Warning: file_get_contents(/proc/loadavg) [function.file-get-contents]: failed to open stream: Permission denied in /home/www/cercleshoah/www/config/ecran_securite.php on line 358
Cinq prélats de l’Église catholique prennent position - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Cinq prélats de l’Église catholique prennent position

lettres de Mgr Saliège et Mgr Théas face aux persécutions
mardi 26 juin 2012

Face aux rafles de Juifs, seuls, cinq prélats de l’Église catholique ont réagi publiquement en faisant lire une lettre pastorale le dimanche dans toutes les églises de leurs diocèses.

  Sommaire  

- Face aux rafles massives de Juifs, des prélats prennent position publiquement.

Les 16 et 17 juillet 1942, a lieu à Paris, en zone occupée, la rafle dite du « Vél’ d’Hiv’ » : environ 13 000 Juifs arrêtés (hommes et surtout femmes et enfants).
Du 6 août jusqu’au 12, 3 rafles de la gendarmerie française ont lieu depuis les camps du sud, Gurs, Rivesaltes, Récébédou, Les Milles, où la loi du 4 octobre 1940 du gouvernement de Vichy avait permis de les interner pour la seule raison qu’ils étaient juifs et étrangers.
Puis c’est dans les GTE, le 25 août, et la 3 ème phase, avec l’arrestation des familles, la grande rafle du 26 août 1942 avec regroupement dans différents camps du sud avant départs pour Drancy et la déportation.
Laval, chef du gouvernement français, a promis aux Allemands de leur « livrer » 10 000 Juifs étrangers de cette zone, alors non occupée par les Allemands.
Seuls, cinq prélats de l’Église catholique ont réagi publiquement en faisant lire une lettre pastorale le dimanche dans toutes les églises de leurs diocèses, comme l’évêque de Montauban ((Tarn-et-Garonne) qui fit lire la lettre ci-dessous (rédigée le jour-même où commencent ces déportations) lors des messes du dimanche 30 août.
(Il avait été précédé dans ce type d’action par Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, dès le 23 août).

 Mgr Saliège

Lettre de Monseigneur Saliège archevêque de Toulouse sur la personne humaine

Mes très chers Frères,

Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t-il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus ?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame, priez pour la France.

Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.

France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs.

Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.

Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse
23 août 1942
A lire dimanche prochain, sans commentaire.

http://toulouse.catholique.fr/23-aout-1942-70-ans-apres-la

 Mgr Théas

- Lettre de Monseigneur Théas l’Évêque de Montauban, sur le respect de la personne humaine

Le 26 août 1942

Mes biens chers Frères,

Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable.
À Paris, par dizaines de milliers, des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie. Et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant ; des familles sont disloquées ; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau, et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens [1] , sont frères parce que créés par le même Dieu ; que les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États.
Or les mesures antisémitiques actuelles sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés ! Qu’Il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée sur la justice et la charité ! »

Pierre-Marie Théas
Évêque de Montauban

À lire sans commentaire à toutes les messes, dans toutes les églises et chapelles du diocèse, le dimanche 30 août 1942

- L’Eglise accepte en général la collaboration. L’Episcopat est favorable à Pétain et souhaite la victoire de l’Allemagne contre le communisme.
L’archevêque d’Auch, Mgr Béguin, qui recevra les félicitations de Pétain, écrit dans La semaine religieuse du 21 novembre 1942 :
"a) Un catholique doit obéissance et respect au pouvoir qui gouverne légitimement le pays qui l’abrite
b) En France, il n’y a actuellement qu’un seul pouvoir légitime, celui du Maréchal. les autorités occupantes ont droit elles aussi à être respectées."
in "Enfants déportés, enfants sauvés", de Gisèle Polya Somogyi, éd. Alan Sutton

Le bilan est peu satisfaisant. Après les rapports des préfets montrant la grande émotion parmi la population qui a assisté aux rafles, ils sont obligés d’arrêter les rafles dans le sud. Laval écrit aux Allemands qu’on ne déporte pas les juifs comme des marchandises.
Les déportations reprennent avec l’invasion par les Allemands de la zone sud.

L’ Église catholique et la persécution des Juifs

« Signé le 3 octobre 1940, promulgué le 4, le statut des juifs aurait dû être publiquement condamné
le 5 par toutes les autorités morales, crosse en main, mitre en tête.
Il ne l’a pas été, et je ressens encore aujourd’hui ce silence comme une brûlure... »

André Frossard au procès Barbie

M.B. N.M. janvier 2013

[1Mgr Théas utilise le vocabulaire en usage sous le gouvernement de Vichy et en France occupée, copié sur le langage nazi (« aryen », « non-aryen »)


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 462 / 846579

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Ressources pédagogiques  Suivre la vie du site CNRD  Suivre la vie du site CNRD 2013, communiquer pour résister   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.4 + AHUNTSIC

Creative Commons License