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L'Enclos, film d'Armand Gatti, 1961 - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

L’Enclos, film d’Armand Gatti, 1961

avec la participation de Claudine DRAME et de Charles PALANT

Le Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz et Ciné Histoire vous a invité à la Projection du film : L’ENCLOS d’ARMAND GATTI, film Noir et Blanc, suivi d’un débat : Déshumanisation et solidarités dans le système concentrationnaire.
Armand Gatti ne parlera plus, le 6 avril 2017, il est parti.

L’ENCLOS d’ARMAND GATTI, [1], Noir et Blanc, suivi d’un débat : Déshumanisation et solidarités dans le système concentrationnaire
avec la participation de Claudine DRAME [2], historienne du cinéma, auteure d’une thèse Les représentations de la Shoah dans le cinéma en France (1945-1985) et de Charles PALANT, résistant, déporté, vice-président de l’Union des Déportés d’Auschwitz
Mercredi 31 mai 2006, 14h30 Salle 13 Lycée Edgar Quinet, 63 rue des Martyrs 75009 PARIS
L'Enclos

Extraits Petit cahier n° 27

I. Introduction par Marie-Paule Hervieu
..."L’Enclos est une œuvre forte sur le système concentrationnaire, se situant dans un camp mixte mais aussi un lieu imaginaire recréé par un travail d’écriture et de mémoire de l’ancien résistant déporté, Armand Gatti.
Les personnages du film sont l’expression d’une réalité complexe et d’un antagonisme radical : réalité complexe qui fait qu’il y a des détenus condamnés à mourir, et le personnage du jeune Juif de Belleville, David, n’est que l’exception qui confirme la règle, et d’autres qui peuvent espérer survivre, comme le détenu politique Karl Schongauer, Häftling depuis 1933.
Il y a aussi les différences entre les bourreaux, officiers SS, celui qui abuse de sa position hiérarchique pour voler et s’enrichir, et celui qui est dans l’idéologie de la haine raciale (raciste) et n’hésite pas à renier sa parole et à envoyer à la chambre à gaz l’homme qui a eu l’audace de verser le sang "allemand".
La complexité des hommes et des femmes est aussi celle de la jeune-fille, Anna, résistante tchèque droguée et prostituée qui met sa vie en jeu dans un acte que l’on peut qualifier d’héroïque.
La radicalité du film est celle de l’antagonisme entre les bourreaux et les détenus restés des êtres humains, parce qu’au-delà de leurs différences personnelles, politiques, d’appartenance, ils sont demeurés capables de surmonter l’injonction de s’entretuer avant que d’être assassinés.
Ce que montre L’Enclos, c’est que confrontés à une situation de tentative extrême de déshumanisation, toutes les formes de solidarité, individuelle et collective, humaine et politique, communiste avec les sections slave et latine de l’organisation, ont pu exister, en quelque sorte résister."

II. Présentation et analyse de L’Enclos par Claudine Drame
"L’Enclos, ce film, réalisé par Armand Gatti en 1960 est la première fiction française – et probablement la seule - située dans un camp nazi. Encensé par la critique à sa sortie en octobre 1961, sa diffusion restera très modeste voire confidentielle jusqu’à nos jours. Un ensemble d’éléments conjoncturels et psychologiques ont sans doute posé une chape sur cette œuvre profondément humaniste, fortement marquée par la période qui l’a produite et qui marque en retour une étape dans la filmographie de la déportation.
En 1944, dans un camp nazi, deux détenus, l’un résistant allemand l’autre juif français, doivent s’affronter dans un enclos sur ordre de deux dirigeants SS qui ont parié sur eux. Celui qui tuera l’autre aura, leur assure-t-on, la vie sauve.
Cet épisode, qui constitue l’argument central du film d’Armand Gatti, permet d’entrevoir vingt-quatre heures de la vie d’un camp."

III. Intervention de Charles Palant
"Le génie de Gatti a résidé dans chacun des personnages du film qu’il a dessinés. Le résistant allemand demeuré confiant et lucide, et profondément humain. David qui, dans l’enclos, comprend qu’il n’est pas qu’une victime et que Gatti conduit à mourir en héros avec, à sa portée, avant de monter dans le camion qui va le conduire à la mort, ce geste ultime de galanterie qui souligne son humanité retrouvée. Et la jeune résistante tchèque contre laquelle l’ennemi barbare a utilisé tout l’arsenal de la cruauté. De son sacrifice va dépendre le succès de l’audacieuse tentative de sauvetage du résistant allemand. Et la grandeur de son sacrifice atteint au sublime quand elle se retient de reconnaître les camarades tandis qu’elle marche elle aussi vers le camion qui l’emportera vers la chambre à gaz."

