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Jean Zay entre au Panthéon - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Jean Zay entre au Panthéon

mercredi 8 avril 2015

Jean Zay (1904-1944) entre au Panthéon, le 27 mai 2015, avec Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion.

Jean Zay (1904-1944) entre au Panthéon, le 27 mai 2015. Ancien ministre radical-socialiste des gouvernements de Front populaire, républicain, juif et franc-maçon, il a été assassiné par la Milice française, le 20 juin 1944.

Dans ce rappel chronologique et historique, les articles cités peuvent être lus dans le Petit Cahier du Cercle d’étude- 2e série-N°22- intitulé « Jean Zay, une figure symbole de la République », paru en avril 2015 [1]. Il fait suite à une conférence – débat de 2013, avec l’historien Olivier Loubes et Hélène Mouchard-Zay et aux programmations de films et journées d’étude organisées par Ciné-Histoire.

1- Un héritage pluriel.
1904- 6 août : Jean Zay naît à Orléans, fils d’Alice Zay, née Chartrain, institutrice et de Léon Zay, journaliste radical ( sur son histoire familiale, ses engagements et sa carrière politique , voir le texte d’Olivier Loubes « Jean Zay, les deux corps de la république »)
1907 : Jean Zay et sa sœur Jacqueline sont baptisés « protestants ».
1914-1918 : son père, sous-officier de l’armée française est décoré de la Croix de guerre.
1916 : élève au lycée d’Orléans , puis étudiant en droit à Paris.
1925 : Il adhère au parti radical et radical-socialiste
1926 : il devient franc-maçon et adhère à la Ligue des Droits de l’Homme ( articles de David Gozlan « Jean Zay, un franc-maçon en politique » et Catherine Monjanel « Le parcours maçonnique de J. Zay et les persécutions contre les francs-maçons de 1940 à 1944) »
1926- 1928 : Jean Zay fait son service militaire (18 mois) . Il écrit dans les journaux dont son père est rédacteur en chef (Le Progrès du Loiret, puis La France du Centre).
1928 : fondateur et président des Jeunesses laïques et républicaines , section d’Orléans. Avocat au barreau d’Orléans jusqu’en 1936.
1931 : Jean Zay se marie avec Madeleine Dreux , au Temple protestant. Ils auront deux filles, Catherine et Hélène.
Il adhère au groupe de la Libre Pensée « Les Émules d’Étienne Dolet (Humaniste de la Renaissance, imprimeur à Lyon, torturé puis brûlé vif, avec ses manuscrits et ses livres, au terme d’un procès engagé par le tribunal ecclésiastique de l’Inquisition)

2- Député de 1932 à 1941, ministre de 1936 à 1939.
1932 : J. Zay est élu député radical du Loiret, ardent défenseur de la République démocratique et laïque, début des campagnes à caractère antisémite de la presse d’extrême droite
1934-1935 : engagé dans la stratégie antifasciste d’union des gauches dite de Front populaire, participe au rassemblement du 14 juillet 1935 au Vélodrome Buffalo, à Montrouge.
1936 : Il devient sous-secrétaire d’État dans le gouvernement d’Albert Sarraut. Georges Mandel est ministre des PTT. Il est réélu député du Loiret puis il est nommé ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, dans le gouvernement de Léon Blum, auxquels s’ajoutent, en 1937, le secrétariat d’État aux sports, loisirs et éducation physique, il le restera jusqu’en septembre 1939. Il travaille à la démocratisation sociale de l’enseignement et développe une action culturelle ambitieuse et multiforme. Antifasciste, il soutient la République espagnole [2] .)
1937 : Il est élu conseiller général d’Orléans
1938 - avril : ministre dans le gouvernement de « défense nationale » d’Édouard Daladier. Georges Mandel est ministre des colonies. L’un et l’autre sont hostiles aux « Accords de Munich » du 30 septembre 1938.
1939 – septembre : J. Zay démissionne du gouvernement Daladier et devient sous-lieutenant du Train. Il reste député jusqu’à sa déchéance en 1941 par le gouvernement Pétain-Darlan. G. Mandel devient ministre de l’intérieur dans le Gouvernement de Paul Reynaud en mai 1940.

