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Laïcité, liberté d'expression, liberté de conscience, égalité, fraternité... - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Laïcité, liberté d’expression, liberté de conscience, égalité, fraternité...

Abécédaire sur les valeurs de la République
vendredi 20 février 2015

"Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit."
Déclaration universelle des droits de l’homme, 10 décembre 1948

  Sommaire  

Article 1 de la Constitution  :
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp

« Il se révèle impossible de classer les différentes populations humaines en races. Selon le niveau de précision que l’on cherche à respecter, on peut finalement énoncer soit qu’il n’y a pas de races dans notre espèce, soit qu’il n’y en a qu’une : l’Humanité, soit qu’il y en a autant que d’humains, soit que le « concept de race n’est pas opérationnel pour notre espèce ». La conséquence la plus claire est que tout raisonnement faisant référence à des races humaines est dépourvu de base scientifique. » Albert Jacquard L’Équation du nénuphar, Paris, Calmann-Lévy, 1998

L’Homo sapiens a progressivement migré depuis l’Afrique de l’Est où il est né il y a 200 000  ans, aussi les 6 à 7 milliards d’humains que nous sommes partagent le même patrimoine génétique. La couleur de peau dépend d’un des gènes régulant la synthèse de mélanine selon l’exposition du groupe au soleil.

Le racialisme est une idéologie qui postule l’existence de différentes races dans l’espèce humaine.

Les valeurs humanistes sont celles concernant les « droits de l’homme », définis en France en 1789, rappelés dans les Constitutions de 1946 et 1958, élargis à l’ensemble de l’humanité le 10 décembre 1948.
Aujourd’hui, même si « homme » est compris comme « genre humain » et non comme « personne de sexe masculin » on préfère l’utilisation de l’adjectif « humaniste ». On ne peut pas non plus utiliser l’expression « valeurs républicaines » car des monarchies en Europe sont démocratiques et s’efforcent de respecter ces valeurs.
On admet couramment trois niveaux de droits de l’homme qui ont été définis progressivement : droits fondamentaux individuels (ceux dont il s’agit dans cet abécédaire), droits sociaux et économiques et droits environnementaux (que nous n’abordons pas ici).
Au niveau mondial ces droits ont été définis en 1948 (DUDH) :
http://www.un.org/fr/documents/udhr/

"Le rôle de l’école n’est pas de laisser dégénérer le débat dans la classe en combat de rues, ni de mettre systématiquement des esprits trop jeunes en contradiction insurmontable avec leur environnement familial et social."
"Chaque famille, chaque groupe social, professionnel, confessionnel ou autres a sa propre mémoire, sa propre histoire, ses propres références culturelles qu’il utilise pour se conduire dans la vie de tous les jours et pour communiquer avec les autres groupes." Jean Peyrot (APHG)
http://clioweb.free.fr/debats/jean-opa.pdf

