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Albert Grinholtz - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Albert Grinholtz

dimanche 6 juillet 2003

Albert Grinholtz, un témoin de l’Amicale d’Auschwitz

Voyage des professeurs, documentalistes avec l’Amicale d’Auschwitz, 1994 :

Albert Grinholtz est né le 4 décembre 1920 à Opseznu en Pologne.

Le 14 mai 1941, il reçoit, avec son frère, un billet vert pour une vérification d’identité à Montreuil sous Bois. Leurs parents leur ont apporté des vêtements. Il a 20 ans.

Interné, en 1941, dans un camp français.

Il est amené à la gare d’Austerlitz, puis au camp de Pithiviers, camp prévu pour des prisonniers de guerre allemands.
Ils entrent dans le camp pour 13 mois et 2 jours. Des gendarmes sont venus vérifier leur identité. Il n’y avait rien, des planches puis des tables. Ils sont 2600, sans eau, ni électricité, gardés par des gendarmes. On leur sert un café de glands. Le lendemain, un colonel prend la direction du camp.
L’usine de pain d’épice "Gringoire" a demandé des volontaires. On pouvait faire venir ses parents une fois par semaine. Ils pensaient partir pour les mines de fer ou les mines de sel.
Un matin, sur ordre du capitaine de gendarmerie, il faut coudre des étoiles.

Déporté (1942)

Le 24 juin, rassemblement au camp. Ils vont à la gare. Il y a là un convoi de wagons de marchandises, avec une guitoune, plein de SS. Dans le wagon, 2 seaux avec 72 hommes. Le convoi comprend 1300 hommes. Sarreguemines.
Le 25 juin 1942. Le convoi s’arrête à Wuppertal, avec, en face, un train de voyageurs. "Bitte, Wasser" dit-il à une femme qui est dans un train, en face, avec sa petite fille. "Krapier" entend-t-il ? "Crève".

Arrivée au camp

28 juin 1942. Arrivée en gare d’Auschwitz.
En rang par cinq. Direction Birkenau à 3,2 km.
Le camp a été construit par les Russes. 10 000 hommes sont morts pour bâtir ce camp.
Des baraquements. Des écuries allemandes. Pas d’eau, de sanitaires. Une chaleur torride. Il n’a ni mangé, ni bu. A droite du camp, les baraques des femmes, à l’époque.
Un robinet. "Tu bois une goutte, tu risques la mort !"

Il y avait une baignoire avec un produit, on rentrait, on sortait, il est rasé de partout. Ils avaient peur des poux. Il est tatoué avec un porte- plume avec une aiguille horizontale et à équerre. Il est tout nu.
Le soir, ils ont eu de la tisane "erbaten" dans une cuvette en émail. Des coups pleuvent et il se retrouve dans la coya, une couchette à trois étages, avec une paillasse, une couverture.

coyas

Réveillé à 5 heures du matin, ils vont au travail à coups de Schlague.
Le Kapo faisait amener des pelles, des pioches, des battes, en rang par cinq, pour le Kommando de terrassement. Il y avait du travail de maintenance, à quatre ou cinq kilomètres du camp. Au retour, ils ramassaient les morts.
Albert Grinholtz travaille un temps à Buna Monovitz, à Budy.

L’appel, la soupe.

La soupe était apportée dans des tonneaux de bois, avec de l’eau.
De fin juin au 10 octobre, à Birkenau, il a été coiffeur.
A Auschwitz, il a été propulsé auprès du Kapo : "coiffeur". Celui-ci avait tué 11 femmes à Hambourg et avait été condamné 10 fois.
Dans un block, ils sont de 450 à 500, rasés des pieds à la tête une fois par semaine.

La fin

Le 18 janvier 1945 au soir, arrive l’ordre de rassemblement. Ils vont être jetés sur la route de Gleiwitz pour l’évacuation du camp.
Que faire ?
Il se cache derrière les cuisines, dans le charbon, avec un tonneau et deux planches en bois.
Le camp se vide. Les détenus s’en vont vers ce que l’on va appeler les marches de la mort.
C’est une nuit de neige, le silence est étouffant, rien, le vide.
Au Revier, il y a la diphtérie, la dysenterie.
Il passe trois jours sans eau, sans lumière, sans rien.

Libéré (1945)

Le 27 janvier, les Soviétiques sont arrivés. Le camp a été libéré.
6 à 7 000 malades étaient restés. Il n’y avait aucun approvisionnement. Le corps sanitaire, avec un major ont soigné ceux qui pouvaient encore l’être.
Le 2 février, il s’en va avec deux copains. Il met 5 mois à revenir en France, par la Yougoslavie et Marseille.
Lorsqu’il arrive chez lui, la maison est occupée. Il lui faudra encore lutter pour la récupérer.
Il fallait avoir une volonté en soi pour survivre.

texte et photo : Nicole Mullier

25 janvier 1995 :
http://www.liberation.fr/societe/1995/01/25/auschwitz-des-rescapes-temoignent_118562

Voir le témoignage d’Albert sur sa libération dans le DVD-ROM Mémoire demain.

LALIEU Olivier, La Déportation fragmentée. Les anciens déportés parlent de politique 1945-1980, p 66 et 93
http://web.archive.org/web/20021017211323/http://www.bhistoire.com/f01.htm


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