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Robert Hébras, Oradour, Avant que ma voix ne s’éteigne - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Robert Hébras, Oradour, Avant que ma voix ne s’éteigne

Le massacre d’Oradour, 10 juin 1944
lundi 15 septembre 2014

Les troupes allemandes stationnées du côté de Toulouse et de Montauban ont l’ordre de rallier la Normandie. Elles sont harcelées par la résistance dans le Limousin.

10 juin 1944

Oradour, 642 femmes, enfants et hommes sont assassinés, dont 205 enfants.
Un village du Limousin est anéanti par une brigade de Waffen-SS.

Les hommes sont fusillés dans des granges, les femmes et les enfants brûlés dans l’église. Le village est pillé et incendié.

Stefan Martens, Robert Hébras, Michel Baury, Henri Ménudier

mercredi 10 décembre 2014, 19h30, Maison Heinrich Heine, Le massacre d’Oradour.
Témoignages, révélations, suites judiciaires – débat
avec
Stefan Martens, Michel Baury, Pourquoi Oradour-sur-Glane, Éd. Ouest-France, 2014, Robert Hébras, Laurent Borderie, Avant que ma voix ne s’éteigne, Éd. Elytel, 2014, Régis Le Sommier, Les Mystères d’Oradour, Éd. Michel Lafon, 2014. (absent)
http://www.maison-heinrich-heine.fr/fr/oradour/

Robert Hébras raconte :
Le 10 juin 1944, 14 h, deux véhicules, avec des soldats en armes, s’arrêtent en haut du village. Les soldats, non agressifs, disent : "Place, place". On se rend vers la place, on attend, on discute, les hommes doivent se mettre face au mur.
Le maire se désigne lui-même comme otage.
"Ils" disent qu’ils allaient rechercher des armes dans le village.

Les soldats font 4 groupes. Le 4 ème groupe va à la grange Laudy. Tout d’un coup, il y a une détonation. C’est la fusillade. Des blessés se plaignent, le sang coule, les soldats les couvrent de paille et ils mettent le feu. Robert Hébras, blessé, se dégage des corps qui sont au dessus de lui. Il faut sortir pour ne pas être brulé vif, en se préservant des soldats et du feu. Il entend d’autres survivants parler patois. Ils sont six.

De grange en grange, il parvient à fuir. Il pensait encore revoir sa mère car il croyait que les femmes et les enfants avaient été amenés à l’écart pour ne pas voir la fusillade. Robert Hébras, voit le village en flamme. Après un temps d’errance, il va chez sa soeur, retrouve son père qui a vu le désastre dans l’église : les corps des femmes et des enfants calcinés.

Pourquoi cette action de représailles ?
Le contexte local a t-il joué un rôle ? A Saint Junien, les maquisards ont fait sauter un train. Un train blindé arrive pour organiser les représailles. Le Sturmbannführer SS (commandant) Kämpfe, « héros » de la division, a disparu. Adolf Diekmann qui le recherche, se venge sur Oradour.
On a dit pendant longtemps, qu’il n’y avait pas de résistance à Oradour-sur-Glane, et qu’il y avait un foyer de résistants à Oradour-sur-Glaire, les Allemands ayant confondu les deux. La Milice a laissé faire, pour se venger de Georges Guingouin.

Stefan Martens, directeur adjoint de l’Institut historique allemand, IHA, précise :
La compagnie est commandée par Adolf Diekmann. du régiment Der Führer, appartenant à la division Das Reich qui est commandée par le général Heinz Lammerding. Elle est formée d’officiers ayant commis des crimes à l’Est, de jeunes soldats et d’anciens sortis des hôpitaux. Elle est utilisée pour des opérations de nettoyage contre les "terroristes" (les résistants). Les Waffen-SS ont réagi sur le front ouest avec la mentalité acquise à l’Est. La Wehrmacht a critiqué, mais elle a couvert les actions.