 Définitions

  • Égalité :
    « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » 1789
    "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits." 1948
    Ce qui est affirmé en France est le principe à la naissance de l’égalité en droits égalité politique (et non l’égalité sociale) des personnes, quels que soient leurs sexes, âges, niveaux sociaux, appartenances ou non religieuses.
    L’égalité passe par l’accès à l’Éducation, à la culture.
    « Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics ». 1789
    Mais les inégalités en droits sont en fait nombreuses entre les personnes résidant sur le territoire français : les mineurs n’ont pas les mêmes droits, ni les mêmes devoirs que les majeurs [1]. Les personnes ayant la nationalité française n’ont pas les mêmes droits ni les mêmes devoirs que les personnes étrangères. La Commune de Paris [2], en mai 1871, reconnaissait la citoyenneté aux étrangers et leur accordait de hautes responsabilités.
    http://clioweb.canalblog.com/tag/Commune
    Aujourd’hui, parmi les étrangers, les personnes ayant la nationalité d’un pays de l’Union Européenne ont des droits et devoirs différents de ceux concernant les nationaux d’autres pays.
    Cette égalité en droits reste théorique car, au quotidien, de façon illégale le plus souvent, de nombreuses discriminations [3] existent. Toutefois, toute personne se considérant comme victime de discrimination peut faire appel à la justice.
  • Entraide  :
    Les médias utilisent aussi souvent l’anglicisme « le care » [4] prendre soin, sollicitude, qui correspond à un ensemble de sens alliant attention, soin, responsabilité, prévenance, entraide … Cette éthique veut s’opposer à l’égoïsme et l’égocentrisme, la compétition et l’ambition, ou encore le pouvoir et l’exploitation. Le care valorise le fait de vivre les uns avec les autres plutôt que les uns contre les autres.
    Solidarité, vient du latin solidus et décrit à l’origine ce qui est commun à plusieurs personnes, de manière que chacune réponde de tout. Cette notion correspond à la relation entre personnes prêtes à se porter assistance, à s’épauler mutuellement.
    La solidarité aujourd’hui met en action le citoyen qui choisit personnellement, individuellement celui qu’il veut aider, soutenir. Cette notion tend à remplacer celle de « fraternité ».
  • Fraternité :
    Cette valeur est le troisième volet de la devise nationale française. Elle est la plus ambiguë. C’est au départ un concept chrétien repris sous la Révolution [5] : il s’agissait de la capacité de considérer tout « étranger », c’est-à-dire toute personne n’appartenant pas à notre sang, notre clan, comme notre frère, notre égal. Puis la fraternité a désigné le lien entre les membres de la « famille humaine », citoyens partageant des valeurs et refusant d’abandonner les plus fragiles, les plus faibles, les plus menacés à leur sort. C’est donc devenu un idéal politique dont la réalisation passe par la redistribution des richesses, la mise en œuvre de services publics disponibles pour tous au même prix qui que nous soyons, où que nous soyons. L’État par le biais de l’impôt et des dépenses publiques est ainsi censé compenser, en partie au moins, les inégalités/injustices sociales. Aujourd’hui, on évoque moins la fraternité et on emploie plus le mot de solidarité.
  • Justice :
    Institution chargée de faire appliquer le droit, faire respecter les lois. C’est le troisième pouvoir en France après les pouvoirs législatif et exécutif. Quiconque pense être victime d’un délit, d’une violence, d’un acte illégitime, peut en référer à la justice (dans un État de droit, il est interdit de se faire justice personnellement).
    « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable ». DDHC, 1789
    S’il y a poursuite et procès, les accusés comme les accusateurs ont droit à une procédure individualisée (pas de jugement collectif) et à une défense. Accusés comme accusateurs peuvent faire appel du premier jugement.
  • Laïcité :
    Principe de séparation entre la société civile et la société religieuse, l’État n’exerçant aucun pouvoir religieux, les Églises n’ayant aucun pouvoir politique. Les libertés de conscience et de culte s’exercent dans la sphère privée et les lieux consacrés (églises, temples, mosquées, synagogues …).
    Des républicains comme Hugo, Gambetta et Ferry luttèrent contre une droite cléricale et royaliste.
    La laïcité garantit le libre exercice de tous les cultes [6]. Elle permet à tous de vivre ensemble.
    .Déclaration des droits de l’homme et du citoyen 1789 :
    Article 10.
    « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »
    . Le 3 avril 1871, les communards décrétèrent la séparation de l’église et de l’État. Ils instaurent l’école laïque [7], gratuite et obligatoire et créèrent un enseignement professionnel pour tous, filles et garçons.
    . La loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État :
    Article 1 : " La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public."
    La loi de 1905
    .10 décembre 1948, Déclaration universelle des droits de l’homme :
    "Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit".
    http://www.un.org/fr/documents/udhr/
    .Constitution 1958-1995,
    "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race [8] ou de religion. Elle respecte toutes les croyances."
    http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/constitution.asp
    .Loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics :
    http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/laicite.asp
    .Septembre 2013 : Charte de la laïcité
    http://www.education.gouv.fr/cid73666/charte-de-la-laicite-a-l-ecole.html
    Le statut scolaire d’Alsace-Moselle un statut anachronique !
    " La laïcité a vocation à s’appliquer sur tout le territoire national, y compris en Alsace-Moselle et au sein de l’Université de Strasbourg."
    http://blogs.mediapart.fr/edition/camedia/article/200615/la-laicite-luniversite-de-strasbourg-un-combat-pour-l-universalisme-dans-le-contexte-concord
    La laïcité est une garante de la liberté de penser, aujourd’hui, elle est devenue défensive, récupérée par ceux qui défendent l’identité nationale et le mensonge des ancêtres gaulois (même sol, sang, peuple.)

