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Résister dans les camps nazis, CNRD 2012, DVD(6) - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Résister dans les camps nazis, CNRD 2012, DVD(6)

des extraits de textes écrits par des témoins, dont l’histoire de Mala
samedi 10 septembre 2011

Résister dans les camps nazis, des extraits de livres à propos de la Solidarité, Résistance, Sabotages, Évasions.
« Surtout, si tu rentres, raconte bien tout ce dont nous avons souffert. Il faut qu’"ils" le sachent pour qu’ils nous vengent et qu’ils fassent en sorte que cela ne recommence plus ».
Claudette Bloch, Témoignages sur Auschwitz, éd. Amicale des déportés d’Auschwitz, 1946, Avant-propos.
voir le DVD gratuit pour les élèves et les professeurs
Les témoignages de ce DVD peuvent être utilisés pour la journée du 27 janvier.

Des témoignages écrits en complément au DVD

 Solidarité

  • Roger Abada, Témoignages sur Auschwitz, éd. Amicale des déportés d’Auschwitz, 1946, p.171

    "L’Organisation"
    « Des soupes supplémentaires, des pommes de terre, du linge, du savon, volés à l’administration du camp par ce que nous appelons l’organisation, furent distribués aux plus défavorisés et aux plus méritants ».

  • Liliane Lévy-Osbert, Jeunesse vers l’abîme, EDI, 1992, p. 112

    Tout l’indispensable, le nécessaire, l’essentiel du quotidien. Charles me fera parvenir une serviette de toilette, un mouchoir, une brosse à dents, du sucre...[du Canada].
    Tout sera partagé au nom de la solidarité.

  • Roger Abada, Témoignages sur Auschwitz, éd. Amicale des déportés d’Auschwitz, 1946, p. 173

    Des contacts politiques furent établis entre Polonais, Français, Russes et Polonais, et ainsi de suite, entre nationalités différentes. Nous parvînmes à lire les journaux - nazis, certainement le Volkischer Beobarter, - mais nous avions aussi appris à... lire entre les lignes...

 Résistance

  • Liliane Lévy-Osbert, Jeunesse vers l’abîme, EDI, 1992

    La production va cahin-caha...[à l’Union]
    L’ Organisation clandestine agit souterrainement pour dérégler cette fabrication, le moins vite, le moins bien.
    Sous le manteau se trament les activités clandestines. Les nouvelles passent. Les nouvelles du front, les nouvelles personnelles, d’un camp à l’autre, du camp des femmes à celui des hommes.
    Elles alimentent le moral des détenus. Le téléphone carcéral est oral, cependant les écrits passent de main en main, les petits mots : messages politiques, familiaux, d’amour ou de peur...

  • Roger Abada, Témoignages sur Auschwitz, éd. Amicale des déportés d’Auschwitz, 1946, p. 174

    Avec des intellectuels polonais, des antifascistes, nous rédigeâmes à la main, un tract, recopié en plusieurs exemplaires qui circula et fut commenté dans les Blocks et les Kommandos malgré la terreur policière...
    Une autre fois, en 1943, après Stalingrad, un manifeste appelant à l’union de tous les internés pour se préparer à la libération fut rédigé par le Comité international.. Il comprenait quatre pages rédigées à la main, et traduites en différentes langues.

 Sabotage

  • Thérèse Chassaing, Témoignages sur Auschwitz, éd. Amicale des déportés d’Auschwitz, 1946, p. 185

    Le sabotage est bien organisé à l’Union. Tous les jours les rapports disent que les grenades n’éclatent pas. très souvent les machines s’arrêtent. Le courant manque. la main invisible travaille. Les punitions pleuvent. les coups de bâtons sont innombrables. Combien de fois avons nous fait du "sport" pour sabotage.

