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Regards croisés de deux rescapés, Charles Baron et Jeanne Allaire-Kayigirwa - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Regards croisés de deux rescapés, Charles Baron et Jeanne Allaire-Kayigirwa

l’un juif, l’autre tutsi, CR de la rencontre
mardi 5 août 2014

Témoignages de deux victimes : Charles Baron, déporté à 16 ans parce que Juif et Jeanne Allaire-Kayigirwa qui, à 16 ans également, a échappé de peu à la mort, poursuivie pendant trois mois par les tueurs hutus.

Regards croisés

Le dimanche 28 septembre 2014 le Mémorial de la Shoah, dans le cadre de la commémoration du 20ème anniversaire du génocide des Tutsis du Rwanda [1] a organisé une rencontre entre deux rescapés.

Débat animé avec beaucoup de tact et de retenue par Madame Valérie Nivelon, journaliste et productrice de l’émission « la Marche du monde » sur RFI.

Deux victimes : notre ami Charles Baron, déporté à 16 ans parce que Juif et madame Jeanne Allaire-Kayigirwa qui, à 16 ans également, a échappé de peu à la mort, poursuivie pendant trois mois par les tueurs hutus. Deux témoins, certes différents : par l’âge, l’origine, la couleur de peau, la religion, mais qui sont, et à jamais, frère et sœur de souffrances et d’humiliations.

La découverte de l’horreur pour tous deux, dans un temps et un espace différents mais que de similitudes pourtant !

En effet, tout commence, pour l’un comme pour l’autre, par la discrimination : l’arbitraire administratif et l’obligation du port de l’étoile jaune pour Charles et pour Jeanne la mention « Tutsi » sur sa carte d’identité, la désignant ainsi comme future cible pour les génocidaires.

Puis, vint le temps de la mise en pratique de tout ce qui précède : l’arrestation de Charles, un mois après celle de ses parents, sa déportation, l’arrivée au camp, le tatouage, que Charles a vécu comme la plus grande humiliation de sa vie et tout le reste…

Pour Jeanne, l’appel au meurtre des « cafards », ainsi étaient désignés les Tutsis, appel qu’elle entend pour la première fois à l’église de son village, lors de la messe ! La fuite ensuite, avec sa sœur aînée et une amie, laquelle sera assassinée non loin d’elle, un peu plus tard.

Son errance, les caches qu’elle a pu trouver, avec sa sœur. Un jour ici, un jour ailleurs, la peur omniprésente, la mort toujours rôdant. Seules, nous dit Jeanne, la pluie et la nuit leur apportaient quelque répit, les tueurs n’étaient pas en chasse à ces moments-là.

Leur calvaire prit fin, avec la libération des camps pour Charles et la fin du génocide pour Jeanne. Ils ne retrouvèrent que peu de leur famille. Charles revint seul des camps. Jeanne eut plus de chance, elle retrouva sa maman, quelques membres de sa famille et sa petite sœur, laquelle fut protégée par celui qui fut le plus grand tueur de sa commune. Comprenne qui pourra !

La vie reprit, avec néanmoins quelque chose qui peut paraître incroyable, à savoir qu’au Rwanda, les nouvelles autorités ont décidé, au nom de la réconciliation nationale, que les victimes et les bourreaux devaient vivre côte à côte. Comme si, en France, en 1945, Charles avait dû côtoyer, voire saluer, les dénonciateurs de ses parents. Interrogée sur ce sujet Jeanne a répondu qu’elle ne commentait pas les décisions politiques des autorités de son pays mais qu’à titre personnel, elle ne pardonnait pas. Charles a exprimé la même opinion.

Alors de ces témoignages poignants, que retirer ?

Une détermination plus grande encore à lutter pour « plus jamais ça » certes, mais combien sommes-nous à poursuivre ce combat ?

Le constat est sévère.
1939-1945 : Génocide des juifs et des Tsiganes.
1972 : Génocide des Cambodgiens
1994 : Génocide des Tutsi.

Pourquoi les génocides se succèdent ? Comme l’a dit Marx, l’homme qui méconnaît son histoire est-il condamné à la revivre ?

Catherine MONJANEL

Pour en savoir plus
BRAECKMAN Colette, Rwanda, histoire d’un génocide, Fayard, 1994
HATZFELD Jean, Une saison de machettes, Le Seuil, 2003

Enquête ONU :
http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/1999/1257

Génocide des Tutsi : justice et vérité vingt ans après ?
http://www.massviolence.org/

« Génocide contre les Tutsi, la vérité maintenant ! » lancée et coordonnée par l’EGAM

(European Grassroots Antiracist Movement), rassemble, pour la première fois, les représentants de la jeunesse du Rwanda, de France et d’Europe, qui tiennent le même discours et portent ensemble les même revendications quant à la reconnaissance des lourdes responsabilités de certains Français dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, et quant à la transmission de cette histoire.

Rwanda : "la vérité, maintenant ! " pour un bon avenir "Imbereheza"
http://www.rwandalaveritemaintenant.eu

Nous mobilisons la société civile européenne pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations raciales et le négationnisme, et pour une Europe de l’égalité et de la solidarité. EGAM

Sometimes in April, de Raoul Peck, Etats-Unis / Rwanda, 2005, 140mn, VOSTF)

Journée de la mémoire des génocides, 27 janvier

[1Du 7 avril 1994 au 17 juillet 1994, 800 000 Rwandais, en majorité tutsi, ont perdu la vie. Le génocide n’avait pas seulement un caractère ethnique, mais visait également à éliminer des opposants hutu.
Un génocide est « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »


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