    "Démocratie et laïcité sont deux termes identiques...Elle respecte, elle assure l’entière et nécessaire liberté de toutes les croyances, de tous les cultes, mais elle ne fait d’aucun dogme la règle et le fondement de la vie sociale". Jean Jaurès, extrait d’un discours prononcé à Castres en 1904.

http://classes.bnf.fr/laicite/

  • Liberté (politique) :
    « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ». « Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».1789
    Absence de dépendance personnelle vis-à-vis de quiconque, supérieur, propriétaire, dominant … Capacité donnée à chacun de pouvoir agir au sein d’une société organisée selon sa propre détermination, dans la limite des règles démocratiques. Absence de contraintes considérées comme illégitimes.
    Dans la devise française « liberté » est au singulier alors qu’il s’agit d’affirmer, défendre, protéger les libertés individuelles : liberté d’expression, liberté religieuse, liberté de se déplacer, liberté (ou droit) de la propriété, liberté d’association, liberté de réunion … Ces libertés sont garanties en France par l’État. Elles sont conditionnées par le droit à la sécurité, au respect de son intégrité physique et psychologique.
    Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789 :
    Article 11
    « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »
    http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789.5076.html
    La loi du 29 juillet 1881 instaure la liberté de la presse :
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000877119
    Liberté d’association en 1884 (syndicats)
    1901 : liberté d’association à but non lucratif.
    Art 1 : " L’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Elle est régie, quant à sa validité, par les principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations."
  • Lois :
    En démocratie, ensemble des règles juridiques établies par le pouvoir législatif (élu) et dont le non-respect est sanctionné par les forces policières et/ou judiciaires. La seule référence possible pour protéger chaque personne, pour statuer sur les différends entre les individus, est la loi.
    La loi est impérative : tout citoyen doit s’y soumettre. Mais tout citoyen peut, par des moyens légaux (rôle des partis, syndicats, associations, pétitions, manifestations …), tenter de faire modifier une loi quand il considère qu’elle n’est pas acceptable. Toutefois, tant que la loi est maintenue, chaque individu vivant sur le territoire français doit la respecter.
  • Mixité :
    Le mot au sens originel concerne l’association des deux sexes dans une organisation, des lieux publics, l’école par exemple. Par extension, ce mot correspond à la réunion et la vie dans un même ensemble de personnes d’origines, formations, niveaux sociaux, cultures différents : mixité culturelle, mixité sociale. Un pouvoir politique peut tenter de favoriser la mixité et le « vivre ensemble » par le biais de réglementations, aides financières ou au contraire taxations spécifiques. La mixité sociale est fortement conditionnée par le logement. Vivre dans le même quartier, aller dans la même école, travailler dans les mêmes entreprises permettent de se connaître donc de plus facilement respecter l’Autre dans sa ou ses différences.
    État des lieux :
    Le rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire porte sur la ségrégation sociale et scolaire à l’École. Mixités sociale, scolaire et ethnoculturelle à l’école. Comment la mettre en pratique ?
  • Nationalité :
    appartenance à un État défini par ses frontières. Les ressortissants (= les nationaux) d’un pays sont par exemple des Français, Allemands, États-Uniens (et pas « Américains »), Israéliens, Maliens, Chinois, Algériens, Colombiens …(mots s’écrivant avec une majuscule). Arabe, juif ne sont pas des mots définissant une nationalité.
    On peut avoir deux nationalités s’il y a des accords bilatéraux qui le permettent. Demander une nationalité, c’est demander d’accéder aux droits et devoirs, à la protection de l’État auquel on veut adhérer [9]. Changer de nationalité est très compliqué et relève de démarches juridiques spécifiques à chaque État.
