos pour les soldats et pour les surveillants de notre camp. Le soir je ne dormais pas, j’écoutais. J’ai entendu en allemand qu’on parlait de Yalta. « Mais Yalta, c’est en Russie, ce n’est pas possible, c’est la mer Noire », me suis-je dit. J’ai mis mon oreille contre le mur. Ils parlaient d’une conférence des Alliés, d’une conférence de paix. C’était le 11 février. J’étais folle de joie. « Ce n’est pas possible. On parle de la paix, le 11 février et nous, on est là ».

Le lendemain à l’usine, je voulais partager cette histoire avec les autres, mais les autres ne voulaient pas me croire. « Qu’est-ce que tu racontes, qu’est-ce que tu vas imaginer. Tu es folle ». J’étais tellement en joie que, derrière ma machine, j’ai marqué à la craie, 11 février, sur un tableau.
La SS qui nous surveillait, a dit « qu’est-ce que cela veut dire 11 février ? - c’est mon anniversaire, je suis heureuse de fêter mon anniversaire » je lui ai répondu.

Et cela s’est avéré vrai. Peu de temps après, il y avait des bombardements de villes. Nous avons appris que Chemnitz, à côté de notre petite ville, Heinichen, avait été bombardée. J’étais heureuse d’écouter les bombardements, « Ça y est ! les Américains, les Russes sont là. »
Le dimanche, on ne travaillait plus. Notre Oberaufseherin est venue le dimanche matin. Elle m’a choisie avec une juive allemande pour aller chercher du lait. Nous avons été attelées à une voiture comme des petits chevaux, pour aller chercher de la nourriture en ville. Nous nous sommes arrêtées d’abord devant une laiterie. Nous, nous n’en avons jamais bu. Le lait, ce n’était pas pour nous, c’était pour les surveillants. Celui qui a déposé le lait, [dans la charrette], a commencé à nous parler polonais. Je comprenais tout. « Les enfants, ne vous inquiétez pas, vous allez être bientôt libérés ». Lui-même était un travailleur forcé.
Après nous avons été emmenées dans une charcuterie...
Je pourrais vous raconter beaucoup d’histoires, mais je laisse la place à Isabelle Choko.

Theresienstadt

Terezin
ghetto et camp
Vers le 15 février 1945, Edith est évacuée, puis transportée dans des wagons de charbon. Elle arrive au camp de Theresienstadt dans les Sudètes, en Tchécoslovaquie, où elle a été libérée le 9 mai 1945 au matin par l’Armée rouge.

A propos de Theresienstadt
Theresienstadt, eine Zwangsgemeinschaft in einem jüdischen Vorzugslager (une communauté de contrainte dans un camp privilégié juif), d’après les termes de H.G. Adler.
ADLER H. G., Hans Günther, Theresienstadt. 1941-1945. Das Antlitz einer Zwangsgemeinschaft, Geschichte Soziologie Psychologie, Tübingen, 1er édition Mohr, 1955. 2 ème édition Mohr-Siebeck, Tübingen 1962, 3 ème édition Göttingen, Theresienstadt. Das Antlitz einer Zwangsgemeinschaft 1941 – 1945. Nachwort Jeremy Adler. Wallstein, Göttingen 2005, 926 p.
ADLER H. G., Die verheimlichte Wahrheit. Theresienstädter Dokumente, Tübingen, Mohr, 1958
ADLER H. G., Un voyage, Christian Bourgois, 2011
AUERBACHER Inge, Ich bin ein Stern, Erzählung, Gulliver, 7 ème édition, 2012, 104 p. (" I am a star", Child of the Holocauste, 1986)
http://www.ingeauerbacher.com/
MANNHEIMER Max, Spätes Tagebuch-Theresienstadt - Auschwitz-Warschau-Dachau, Pendo Verlag
BOR Josef, Le Requiem de Terezin, Les Editions du Sonneur, 2005

- Theresienstadt, Theresienstadt. Ein Dokumentarfilm aus dem jüdischen Siedlungsgebiet, connu sous un autre titre, Le Führer offre une ville aux juifs
film "documentaire", en fait film de propagande, réalisé par Kurt Gerron avant qu’il soit assassiné à Auschwitz, 1944.
A propos du film :
http://www.cine-holocaust.de/mat/fbw000812dmat.html

- Un vivant qui passe, Claude Lanzmann, 1997
Claude Lanzmann réalise une interview de Maurice Rossel, un représentant officiel suisse de la Croix rouge internationale durant la deuxième guerre mondiale, qui se laisse abuser par la mise en scène des nazis dans le camp de Terezin.

- Paradise Camp, documentaire sur Theresienstadt, de Frank Heimans et Paul Rea, 1986

Des photos :
http://www.pamatnik-terezin.cz/

Theresienstadt et la vie dans le ghetto :

http://www.ghetto-theresienstadt.info/index.htm
Le dernier des injustes film de Claude Lanzmann, avec le témoignage de Benjamin Murmelstein :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article286

Le ghetto de Lodz :

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article247

Nicole Mullier, mise à jour janvier 2013


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