3. Prisonnier politique (1940-1944)
1940 : Suite à la formation du gouvernement du Maréchal Pétain et à la demande d’armistice, qu’ils refusent, Jean Zay, Georges Mandel, Édouard Daladier embarquent sur le paquebot Massilia, dans le port de Bordeaux-Le Verdon, le 20 juin, qui fait route le 21, pour le Maroc, protectorat français (voir le compte-rendu du livre de Gérard Boulanger « L’affaire Jean Zay : la République assassinée » et le film de Virginie Linhart «  Juin 1940, le piège du Massilia ») pour y continuer la lutte pour la République, contre l’armistice et le changement de régime voulus par le gouvernement Pétain-Laval. Arrêtés par les autorités françaises sous l’inculpation de désertion et de trahison, les anciens ministres et parlementaires sont transférés en métropole pour y être jugés et condamnés par des tribunaux militaires.
4 octobre : Premier procès par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand : Jean Zay est condamné au terme d’une parodie de justice à la dégradation militaire et à la déportation à vie (comme le capitaine Alfred Dreyfus) . Le même tribunal, à l’été 1940, avait condamné le Général de Gaulle à la peine de mort pour « trahison » et « désertion (voir la journée d’étude de Ciné-Histoire : Le Massilia, premières résistances, premiers procès politiques : Jean Zay, Pierre Mendès France. Au mois de septembre, E. Daladier, P. Reynaud,G. Mandel , L.Blum sont placés en résidence surveillée, puis emprisonnés.
4 décembre-7 janvier 1941 : J. Zay est détenu dans le Fort St Nicolas de Marseille.
De 1941 à 1944 : il est prisonnier dans la maison d’arrêt de Riom. Il écrit, publie, résiste (voir le texte d’Hélène Mouchard Zay « Écrire pour résister. Les écrits de Jean Zay durant sa période de captivité ». Son principal livre Souvenirs et solitude sera publié en 1945. Il fait cause commune avec les « accusés » du procès de Riom, fiasco politique du régime de Vichy en 1942. À la fin de l’année, en novembre, G. Mandel est livré aux nazis, et transféré dans des camp et lieu de détention allemands (avec L. Blum).

4 . Des crimes d’État ( 1944)
1944 : le gouvernement de Pierre Laval intègre des ministres miliciens ( Philippe Henriot, Joseph Darnand). Le 20 juin 1944, J. Zay est extrait de sa cellule, remis à des hommes de main de la Milice française (Charles Develle, Henri Milou) et assassiné à Cusset (Allier) . Voir le film de Catherine Bernstein et Dominique Missika «  Un crime français ».
Le 28 juin, Philippe Henriot, secrétaire d’État à l’information et à la propagande est abattu par des Résistants.
G. Mandel, transféré de Buchenwald à la prison de la santé, est livré à des miliciens français (Jean Mansuy) et assassiné en forêt de Fontainebleau, le 7 juillet (article de Maryvonne Braunschweig sur « L’Assassinat de Georges Mandel »

5. Mémoires de Jean Zay
1945-1946 : Jean Zay est réhabilité puis cité à l’ordre de la nation. Une association des Amis de Jean Zay est créée, présidée par Marcel Abraham, son ancien directeur de cabinet, et résistant de la première heure (1940-Réseau du Musée de l’Homme) et aujourd’hui par Antoine Prost. En septembre 1946, le corps de J. Zay est retrouvé mais non identifié jusqu’en avril 1948, ramené à Orléans.
1947 : hommage national à la Sorbonne.
1948 : procès intenté par sa femme au journal d’extrême droite « Gringoire » et aux héritiers de P. Henriot pour publication illicite et mensongère des Carnets personnels de J. Zay. Le milicien en fuite, C. Develle est arrêté, ce qui permet l’identification du corps de J. Zay et un procès tardif et formel, en 1953 : l’assassin de J. Zay est très faiblement condamné puis amnistié.
27 mai 2015 : J. Zay entre au Panthéon, avec Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion.

Marie-Paule Hervieu, avril 2015.

Petit cahier N° 22 : Jean Zay, une figure symbole de la République :
Conférence-débat du Cercle d’étude du 13 décembre 2012 : conférence d’O. Loubes, témoigne d’H. Mouchard-Zay, textes de M. Braunschweig, J. Drogland, D. Gozlan, M-P. Hervieu, C. Monjanel, N. Mullier. Programmation et journée d’étude de Ciné-Histoire du 14 février 2012 autour du Massilia, 2015. PAF 15 euros

[1(PAF, 15 euros)

[2voir le texte de Joël Drogland sur le livre d’Olivier Loubes « Jean Zay, l’inconnu de la République » http://clio-cr.clionautes.org/jean-zay-l-inconnu-de-la-republique.html


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