    En France on est soit Français (ou bi-national) [10], soit étranger.
    Les immigrés [11] sont les personnes étrangères qui sont nées dans un autre pays et qui sont venues s’installer (légalement ou illégalement) pour très longtemps voire définitivement en France. Certains immigrés hors Union européenne, acquièrent la nationalité française, après un parcours difficile.
    Les personnes nées en France et vivant en France, françaises ou étrangères, ne sont pas immigrées (même si leurs parents le sont).
  • Peuple / nation :
    Il n’y a pas de race dans l’espèce humaine. On peut avoir le sentiment d’appartenir à une population – on dit parfois une nation - ayant en commun un espace géographique (qui peut être transfrontalier), une langue, des coutumes et traditions ...
    On peut observer une confusion entre race et nation pendant la guerre 1914-1918.
    Voici quelques exemples très différents de peuples/nations : les Flamands, les Basques, les Berbères, les Apaches, les Inuits, les Peuls, les Touareg...
    Quelques rares peuples ne reconnaissent aucun espace géographique comme « leur » territoire : par exemple, les Rroms.
    Le mot «  nationalité » peut être aussi employé dans ce sens (= un peuple). On retrouve ce terme dans l’expression « principe des nationalités » : il s’agit alors d’un peuple qui à travers sa culture, ses légendes, ses épopées, son histoire, sa langue, sa religion se reconnaît comme une unité, et souhaite vivre au sein d’un même État (en application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes).
    Il y a aujourd’hui encore de nombreux États définis comme multinationaux (Russie, Chine par exemple).
    Il n’existe pas d’États sans minorités ethniques, linguistiques, religieuses … En démocratie, ces minorités peuvent revendiquer une reconnaissance, un respect, une protection … voire, dans certains cas, des droits spécifiques.
  • Racisme :
    Théorie de la hiérarchie des « races » d’après des stéréotypes qui conclut à l’existence de « races » supérieures et de « races » inférieures destinées à être dominées, exploitées, voire anéanties.
    Fait d’attribuer a priori à une personne des qualités ou, plus souvent, des défauts, physiques et/ou intellectuels et/ou moraux … À partir de cette vision, un/une raciste maltraite verbalement ou physiquement une personne qui appartient à un groupe, que ce soit un groupe ethnique, un groupe religieux, le groupe des femmes, le groupe des homosexuels, etc.
    L’antisémitisme est une forme de racisme, consistant à rejeter les juifs, allant jusqu’à l’utilisation criminelle de la race par les nazis.
    De l’antijudaïsme à l’antisémitisme raciste
    La race, niée après 1945, occupe encore de la place dans les manuels de géographie en 1960 :
    http://clioweb.free.fr/manuels/pernet.htm
    La France la nie, tout en la pratiquant, et en la masquant derrière l’origine « ethnique ». Certains politiques, journalistes, intellectuels parlent de " Français d’apparence musulmane". Il existe aussi un racisme [12]dû à la colonisation, un racisme envers les Roms, les migrants.
    Trop noire pour être Française ?, documentaire de Isabelle Boni-Claverie, 2015 :
    http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/07/03/j-ai-ete-amenee-par-le-regard-des-autres-a-me-positionner-comme-noire_1340131
    Le premier moyen de lutter contre les racismes est d’éviter toutes généralisations et tout article défini, de ne jamais énoncer des considérations du type « Les femmes sont ceci … », « Les Belges sont cela … ». Il faut utiliser des articles ou adjectifs indéfinis : des, quelques, certains …
    Le Cercle d’étude a publié sur son site de très nombreux articles [13] concernant le racisme, ses diverses formes, les moyens de lutte contre ce délit.
  • Ségrégation :
    Action de mettre à part. Des États ont pu mettre en place officiellement, pendant une période de leur histoire, une ségrégation « raciale », en particulier aux États-Unis ou en Afrique du Sud, en organisant et réglementant la séparation entre Blancs et Noirs (logements, écoles, transports, lieux publics obligatoirement différents …).