  • Liliane Lévy-Osbert, Jeunesse vers l’abîme, EDI, 1992, p. 127-128

    Sabotages
    Zulage Kommando ! (du rab) Méfiance...
    Notre colonne s’ébranle et nous arrivons sur la grande place de l’appel...
    Deux gibets sont dressés sur cette esplanade. L’État-major SS est au complet...
    "On a volé de la poudre explosive à l’usine Union pour le compte du Sonderkommando... On a trouvé les coupables. Tous arrêtés. Quatre hommes, quatre femmes."
    Pour l’exemple les hommes seront pendus au camp des hommes, les femmes dans celui des femmes.
    Elles seront pendues. Deux, devant le Kommando de nuit de l’Union, avant le départ pour l’usine. Les deux autres à l’appel du soir, lorsque le Kommando de jour rentrera du travail.
    Le bruit court. Ce sont des juives polonaises....
    Elles ont marché à la potence, à la mort, sans hésitation, droites, la tête haute, fière je pense de leur sacrifice.
    Et nous sommes là, sans gloire. Nous sommes les témoins, celles qui ont vu, celles qui doivent dire, qui doivent raconter.

  • Charles Baron, extrait de "Les camps dont on a oublié le nom : les Z.A.L.", (camps de travaux forcés pour juifs), Le Monde juif, juillet-septembre 1983, p. 105

    Dans cette masse humaine... s’était développé un état d’esprit de rébellion contre le sort qui nous était fait. Et au fur et à mesure que le temps s’écoulait, prenant de l’assurance et de l’expérience, nombre de déportés se débrouillaient pour que la production souffre de malfaçons qui la rendait parfois inutilisable...
    La fainéantise comme l’appelaient nos gardiens, était le système le plus couramment appliqué : dès qu’ils avaient le dos tourné, que le Meister n’était plus à proximité, que l’ouvrier allemand ou l’Ostarbeiter(travailleur de l’Est) ne participait pas au même travail, le rythme se calmait...
    « Fertig, ich arbeite nicht mehr... ». (Terminé, je ne travaille plus...). Après un passage à tabac [de celui qui ne voulait pas travailler], un véhicule des SS venait prendre le malheureux héros pour l’emmener à Auschwitz.

 Contacts avec l’extérieur

  • Eugène Garnier, Témoignages sur Auschwitz, éd. Amicale des déportés d’Auschwitz, 1946, p. 179

    Notre camarade autrichien Ernst Bruger avait le contact avec l’extérieur. Je savais aussi que l’évasion de quelques camarades était décidé et ceux-ci devaient rejoindre les partisans. Un contact permanent et direct devait s’établir en vue de tenter un coup de force sur le camp pour aboutir à une sortie en masse.
    [malheureusement une patrouille de sécurité découvre l’évasion.]

 Évasions

Mala, la Belge, coursière et interprète-chef
Mala Zimetbaum s’évade avec Edek Galiński le 24 juin 1944. Ils sont repris le 6 juillet et exécutés le l5 septembre 1944 après avoir passé cette période dans le Bunker au Block 11, prison du camp d’Auschwitz. Wieslaw Kielar, ami d’Edek et qui a refusé de s’évader avec lui, raconte :

  • Wieslaw Kielar, Anus Mundi, Robert Laffont, 1980, p. 261-262

    Edek monta sans hésiter sur l’estrade et se mit immédiatement sur le tabouret. Le noeud coulant touchait sa tête...Edek trouva l’ouverture du noeud coulant et repoussa le tabouret d’un coup de pied...
    Le lendemain, une petite estafette slovaque me décrivit en pleurant l’exécution de Mala. De même qu’ Edek, celle-ci avait décidé de ne pas se laisser exécuter par les SS. Pendant la lecture de la sentence, elle se coupa les veines des poignets avec une lame qu’elle avait réussi à se procurer...
    Le Rapportführer Taube se précipita, et elle le gifla de ses mains ensanglantées...

  • Liliane Lévy-Osbert, Jeunesse vers l’abîme, EDI, 1992, p. 143

    Presque toutes les tâches du camp jugées subalternes sont confiées aux détenus.
    Mala, la Belge, placée au secrétariat des SS (politsche Abteilung), a un pouvoir considérable, qu’elle met tout entier au profit de l’aide aux prisonnières, notamment de l’organisation clandestine du parti communiste international d’Auschwitz.
    Mala peut faire déplacer à la demande de l’organisation telle ou telle détenue pour un autre Kommando, dans la mesure où sa présence est nécessaire. Présence qui doit assurer contacts, actions, tâches et travaux particuliers.

