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Germaine Ribière (1917-1999) - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Germaine Ribière (1917-1999)

par Claude Penin
mercredi 15 mars 2017

Germaine Ribière, née à Limoges en 1917, résistante, Juste.

Germaine Ribière (1917-1999) et la mémoire de femmes comptées parmi les Justes

Les activités de Résistance de Germaine Ribière, 25 ans en 1942, ont été multiformes entre 1941 et 1945. De Limoges à Paris -où elle avait arrêté ses études pour se consacrer à sa tâche- à Lyon, puis Paris, où elle était le bras droit du Père Chaillet à Témoignage Chrétien -elle supervisait les équipes de diffusion -, et surtout à l’Amitié chrétienne à Lyon, au côté de Jean Marie Soutou.

On connait son initiative géniale le 28 janvier 1943 : pendant que la Gestapo avait investi leur bureau, elle passa la journée à faire la femme de ménage dans l’escalier pour dissuader les Juifs, qui venaient chercher des papiers, de monter. Mais elle travailla aussi avec le père Devaux à Paris, avec le Père Braun dans le Sud-Ouest, avec le réseau Garel.

Beaucoup d’enfants cachés lui doivent leur sauvetage, très concrètement pour trouver des familles grâce à son « réseau de l’amitié », celui de ses amies Jécistes souvent, puis organiser le convoyage et le camouflage, c’est ce dernier terme qu’elle utilisait.
Ou pour conduire des enfants dans les homes de l’OSE, mettre des adolescents à l’abri dans des établissements tenus par des religieux, ou des laïcs. Toujours avec des faux-papiers.
Germaine Ribière a connu l’abbé Glasberg à Lyon.

Sur Limoges, elle restait très présente, par exemple au cours de l’été 1942 : elle profita de la création d’un service social par le Secours National au camp de Nexon pour postuler et y apporter un réconfort quotidien aux internés, en liaison avec le rabbin, et elle fit prévenir les Juifs de la rafle imminente du 26 août 1942 [1].

Elle était en lien enfin avec la Résistance : agent de liaison du réseau Combat à ses débuts en Limousin, coordinatrice des œuvres sociales des FFI pour la région Rhône-Alpes à partir de mai 1944, jusqu’au retour des déportés qu’elle aida à se réinsérer, en 1945.

Et quelques responsabilités d’agent de liaison à l’international.
Protectrice des persécutés raciaux, combattante infatigable, c’est avec cette expérience qu’elle fut mandatée en 1953 par le Cardinal Gerlier et le Grand-Rabbin Jacob Kaplan pour mettre en œuvre la résolution de l’affaire Finaly.

Claude Penin, mars 2017

L’ Église catholique et la persécution des Juifs
L’affaire Finaly : Robert et Gérald Finaly, deux enfants juifs, furent cachés pendant l’Occupation par un réseau catholique.
http://web.archive.org/web/20150331103725/http://www.cbl-grenoble.org/6-cbl-grenoble-12-action-11-page-0.html
L’Affaire Finaly, David Korn-Brzoza et Noël Mamère, Alain Moreau et David Korn-Brzoza, 2007
Une enfance volée : l’affaire Finaly de Fabrice Génestal, France, fiction, 90 min, 2008, Lizland films, France 2
Combat : mouvement de résistance d’Henri Frenay qui, avec Berty Albrecht, crée à Lyon le Mouvement de libération nationale.
Le sauvetage des enfants juifs pendant l’occupation

Les Justes : Chambon sur Lignon, Dieulefit, St Christophe des bois

[1L’OSE, les Amitiés chrétiennes et l’Action catholique de Germaine Ribière refusent de rendre les enfants aux nazis.