    En dehors de ces politiques d’État volontaristes, a pu se mettre en place dans des démocraties, une ségrégation non légale mais de fait très efficace, fondée sur un « plafond de verre » empêchant les différentes formes de mixité culturelle, sociale. ( apartheid, développement séparé et discrimination). Il existe donc diverses formes de ségrégation. Un pouvoir politique peut tenter de favoriser la mixité et le « vivre ensemble » par le biais de réglementations, aides financières ou au contraire taxations spécifiques. La mixité sociale est fortement conditionnée par le logement, la région.
    Le Conseil national d’évaluation du système scolaire, dans le rapport Ly- Riegert, révèle la ségrégation sociale puissante dans l’école française. Il établit l’existence "d’établissements ghettos" où la ségrégation sociale et ethnique est à son maximum, alors que certains établissements sont réservés aux élèves issus des milieux les plus favorisés.
    Les préconisations :
    http://www.cnesco.fr/mixites-a-lecole-les-preconisations-du-cnesco/
  • Vivre à part, Développement séparé, Apartheid [14] :
    L’Apartheid (mot afrikaans partiellement dérivé du français], signifiant « séparation, mise à part [15] ») était une politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. Il fut conceptualisé et mis en place à partir de 1948 en Afrique du Sud (Union d’Afrique du Sud, puis République d’Afrique du Sud) par le Parti national, et aboli le 30 juin 1991. Il interdisait les unions inter-raciales, obligeait à un habitat séparé, contrôlait la circulation des personnes et restreignait les droits politiques pour la majorité noire.
    "La République française ne reconnaît aucune communauté".
    Dans certaines agglomérations françaises, le rapport entre l’offre et la demande a conduit, outre la division ouest-est, depuis les années 1960, à trois évolutions spontanées qui ont provoqué les développements séparés des classes sociales :
    l’aire urbaine s’organise en cercles concentriques avec des prix immobiliers décroissant plus qu’on s’éloigne du centre-ville. De nouvelles tendances de localisation apparaissent.
    1. Les centres villes aux prix du mètre carré (en location ou à l’achat) très élevés ont connu la concentration de classes aisées et très aisées : c’est l’embourgeoisement (gentrification) sauf dans le cas où des logements sociaux permettent la présence de classes plus pauvres. A Marseille, le centre ville résiste au processus d’embourgeoisement initié par la mairie.
    2. Les grands ensembles d’immeubles (tours et barres) à population diversifiée, aux loyers relativement peu élevés, ont été abandonnés, ils n’ont peu à peu plus été entretenus par les propriétaires (privés ou sociétés d’HLM) dont les revenus devenaient insuffisants pour assurer les travaux de réhabilitation. Ils ont donc vu se concentrer les familles d’immigrés les moins aisées, touchées par le chômage et la précarité.
    3. Les périphéries (de plus en plus éloignées des centres villes), jadis rurales, ont vu se multiplier les lotissements pavillonnaires habités par les classes moyennes : c’est la rurbanisation. La périurbanisation a démarré en Europe dans les années 60. Elle n’est plus systématique. Les jeunes couples préférant vivre dans le centre ville embourgeoisé.
    Regroupement spatial des populations dans les aires urbaines en France [16] :
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1867
    Par ailleurs, parmi les familles à très faibles revenus, se trouvent en assez forte proportion des personnes issues d’une immigration récente. Or une envie, un besoin d’être près de personnes venant du même village ou de la même région, la nécessité d’être aidés à l’arrivée pour pouvoir s’intégrer, conduisent les nouveaux immigrés à rechercher le voisinage de personnes venues de la même région, du même pays, d’où la constitution de communautés culturelles (linguistiques, religieuses …) comme autrefois les Auvergnats, les Bretons...
    Des politiques d’aménagement du territoire, d’urbanisation contrôlée, de développement des transports en commun auraient pu, dû freiner ces tendances spontanées qui ont débouché sur une relégation dans des quartiers pauvres, parfois sur des "communautarismes" [17] fabriqués et renforcés par les conjonctures de crises économiques et sociales.

