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Tragédie des puits de Guerry, Cher - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Tragédie des puits de Guerry, Cher

France 1944, l’acharnement génocidaire : la tragédie des puits de Guerry
dimanche 6 octobre 2013

Le 20 juillet, Lecussan et Paoli, un collaborateur de la Gestapo à Bourges, organisaient une rafle qui visait des Juifs dont les maisons, avaient été préalablement repérées.

Le 6 juin 1944, des maquisards entraient dans la ville de Saint-Amand-Montrond (Cher), occupaient les bâtiments administratifs, la gendarmerie et le siège de la milice dont les défenseurs se rendaient. Huit miliciens étaient faits prisonniers et conduits dans un maquis de la Creuse.
Dès le lendemain la ville était reprise par les Allemands. Joseph Lecussan [1], un chef milicien, s’installait à la sous-préfecture et faisait régner la terreur dans la ville. Dix neuf résistants ou soupçonnés de l’être étaient tués. Une soixantaine d’autres personnes étaient arrêtées et envoyées à Vichy otages de la Milice qui les échangea contre la femme d’un de ses responsables.

Le 20 juillet, Lecussan et Paoli, un collaborateur de la Gestapo à Bourges, organisaient une rafle qui visait des Juifs dont les maisons, avaient été préalablement repérées. Elles furent pillées sous les yeux de leurs occupants.

Eric Hassé, SS Obersturmführer, chef de la Gestapo de Bourges, reçoit l’ordre d’exécuter sur place les juifs.
http://www.archives18.fr/arkotheque/client/ad_cher/_depot_arko/articles/935/le-massacre-des-puits-de-guerry_doc.pdf

Un témoignage de Madame Salomon :

« Dans la nuit du 22 juillet, à une heure du matin, nous sommes réveillés en sursaut par force coups de sonnette. Au même instant, nous entendons la porte d’entrée céder sous les coups de crosse de MM. les Miliciens et de la Gestapo, au nombre de 13, venus pour nous arrêter mon mari, blessé de guerre, ma petite fille âgée de 10 ans et moi-même. Fouillant notre maison de fond en comble, raflant tout ce qui leur plaisait, nous bousculant sans cesse afin de nous faire hâter à ramasser notre maigre ballot à emporter. Une dizaine de ces individus font irruption dans la chambre de ma fillette, la réveillent brutalement et prennent sur sa table de chevet sa tirelire, son trésor qu’elle avait tant économisé, sans se soucier de ses pleurs. … »


Vieux et jeunes, hommes, femmes et enfants entassés dans un camion furent conduits à la prison de Bourges.
Le 24 juillet 1944, 26 hommes étaient contraints de monter dans une camionnette hermétiquement fermée. Après un trajet de quelques kilomètres, les prisonniers furent invités, à dix minutes d’intervalles, à descendre par groupe de six. Dans le dernier groupe, Charles Krameisen réussit à s’enfuir en courant et à échapper aux tirs des Allemands. Il trouva refuge dans une ferme de Savigny-en-Septaine où M. Guillemin le fermier le réconforta et le cacha.
Le 26 juillet trois autres hommes étaient extraits de la prison de Bourges et disparaissaient.
Le 8 août, 8 femmes étaient emmenées, à leur tour, vers une destination inconnue.
Le 9 les membres de la Gestapo et de la Milice quittaient la ville.
Les autres internées de la rafle de Saint-Amand-Montrond sortirent de la prison de Bourges le 17 août après que les membres de la Gestapo et les miliciens eurent fui la ville. Personne ne savait alors quel avait été le sort des disparus.

Quand Charles Krameisen, complètement traumatisé, décida de parler, dans le domaine de Guerry qu’il avait identifié, il fut incapable d’indiquer le lieu exact des faits qu’il relatait. Les recherches effectuées dans des puits de 35 m de profondeur s’avérèrent difficiles. Le 18 octobre 1944, les enquêteurs remontèrent les premiers corps.
La tragédie fut peu à peu reconstituée dans toute son horreur. Les compagnons de Charles Krameisen avaient été précipités dans un puits, vivants pour la plupart, et écrasés par de gros blocs de béton de lancés sur eux. Les trois hommes et huit femmes disparus peu après avaient subi le même sort dans un puits voisin.