IV. Débat : déshumanisation et solidarité dans le système concentrationnaire

V. Analyse historienne et pistes pédagogiques par François Lecointe
"Le film d’Armand Gatti L’Enclos apparaît comme un objet isolé, tant dans l’histoire du cinéma que dans celle d’Armand Gatti. A prendre les synthèses de l’histoire du cinéma depuis 1945, Armand Gatti est juste cité, souvent associé aux autres cinéastes de la Nouvelle Vague - Rive gauche (Alain Resnais, Agnès Varda, Chris Marker). Cependant, même si Armand Gatti a réalisé ou contribué à la réalisation de six films, sans compter les expériences vidéographiques, L’Enclos reste attaché à son auteur..."

VI. L’Enclos, un des films majeurs sur l’univers concentrationnaire par Nicole Dorra [3]
"L’Enclos est un des trois films majeurs sur l’univers concentrationnaire, au même titre que Nuit et Brouillard et Shoah . Majeur et pourtant peu connu ! Alors que Nuit et Brouillard est une vision de l’extérieur, et Shoah une étude de témoignages, L’Enclos reflète l’expérience au quotidien, vécue par un déporté.
Il existe seulement trois films réalisés par des déportés à leur retour : La dernière étape en 1948 de Wanda Jakubowska cinéaste polonaise déportée à Auschwitz revenue pour tourner sur place avec d’anciennes compagnes de toutes nationalités, Nuit et Brouillard en 1956 écrit par Jean Cayrol déporté à Mauthausen, L’Enclos en 1960."

Suite, cf.

Petit cahier N°27. Projection-débat du 31 mai 2006- « L’Enclos » : film d’A. Gatti (1961). Interventions et articles de C. Drame, C. Palant et F. Lecointe.

DRAME Claudine, Les représentations de la Shoah au cinéma en France 1945-1985, Thèse de troisième cycle sous la direction de Pierre Nora, Paris, EHESS, 2001, 399 p.
DRAME Claudine, Des films pour le dire, Reflets de la Shoah au cinéma, 1945-1985 , éd. Metropolis, 2007, 284 p., avec un DVD, Témoignages pour mémoire, 55 min réalisé par Claudine Drame, avec Henri Borlant, Marcel Jabelot, Violette Jacquet, témoins.
GATTI Armand, L’Enclos, Doriane films, DVD : il comprend le film ainsi que le portrait de l’écrivain : Armand Gatti par Stéphane Gatti et une interview d’Armand Gatti sur L’Enclos.

Dante Sauveur Gatti, né en 1924 à Monaco, père éboueur, mère femme de ménage.
Résistant : en 1942, c’est dans la forêt de La Berbeyrolle, en Corrèze, que Gatti rejoint le maquis, âgé de 17 ans. Arrêté et déporté en 1943 dans un camp de travail forcé en Allemagne.
Biographie d’Armand Gatti, déporté près de Hambourg dans un camp de concentration, matricule 17173 à Linderman (= Lindemann) :
http://www.armand-gatti.org/index.php?cat=biographie
GATTI Armand, La Deuxième Existence du camp de Tatenberg, Théâtre III, Paris, Le Seuil, 1962, 320 p.
Tatenberg
Das Wort im Titel spielt auf Gattis Erfahrungen als 17 jähriger Zwangsarbeiter ? bei der Firma (Schiffsausrüster und Schiffszimmermanns-Betrieb Lindemann in Hamburg auf der Veddel an, einem Zivilsarbeitslager als Nebenstelle des KZ Neuengamme.

Das Staatsarchiv Hamburg, Strafakten 3455/43 ; sowie weitere Nachweise wissen von sechs Zwangsarbeitern aus Belgien in diesem Firmenlager
En Belgique les chambres ont adopté le 7 juillet 1953 la loi, organisant le statut « des Déportés pour le Travail Obligatoire » de la guerre 1940-1945

Les Cinq noms de résistance de Georges Guingouin : poème et lecture d’Armand Gatti, écouter, lire :
http://www.archives-gatti.org/index.php?art=97

"Dans un camp, trois juifs baltes ont fait une pièce de théâtre qui tenait en trois phrases : « ich bin, ich war, ich werde sein » (je suis, j’étais, je serai)."

http://www.la-parole-errante.org/

Jean Giboureau, un STO parmi tant d’autres :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article52

PLATINI Vincent, Krimi. Une anthologie du roman policier sous le Troisième Reich, Toulouse, Anacharsis Éditions, 2014, 448 p.

N.M.
relu juillet 2014, Avril 2017

[1Gatti, journal illustré d’une écriture, Paris, 1987, Artefact

[2responsable du F !FET, Festival International du Film contre l’Exclusion et pour la Tolérance
http://www.fifet.fr/index.php?lng=fr

[3Nicole Dorra est présidente de Ciné-Histoire, une association ayant pour but de contribuer à la diffusion et à la connaissance des œuvres cinématographiques, photographiques et des archives audiovisuelles se référant principalement à la période de la Seconde Guerre mondiale, en particulier en ce qui concerne les valeurs de la Résistance et la mémoire de la Déportation.


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