 Médiagrapie

Pour en savoir plus
Bibliographie
OZOUF Mona, L’École, l’Église et la République 1871–1914, Paris, Armand Colin, 1962 ; réédition Points Histoire, 2007
OZOUF Mona, Jules Ferry, la liberté et la tradition, Gallimard, 2014
LALOUETTE Jacqueline, La séparation des Églises et de l’État. Genèse et développement d’une idée 1789-1905, Paris, Le Seuil, « L’univers historique », 2005, 450 p.
PENA-RUIZ Henri, Dictionnaire amoureux de la laïcité, éd. Plon, 2014, 950 p.
BAUBEROT Jean, La Laïcité falsifiée, La Découverte, 2012, 224 p.
La Documentation française, Laïcité et Liberté religieuse. Recueil de textes de jurisprudence extraits de journaux officiels, 2011, 504 p.
DUCLERT Vincent, La République, ses valeurs, son école, anthologie de textes, collection Folio actuel, chez Gallimard, 2016.
DUPRAT Luce, Baby- Loup, histoire d’un combat, Préface de Élisabeth Badinter
Postface de Caroline Eliacheff, Toulouse, érès, 2012, 280 p.
HENNETTE VAUCHEZ Stéphanie et VALENTIN Vincent, L’Affaire Baby-Loup ou la Nouvelle Laïcité, éd. LGDJ, 116 p.
KESSEL Patrick, Ils ont volé la laïcité !, Jean-Claude Gawsewitch, 2012
KINTZLER Catherine, Penser la laïcité, Minerve, 2014
LANGUILLE Constantin, La Possibilité du cosmopolitisme. Burqa, droits de l’homme et vivre-ensemble, éd. Gallimard, 224 p.
LOUBES Olivier, Réarmer la République ! Jean Zay au Panthéon, Demopolis, 2015
TRUONG Fabien, Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue, La Découverte, « L’envers des faits », 2015, 320 p.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/articl...

Sitographie
Une seule et même espèce :
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/10/06/race-l-ignorance-conduit-a-la-detestation_4783024_1650684.html

Les idées de racisme, darwinisme social, eugénisme, circulent en Europe au XIX siècle : Benoît Massin, De l’eugénisme à la Shoah, Cercle d’étude, 2001

Le vivre ensemble ou le communautarisme ?
http://dvkq.free.fr/saintdenis93/communautarisme.htm
Après le lâche attentat contre Charlie Hebdo et la prise d’otages à caractère antisémite
Onze mesures pour une grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République :
http://www.education.gouv.fr/cid85644/onze-mesures-pour-une-grande-mobilisation-ecole-pour-les-valeurs-republique.html
L’Europe a des racines chrétiennes, mais aussi païennes, juives, musulmanes.
http://www.ined.fr/fr/publications/document-travail/secularisation-regain-religieux/
Convention européenne des droits de l’homme : Liberté de pensée, de conscience et de religion : normes internationales et régionales :
http://www.coe.int/t/dgi/hr-natimplement/Source/documentation/hb9_rightfreedom_fr.pdf
Religion et politique en Islam, Leyla Dakhli :
http://www.canal-u.tv/video/ehess/04_conference_de_leyla_dakhli_les_mouvements_reformistes_musulmans_du_milieu_du_xixe_siecle_a_nos_jours.11322
Des liens pour le débat sur la laïcité :
http://clioweb.free.fr/debats/laicite.htm

L’histoire contre la pensée réactionnaire :
« Nous traversons un moment de régression généralisée où la pensée réactionnaire est en position dominante... Face à ce poison contemporain, que peut l’histoire  ? » Patrick Boucheron

L’APHG, association des professeurs d’histoire-géo, a organisé le 28 mars 2015 à
Paris une journée d’étude :« La naissance de la liberté d‘expression ». « La Révolution française et la laïcité ».« La loi de 1905 et ses conséquences
http://www.aphg.fr/Journee-nationale-APHG-Histoire

L’État français ne reconnait aucune religion particulière et laisse la liberté de pratiquer tous les cultes ou pas.
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/05/07/une-grande-majorite-de-francais-ne-se-reclament-d-aucune-religion_4629612_4355770.html
Acceptation de l’identité culturelle de chacun :
http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/130415/l-universalisme-republicain-face-au-racisme-decomplexe

Rapport annuel sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de la Commission nationale consultative des droits de l’homme : antisémitisme, racisme anti-arabe, anti-musulman, anti-rom, les racismes sont liés :