Diekmann a voulu venger Kämpfe. Même les Allemands ont alors compris que ce massacre, c’était horrible. Diekman étant décédé sur le front de Normandie, l’enquête qui avait été lancée par la Wehrmacht est close.

Après la guerre, les Alliés n’ont pas été très coopératifs. Les responsables du massacre jouent avec les différents secteurs d’occupation en Allemagne pour ne pas être extradés. Le général Lammerding est mort tranquillement dans son lit. On recherche alors la réconciliation en Europe sur fond de guerre froide.
Avec l’accès aux archives soviétiques, des recherches sont faites sur les crimes de la Wehrmacht en URSS, dans les Balkans ainsi que sur les crimes commis à l’ouest : le Vercors, les Glières, Oradour.

Invité par Willy Brandt à une conférence de la paix, à Nuremberg, en 1985, Robert Hébras est devenu un passeur de la réconciliation franco-allemande. De jeunes Allemands viennent au village l’été pour entretenir les ruines.

Une photo de Joachim Gauck, Robert Hébras, François Hollande à Oradour
http://clioweb.canalblog.com/archives/2013/09/05/27956198.html

Derniers procès :
Das Landgericht Köln lehnt ein Verfahren gegen 89-Jährigen wegen mutmaßlicher Beteiligung am Massaker in Oradour-sur-Glane 1944 ab.
Le tribunal de grande instance de Cologne a refusé l’ouverture d’un procès contre l’ex-Waffen-SS, Werner C., âgé de 89 ans, personne impliquée dans le massacre d’Oradour : âgé alors de 19 ans, il n’a pas tiré dit-il. Il était occupé à surveiller la route menant vers le village, il gardait les camions.
http://www.taz.de/1/archiv/digitaz/artikel/?ressort=in&dig=2014%2F12%2F10%2Fa0045&cHash=eb69bbefb16b9e85edeacb9b6ec8f963

Robert Hébras dit qu’il vaut mieux qu’il n’y ait pas de procès, plutôt qu’une condamnation à une peine ridicule.

Autre mystère : le petit fils d’Helmut Kämpfe veut qu’on exhume à Berneuil la dépouille du soldat qui est inhumé pour savoir si c’est bien son grand-père qui est enterré là.

Médiagraphie
Cf. Oradour-sur-Glane, village martyr
Robert Hébras, Laurent Borderie, Avant que ma voix ne s’éteigne, Éd. Elytel, 2014
Jean Tricard, Philippe Grandcoing, Robert Chanaud, s.d., Identités politiques, identités locales, identité régionale. Le Limousin, une terre de gauche au XXème siècle, Le Limousin, pays et identités, Pulim, Limoges, 2006.
Michel Baury, Pourquoi Oradour-sur-Glane, (Éd. Ouest-France, 2014
Régis Le Sommier, Les Mystères d’Oradour, Éd. Michel Lafon, 2014

Une vie avec Oradour, un film-documentaire‎ de Patrick Séraudie, 2011, 1 h 24 min‎, avec Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout, témoins. ‎
"Le 10 Juin 1944 à Oradour-sur-Glane, Robert Hébras échappe à la mort. Une vie avec Oradour retrace son histoire".

Une question toujours sensible avec les malgré-nous d’Alsace.
Justice pour Robert Hébras, rescapé du massacre, poursuivi pour avoir émis un doute sur le caractère forcé de l’enrôlement des Malgré-Nous alsaciens ayant pris part le 10 juin 1944 au massacre d’Oradour-sur-Glane
La Cour de cassation a annulé mercredi 16 octobre 2013 la condamnation de Robert Hébras.
Lire "Robert Hébras" :
http://clioweb.canalblog.com/tag/hebras

Jean-Marcel Darthout, est décédé, mardi 4 octobre, à l’âge de 92 ans
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/10/04/deces-de-l-un-des-deux-derniers-survivants-du-massacre-d-oradour-sur-glane_5008207_3382.html 2016

N.M. décembre 2014


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