  • Suzanne Birnbaum, Témoignages sur Auschwitz, éd. de l’Amicale des déportés d’Auschwitz, Paris, 1946, p. 129

    C’était une jeune femme belge de vingt-huit ans. Jolie, grande, fine, distinguée, elle avait réussi à capter par sa grange intelligence sa finesse et son tact, la confiance des chefs allemands…
    Un soir au mois de juin 1944, l’appel dura au moins trois heures. On se demandait pourquoi. Tard, vers huit heures et demie, un Lagerkapo, chef de police du camp, passe et crie à notre Blockowa : « Mala, la Belge, s’est évadée ! »
    …Elle aura sûrement emporté des documents pour prouver au monde les atrocités commises ici…

  • Marceline Loridan-Ivens, Ma vie balagan, Robert Laffont, 2008, p. 103-105

    Elle parlait huit langues… Elle en était arrivée à avoir le droit de circuler sans garde entre Auschwitz et Birkenau tellement les Allemands avaient confiance en elle.
    Un jour ils ont réussi tous les deux [Mala et son « fiancé » Edek Galinski, un Polonais] à s’évader, non seulement habillés en Allemands, mais avec une voiture allemande…
    Mala était une légende dans le camp parce qu’elle avait sauvé beaucoup de gens... Le bruit a couru qu’elle s’était évadée. Nous étions contentes.
    Malheureusement trois semaines plus tard, elle a été dénoncée par des paysans polonais et rattrapée à quelques kilomètres de la frontière tchèque..."
    On nous a réunies sur une place de Birkenau où une potence avait été dressée... Elle a dit qu’elle avait essayé de s’évader pour crier au monde ce qui se passait ici, que la guerre serait bientôt finie...

"I fall a heroine and you will die as a dog." rapporte Gidéon Hausner, Procureur Général d’Israël, lors du procès d’Eichmann en 1961.

voir aussi :
HUBER Gérard, Mala, une femme juive héroïque dans le camp d’Auschwitz-Birkenau, préface de Simone VEIL, Éditions du Rocher, 2006, 307 p.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article191

Autres récits :

  • Charles Baron, extrait de "Les camps dont on a oublié le nom : les Z.A.L.", Zwangarbeitslager für Juden, camps de travail forcé pour juifs, Le Monde juif, juillet-septembre 1983, p.103,104

    Philippe Lewi à Ludwigsdorf :
    Oeuvrant sur un chantier de Blechhammer, employant outre des déportés des prisonniers de guerre et des travailleurs civils de plusieurs nationalités, [Philippe Lewi] trouve un jour sur le sol un ticket des chemins de fer allemands. Il réussit à monter dans un train de travailleurs libres français le 27 mars 1943.
    La chance aidant... Le train arrive à Paris, gare de l’Est, vers 19 heures et le billet ramassé sur le chantier sert de laisser-passer aux contrôleurs.
    Une évasion d’un Z.A.L. [1], réussie !!! Mais combien ont échouées ?...
    A Ludwigsdorf, la première évasion fut celle d’un titi de Belleville... Les Allemands l’accrochèrent aux barbelés qui ceinturaient le camp. Il y resta deux ou trois jours sans qu’on put le soigner, lui apporter un peu d’eau ou de nourriture. Il ne fut décroché que lorsqu’une voiture vint d’Auschwitz pour l’amener à la chambre à gaz.
    Des évasions, il y en eu un certain nombre mais comme pour les révoltes des ghettos, combien ont survécu pour en parler ?...

Des livres écrits par les témoins :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article86

 Le DVD

Le DVD avec 8 témoignages
résister dans les camps nazis

 vidéos du cercle en ligne

Voir un extrait de la vidéo de Charles Baron
Voir un extrait de la vidéo d’Isabelle Choko
Voir un extrait de la vidéo d’Yvette Lévy
la suite dans le DVD (encore disponible). Les témoignages du DVD "Résister dans les camps nazis" peuvent être utilisés avec des élèves de primaire, de collège ou lycée
Charles Baron, Isabelle Choko, Ida Grinspan, Ginette Kolinka, Yvette Lévy, Jean-Louis Steinberg, Robert Wajcman, Léon Zyguel et un livret pédagogique.

Nicole Mullier novembre 2011

[1Zwangsarbeitslager für Juden,ou ZAL für Juden, camp de travail pour juifs


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