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La révolte des Croates et des Bosniaques à Villefranche-de-Rouergue - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

La révolte des Croates et des Bosniaques à Villefranche-de-Rouergue

samedi 20 septembre 2014

Champ des martyrs croates, inauguration du Parc-Mémorial pour les Révoltés de Villefranche-de-Rouergue, en 2006.

Un événement peu connu : la révolte à Villefranche-de-Rouergue des Croates et des Bosniaques enrôlés de force dans une division de l’armée allemande ;

Plusieurs sites évoquent cette résistance. Ce qui suit est extrait de leurs présentations :
En 1943, des milliers de Croates originaires de Croatie et de Bosnie-Herzégovine sont enrôlés de force dans la 13e division SS de l’armée allemande, alors puissance occupante en Croatie. Dans les rues de Zagreb, tous les hommes nés entre 1917 et 1925 sont arrêtés et convoyés sous bonne garde vers l’Allemagne, pour y être formés avant d’être envoyés sur les théâtres d’opération.
Parmi ces hommes, près d’un millier est envoyé à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), dans le sud de la France, où les Allemands redoutent un débarquement des troupes alliées. Ils y forment le 13e bataillon de pionniers et sont soumis à des manœuvres d’entraînement. Un ressentiment profond oppose ces soldats mobilisés de force et les officiers allemands chargés de les encadrer, ressentiment qui s’accroît à mesure que se multiplient les mauvais traitements dont ils sont l’objet et qui scandalisent la population villefranchoise, témoin des humiliations et vexations qui leur sont infligées.
Le 16 septembre 1943, deux soldats bosniaques parviennent à se procurer des vêtements civils auprès de la population villefranchoise et s’enfuient. Les derniers détails du projet de mutinerie prévu pour le lendemain sont revus.
Le 17 septembre une dizaine de soldats font irruption à l’hôtel moderne où sont installés les officiers allemands. Ils s’emparent des officiers tandis qu’un autre groupe neutralise les sous-officiers logés au collège. Les révoltés tuent cinq officiers allemands, se rendent maîtres de la ville pendant quelques heures.
Toutefois, un officier allemand parvient à s’échapper et donne l’alerte. Alors qu’ils espèrent la venue de guides censés leur faire gagner le maquis, les mutins se retrouvent bientôt pris au piège dans la ville « libérée », cernés par des troupes nazies arrivées en grand nombre de Rodez et des garnisons alentour. Après une impitoyable chasse à l’homme dans les rues de la ville où les insurgés tentent une percée désespérée, la plupart est soit tuée au combat, soit capturée. Quelques dizaines d’entre eux parviennent, grâce à l’aide de la population villefranchoise solidaire des mutins, à s’échapper, gagnant le maquis. Mais de nombreux mutins de ce 13e bataillon de la 13e Division SS sont faits prisonniers et envoyés en camp de concentration, à Sachsenhausen et Buchenwald, d’où seuls quelques-uns reviennent.

D’autres ont été torturés avant d’être fusillés et ensevelis à l’entrée de la ville au lieu-dit désormais dénommé « Champ des martyrs croates ».
L’histoire a retenu que l’espace d’une journée, Villefranche fut la première ville « libérée » de la France occupée. Il s’agit aussi de la première rébellion armée au sein d’unités allemandes. On peut noter que presque un an plus tard, Rodez fut le théâtre d’une révolte similaire, celle de soldats soviétiques incorporés de force à l’armée allemande.

Redoutant l’écho dévastateur sur le moral des troupes que la mutinerie de Villefranche-de-Rouergue aurait pu rencontrer, Himmler ordonna personnellement d’étouffer l’affaire. Peine perdue puisque quelques semaines plus tard Radio-Londres diffusa la nouvelle, lui donnant ainsi un retentissement qui déborda largement le cadre régional.

La plupart de ces mutins était originaire de Bosnie-Herzégovine, laquelle à l’époque faisait partie de l’éphémère "Etat indépendant de Croatie", instauré sous tutelle allemande et italienne. Ainsi, selon leur état civil retrouvé dans les archives, figuraient parmi les mutins, des "Croates catholiques" (ou Croates) et des "Croates musulmans" (ou Bosniaques, selon la terminologie actuelle).

En mémoire de ce soulèvement, Vanja Radaus, célèbre sculpteur zagrébois et résistant notoire de la première heure, réalisa en 1952 un monument de pierre constitué de deux groupes de figures en bronze grandeur nature ; chaque groupe représente deux hommes nus tombant, touchés par des balles. Inauguré en 1955, ce monument a été intégré dans un monument de la Libération situé dans le parc central de la ville de Pula (Croatie). Villefranche-de-Rouergue, jumelée avec Pula, a récupéré une copie des statues qui, à l’origine, lui étaient destinées, mais qui n’avaient finalement pas quitté la Yougoslavie. 

Le 17 septembre 2006, a eu lieu l’inauguration du Parc-Mémorial pour les Révoltés de Villefranche-de-Rouergue. Le mémorial a été en effet réaménagé. Ce lieu de mémoire hautement symbolique a été installé sur le site même où les révoltés sont tombés sous les balles allemandes et là où s’est dressé pendant plus de 60 ans l’ancien « monument provisoire ». Les aménagements ont été conçus de manière à donner à ce parc-mémorial, le premier du genre en France, une configuration digne de l’événement qu’ils honorent. Cet espace de recueillement, imaginé par l’architecte croate Ivan Prtenjak et l’architecte paysager aveyronnais Patrice Causse, se compose des statues offertes par le Gouvernement de Croatie à la Commune de Villefranche-de-Rouergue. Ce site a vocation à être à la fois un lieu de recueillement particulièrement reposant et un agréable espace de promenade à deux pas du centre-ville.

sites consultés :
http://www.cronet.org/actualites/villefranche2003.htm
http://lasenteurdel-esprit.hautetfort.com/archive/2012/09/14/les-mutines-de-villefranche-de-rouergue.html
http://www.cronet.org/actualites/villefranche-memorial-inauguration-2006c.htm

Martine Giboureau

novembre 2014


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