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Oradour-sur-Glane, village martyr - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Oradour-sur-Glane, village martyr

Une visite, par Maryvonne Braunschweig
jeudi 10 mars 2011

Une visite sur les lieux du massacre d’Oradour-sur-Glane du 10 juin 1944 et une rencontre avec madame Camille Senon, un des rares témoins encore en vie du village martyr d’Oradour.
Robert Hébras, Oradour, Avant que ma voix ne s’éteigne

Histoire et mémoire

Oradour

Photo donnée à Yvette Lévy par les CM2 de l’école Pierre Brossolette à Noisy le sec.

mercredi 10 décembre 2014, 19h30, Maison Heinrich Heine, Le massacre d’Oradour.
Témoignages, révélations, suites judiciaires – débat

CR Robert Hébras, Oradour, Avant que ma voix ne s’éteigne

Visite d’Oradour-sur-Glane, village du Limousin [1]

Les 9 et 10 octobre derniers trente-sept Seine-et-Marnais sont allés découvrir Oradour, ce lieu chargé d’histoire et de mémoire, qu’est le village martyr d’Oradour-sur-Glane. Ce sont des membres ou sympathisants de l’AFMD-77, de tous milieux et de tous âges (14 à 85 ans) dont cinq adolescents de moins de 18 ans. Ils ont retrouvé d’abord dans le nouveau village d’Oradour, reconstruit à côté de l’ancien, madame Camille Senon, un des rares témoins du massacre du 10 juin 1944 encore en vie.

Oradour, ce nom connu de tous, évoque le village martyr du Limousin, en Haute-Vienne, à 20 km au nord-ouest de Limoges. Rappelons l’histoire en quelques mots. Quatre jours après le Débarquement, un détachement appartenant à la division Das Reich de la Waffen-SS stationné dans le sud-ouest de la France remonte vers le front de Normandie. Il est retardé par la Résistance et se venge en commettant des crimes de guerre tout du long de son chemin. C’est à Oradour, village calme et sans maquis, où vivent un certain nombre de Lorrains et quelques Alsaciens réfugiés depuis 1940, qu’ont lieu les pires exactions.

Le 10 juin 1944
L’après-midi du 10 juin, le village est encerclé, la population rassemblée sur le champ de Foire, les hommes emmenés dans des granges en six lieux différents où ils sont mitraillés pendant que les femmes et les enfants enfermés dans l’église meurent victimes de son explosion et de son incendie. Puis, le village entier est pillé et incendié.

devant l'église d'Oradour
Devant l’église, lieu de l’assassinat des femmes et des enfants d’Oradour,
Madame Camille Senon et le groupe des participants du week-end

Au total, on dénombre plus de 640 victimes, 191 hommes, 247 femmes et 206 enfants. Seules six personnes survivent au massacre, plus quelques villageois, absents ce jour-là, ou qui ont réussi à se cacher à l’arrivée des Allemands. Madame Senon était un de ces habitants d’Oradour qui revenait de Limoges, où elle travaillait durant la semaine, pour passer le week-end en famille. En arrivant le soir du massacre, interdiction lui est faite d’entrer dans le bourg et elle loge pour la nuit dans un hameau voisin. Le lendemain matin, les Allemands ont quitté les lieux et elle fait partie des premiers à entrer dans le village et à faire les macabres découvertes.
église d'Oradour
L’église

Depuis ce 10 juin 1944, le village a été laissé en l’état avec pans de mur, carcasses de voiture et rails du tramway qui continuent à rouiller. En 1949, a été lancée la reconstruction du nouveau bourg à côté de l’ancien, mais les ruines ont été préservées. En 1999, a été inauguré le « Centre de la mémoire », à la fois musée, centre d’archives, lieu d’expositions temporaires, et, désormais, accès quasi obligatoire au site.

rails du tramway de Limoges

Explications de madame Senon, devant les pans de mur encore debout
et sur les rails du tramway de Limoges à Oradour

Ce sont donc les ruines d’Oradour qui ont été le cœur de ce voyage de mémoire. Comme toujours quand un témoin de qualité peut être présent, la visite d’un lieu de mémoire devient un moment exceptionnel et ce fut le cas avec l’animation rendue à ce village en ruines par madame Senon. Elle a su, par des propos très clairs, nous faire revivre d’abord sa propre découverte de ce qui s’était passé la veille de son entrée dans Oradour, puis ensuite nous servir de guide dans chacun des lieux du massacre, l’église et les six lieux de mitraillage des hommes. Par différentes anecdotes concernant le village avant le drame elle a su aussi faire revivre ce village, à la vie jusque-là banale, comme dans la plupart des villages de l’époque. La visite du cimetière, commun à l’ancien village et au nouveau, et mémorial aux victimes, a clos de façon très émouvante la visite d’Oradour proprement dit.

emplacement d'une des granges

Une des granges

En ce dernier lieu, fut évoqué, avec Madame Senon et les représentants de l’AFMD de Haute-Vienne, le drame de la mémoire qui s’est joué dans les années qui ont suivi la guerre. Lors du procès de Bordeaux de 1953 les chefs militaires allemands ont échappé à toute poursuite et les hommes de troupe poursuivis ont pour la plupart été amnistiés car Alsaciens, soldats de l’armée allemande, appelés « Malgré nous » dans leur province natale, qui les a considérés comme victimes de l’annexion. Devant cette amnistie par le Parlement, en réponse à la pression de l’Alsace, Oradour et le Limousin se sont retranchés dans le deuil et l’isolement. Aujourd’hui l’opposition entre les deux régions françaises (Limousin et Alsace) semble s’atténuer, mais ces questions de mémoire gardent localement une importance extrême.