"L’analyse de l’opinion publique française a permis à la CNCDH de relever quatre sujets préoccupants : la recrudescence des préjugés antisémites ; la montée de l’intolérance à l’égard des rites de l’islam ; la banalisation du racisme à l’égard des Roms tant biologisant que culturel ; l’émergence d’une conception dévoyée de la laïcité et du principe de neutralité de l’État comme rempart à l’Islam, en ce que la laïcité n’est plus un outil d’apaisement mais un prétexte au rejet des différences. "
http://www.cncdh.fr/node/1135

Antisémitisme et islamophobie
La tentation antisémite. La haine des Juifs dans la France d’aujourd’hui, Michel Wieviorka

Janvier-juillet-octobre 2015

Le Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz, est une association de professeurs persuadés que l’étude de la Déportation et de la Shoah a un intérêt universel, qu’elle peut donner à tous, aujourd’hui et demain les moyens de réfléchir et de résister aux tentations racistes, xénophobes et totalitaires.

[1Les femmes majeures n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944 et ont participé pour la première fois à des élections, en l’occurrence municipales, en 1945. Aujourd’hui il est question de parité.

[3Mot daté par le Petit Robert 1877 et venant du latin, discriminatio = « séparation ». Fait de séparer un groupe, une personne des autres en le/la traitant plus mal. Opérer une discrimination, lors d’une embauche, une vente, une location par exemple est un délit :
http://www.legifrance.gouv.fr

[4Qu’est-ce que le care ? : Souci des autres, sensibilité, responsabilité, Pascale Molinier, Sandra Laugier, Patricia Paperman, Petite Bibliothèque Payot, 2009

[5Les nouveaux citoyens échangeaient des « Salut et fraternité ».

[6La laïcité n’est nullement hostile à la religion, ni non plus à l’athéisme souligne Pena-Ruiz dans le n° 16 de la revue Une certaine idée, 2003.

[7Jules Ferry crée l’école gratuite (1881), l’instruction obligatoire et l’enseignement public laïc (1882).

[8Le terme de « race » est présent dans divers textes législatifs alors qu’il n’existe pas de race biologique. Ce terme est utilisé dans de nombreux pays.La race n’existe pas mais elle tue.

[9Une première étape peut être la demande du droit d’asile : des immigrés qui ont été contraints de fuir leur pays parce qu’ils y étaient menacés, en danger pour des raisons politiques, cherchent ainsi à se mettre sous la protection du pays qui les accueille.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/05/29/comment-sortir-de-la-jungle-parisienne_4643064_3224.html

[10Dany Cohn-Bendit né en France, expulsé en 1968 en Allemagne, vient d’obtenir la nationalité française en mai 2015

[11Rappel : les mouvements de population transnationaux ou transrégionaux sont des migrations. On est émigré quand on part de son pays d’origine. On est immigré quand on vient s’installer dans un pays d’accueil. Tout migrant transnational est donc à la fois un émigré et un immigré.
https://www.ined.fr/fr/publications/manuels/les-theories-de-la-migration/

[12Alain Badiou, "Racisme d’État et racisme intellectuel" :
http://www.editions-lignes.com/Racisme-d-Etat-et-racisme.html .

[13Cf. moteur de recherche

[14« apartheid territorial, social, ethnique » en France,

[15ségrégation, discrimination. Vivre à part. Crime d’apartheid.

[16Aurélien Dasre. Les mesures du regroupement spatial des populations. Aspects méthodologiques et applications aux grandes aires urbaines françaises.. Université Montesquieu - Bordeaux IV, 2012.

[17La fabrique du communautarisme est le fait des responsables politiques eux-mêmes.
"Le communautarisme par le haut est pratiqué par les responsables politiques qui ne voient plus des citoyens, mais des Juifs, des Arméniens, des pieds-noirs, des homosexuels, des musulmans…...Il n’y a pas de spécificité musulmane, mais bien des problématiques universelles." Vincent Geisser, El Yamine Soum, Discriminer pour mieux régner, Enquête sur la diversité dans les partis politiques, éd. de l’Atelier, 2008.


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