Ces trente-six Femmes et Hommes assassinés dans des conditions effroyables avaient en commun d’être français et juifs ! Plusieurs d’entre eux avaient combattu pour la France entre 1914-1918.

Pourquoi ces assassinats à la veille de la fuite des miliciens ?
Si le caractère antisémite du choix des victimes est évident, pour l’historien Tzvetan Todorov [2] la décision de les arrêter fait partie des représailles de la Milice après l’attaque de Saint-Amand-Montrond, puis leur exécution, à partir du 26 juillet, serait une vengeance de miliciens qui venaient d’apprendre que 13 d’entre eux avaient été pendus par les maquisards de la Creuse.
Ces explications par des actions imprudentes, voire irresponsables de la Résistance, sont réfutées par les recherches récentes effectuées par Jean-Claude Bonnin*.
Celles-ci ont montré que les victimes ont été arrêtées en tant que Juifs et que c’est sans doute, faute de pouvoir organiser leur accompagnement vers Drancy [3] que l’autorité régionale de la SS, à Orléans, a donné l’ordre de les assassiner sur place. L’horreur du massacre étant de l’initiative des chefs miliciens.

Plutôt qu’un crime de guerre commis en représailles contre les actions des Résistants, le massacre des puits de Guerry est donc en 1944, une manifestation, particulièrement atroce, de l’acharnement génocidaire des Nazis et de leurs complices miliciens à la veille de leur fuite.

La tragédie des puits de Guerry  :
http://www.resistance-deportation18.fr/?article168

- Conférence de Jean-Claude Bonnin, secrétaire de l’association des amis du Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher :
"Jean-Claude Bonnin fait le point sur le massacre de 36 personnes juives le 24 juillet 1944 au lieu-dit Guerry, ferme abandonnée située sur le champ de tir des établissements militaires de Bourges, dit "Polygone", situé entre Savigny en Septaine et Soye en Septaine. Ces personnes avaient été raflées à Saint-Amand-Montrond dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, par le SD de Bourges ("la Gestapo" [4].) et la milice, accompagnés de soldats de la Wehrmacht (70 personnes au total)."
http://www.resistance-deportation18.fr/IMG/pdf/la_tragedie_des_puits_de_guerry__j.-c._bonnin.pdf

- Voir aussi :
Actes du colloque organisé par la fondation de la résistance et la ville de Saint-Amand- Montrond à Saint-Amand- Montrond le mercredi 8 juin 2005, La tragédie des puits de Guerry (été 1944) : étapes, rouages et mobiles d’une répression raciale par Jean-Yves Ribault (ancien directeur des Archives Départementales du Cher) :
http://www.fondationresistance.org/documents/ee/Doc00004-005.pdf

La tragédie de Guerry, Brochure éditée par le Comité du Souvenir de la tragédie des Puits de Guerry, 1995

Claude Dumond, octobre 2013.

[1Il est responsable de l’assassinat de Victor et Hélène Basch, le 10 janvier 1944 à Lyon

[2Tzvetan Todorov, Une tragédie française. Été 1944, scènes de guerre civile, Éd. du Seuil, 1994

[3Le dernier convoi pour Auschwitz a quitté Drancy le 31 juillet 1944
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article155

[4 Der Befelshaber des Sicherheitspolizei und des SD in Bereich des Militärbefehlshabers in Frankreich. Sicherheitspolizei-SD-Kommando Orléans –Aussenkommando Bourges (Le commandant de la police de Sûreté et du service de sécurité dans la zone du Commandement militaire en France. Kommando Orléans. Sous-kommando de Bourges)


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