Une visite libre de l’exposition présentée dans le Centre de Mémoire, inauguré en 1999, lieu qui sert désormais de passage obligé pour se rendre sur les ruines d’Oradour, a parfaitement complété la visite avec ses photos du village d’avant.
Madame Camille Senon a su faire revivre le passé avec émotion et sobriété, privilège rare dont ont été conscients les participants et en particulier les cinq adolescents.
L’AFMD-77 remercie le Conseil général de Seine-et-Marne, qui par sa subvention a permis la réalisation de ce week-end de mémoire et surtout d’emmener cinq jeunes.

Transmettre l’histoire et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale est un des buts fondamentaux de notre association, afin de permettre aux jeunes de mieux se situer dans le présent.
Maryvonne Braunschweig

Les photos sont de Francis Devrainne

Camille Senon, Oradour
http://www.lemonde.fr/enquetes/article/2016/06/10/camille-senon-memoire-militante_4946862_1653553.html

Pour en savoir plus :
LOUIS R. , Le massacre d’Oradour-sur-Glane par les hordes hitlériennes, Limoges, Front National, 1945
Le martyr d’Oradour-sur-Glane 1944, Périgueux, éditions Pierre Fanlac, 1944
FARMER Sarah,Oradour : arrêt sur mémoire, Paris, Perrin, 2004,[1ère éd. ,Paris, Calmann-Lévy, 1994
MARTEIL Jean-Louis, Oradour sur Glane, aux larmes de pierre, La Louve éditions, collection Terre de mémoire, 2006
POITEVIN Pierre, Oradour-sur-Glane, Aurillac, éd. du Chardon, 1945, 222 p.
PAUCHOU Guy, MASFRAND Pierre, Oradour-sur-Glane, Vision d’épouvante, Charles-Lavauzelle et Cie, 1945-46, 190 p.

http://www.oradour-souviens-toi.fr/
Le centre de la Mémoire :
http://www.oradour.org/
Georges Guingouin et Oradour :
http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/445.html
Le grand Georges, écrit par Patrick Rotman et réalisé par François Marthouret, 2013

 Robert Hébras

Film :
Une vie avec Oradour , un film-documentaire‎ de Patrick Séraudie, 2011, 1 h 24 min‎, avec Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout, témoins. ‎
"Le 10 Juin 1944 à Oradour-sur-Glane, Robert Hébras échappe à la mort. « Une vie avec Oradour » retrace son histoire".
http://www.oradour-lefilm.com/
4 février 2013, "Une vie avec Oradour", Maison Heine, Paris, 19 h
Robert Hébras, Oradour, Avant que ma voix ne s’éteigne
Justice pour Robert Hébras, rescapé du massacre, poursuivi pour avoir émis un doute sur le caractère forcé de l’enrôlement des Malgré-Nous alsaciens ayant pris part le 10 juin 1944 au massacre d’Oradour-sur-Glane
Une pétition a été organisée "Soutien à Robert Hébras, Une vie avec Oradour"
La Cour de cassation a annulé mercredi 16 octobre 2013 la condamnation de Robert Hébras.

Lire "Robert Hébras et les malgré-nous" :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/10/12/25315818.html
Oradour, les plaies  :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2013/02/19/26453147.html

"En prenant parti pour une mémoire régionale, celle de l’Alsace, contre une autre, celle du Limousin, les magistrats se sont, sans doute en toute bonne foi, rendus complices d’une instrumentalisation de la loi au service d’un enjeu mémoriel."
http://soutienhebras.wordpress.com/

Le maire de Maillé convie Robert Hébras survivant d’Oradour-sur-Glane, à remettre l’ordre national du mérite à Serge Martin, président de l’association du souvenir de Maillé, le 27 octobre 2012.

  Hollande et Gauck

- Oradour : Hollande et Gauck, 04.09.2013 :
Le discours du président allemand :
http://www.allemagne.diplo.de/contentblob/3984800/Daten/3478646/06redeoradourdownload.pdf
Sur le livre d’or d’Oradour :
« Je peux aujourd’hui témoigner qu’une autre Allemagne pacifique et solidaire existe.
Que les choses restent ainsi. » 
Photo de Joachim Gauck, Robert Hébras, François Hollande à Oradour
Dans la presse :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/09/04/oradour-sur-glane-poignee-de-main-symbolique-entre-hollande-et-gauck_3471143_823448.html
http://www.liberation.fr/societe/2013/09/04/oradour-attend-la-visite-de-hollande-et-gauck_929268

A propos d’Oradour :
http://www.dokumentationszentrum-nuernberg.de/

- Le massacre d’Ascq, autre massacre commis par les SS :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article174
Ascq 1944. Un massacre dans le Nord. Une affaire franco-allemande

- Maillé, Visite à la Maison du souvenir, lieu de mémoire :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article195

N.M. février-septembre 2011, mise à jour décembre 2014

[1cf. revue de l’UDA, "Après Auschwitz" n° 317


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