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Henry Bulawko - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Henry Bulawko

président d’honneur de l’Amicale des déportés d’Auschwitz devenue l’UDA
mardi 25 août 2009

Résistant, déporté, témoin engagé, 1918-2011
Henry Bulawko est décédé le 27 novembre 2011
Hommage à Henry Bulawko le mardi 27 novembre 2012, 19 h au MS
http://clioweb.canalblog.com/tag/bulawko

Henry Bulawko, lycée Edgar Quinet

Henry Bulawko, lycée Edgar Quinet, 2001

Résistant
Henry Bulawko est né le 25 novembre 1918 à Lyda en Lituanie. Il a émigré en France en 1925. Il faisait partie d’un mouvement de jeunesse sioniste, Hachomer Hatzaïr, la jeune garde. Il participe à un mouvement de résistance au Centre de la rue Amelot, et il faisait de fausses cartes d’identité avec l’aide de communistes en indiquant des lieux de naissance dans l’Est de la France, dans des bourgades bombardées. Ils cherchaient des planques pour les enfants, organisaient des passages en zone non occupée.
Il est arrêté le 19 novembre 1942 par un inspecteur. Il aurait camouflé son étoile avec son imperméable qu’il a sur le bras. Il est emmené en panier à salade. Il trouve cela injuste. Le commissaire de police le remet à la Gestapo. Le lendemain il se retrouve à Drancy où il occupe l’emploi de secrétaire du chef des gendarmes. Mais Brunner arrive. On lui donne des coups pour savoir où était sa famille.

Déporté le 18 janvier 1943
Ils étaient une centaine par wagon et il y avait un responsable juif en cas d’évasion. Il voulait s’évader. Certains ont essayé de soulever des planches pour s’évader, mais les femmes et les enfants pleuraient, ils ont remis les planches en place. Un autre met le feu à la paille, mais un Feldgendarme les menace, les déportés l’éteignent de peur de brûler vifs.
Ils étaient un millier dans le train, 2 tonneaux étaient prévus par wagon, un pour boire, un pour les besoins, pour trois jours.

Arrivée à Auschwitz
La révélation est brutale. Pourtant les conditions dans lesquelles ils ont été transportés auraient dû leur faire comprendre cette déshumanisation. On ne pouvait imaginer le pire.
Dès l’arrivée au camp, les bagages sont saisis par un comité d’accueil. Il est préférable quand on est interrogé sur l’activité que l’on exerce de dire que l’on a un métier "utile". Un déporté lui dit : "dis que tu es menuisier". Mengele en bottes, royal. Les SS. sont partout présents avec leurs mitraillettes et des chiens. Des miradors. Ils sont séparés en deux files. A droite, les femmes et les enfants, les vieillards, dans des camions bâchés. "Ils sont chics" lui dit un camarade. A gauche, les travailleurs, de 18 à 40 ans. 80 sur 1000 sont acceptés au camp.
Un numéro leur est tatoué sur le bras par les anciens déportés qui leur disent de regarder la cheminée, Himmelkommando, Kommando du ciel. Certains déportés sont ainsi brisés très vite par la séparation d’avec leur famille et la vue de cette cheminée "du ciel noir et du voile noir qui envahit l’horizon". Lui, il est parti seul.

Vie au camp
Dans le camp il porte des briques, d’un bout à l’autre toute la journée, avec les Kapos et les SS qui frappent sans arrêt. Cela empêche de parler, de penser. Au loin on voit des tentes militaires avec des familles de Tsiganes. Un jour, on ne voit plus rien, ni tente ni barbelés ni famille. On les a gazés pendant la nuit.
La vie d’un travailleur forcé est épuisante. Lever à 5 heures. On sort après avoir absorbé une boisson chaude avec du pain. Coucher à 22 heures. On dort sur le bat-flanc avec une couverture dans le froid de la Pologne.
Chaque jour ce sont 2 heures d’appel, interminables, avec les Kapos dans les rangs. Les détenus doivent être bien rangés et les coups pleuvent sans arrêt.
Ces hommes et ces femmes ne sont plus considérés comme des êtres humains mais comme des "bêtes et des esclaves" qui "meurent et ne comptent pas".
Après l’appel chacun rejoint le Kommando dans lequel il est affecté, et c’est la marche au pas et les camps, le travail et les camps.
Midi marque un arrêt du travail avec la distribution d’eau avec "quelque chose" mais "quoi" ?
Henry précise qu’à l’exception d’un Polonais qui a essayé de lui voler un morceau de pain, il n’a pas connu de bagarre pour la nourriture. Le morceau de pain c’est sacré.
Le soir marque le retour au camp avec les cadavres des déportés morts durant la journée. Il faut noter au crayon rouge sur la poitrine du cadavre son numéro de tatouage avant de le diriger vers le crématoire.
Puis les détenus doivent à nouveau subir les coups, 2 heures d’appel et ils reçoivent un petit morceau de pain avant le coucher.
Le soir dans les baraquements, ils retrouvent les mêmes camarades. Il ajoute que, bien sûr il n’y a jamais de dimanche.
Les choses changent quand on entend le canon russe ou quand il y a de la neige ou du brouillard. Les SS ont la frousse des Russes.
Des industriels bien nourris viennent au marché aux esclaves, ils rient à haute voix, ils tâtent regardent la bouche, les bras. On les embarque dans des camions pour travailler dans une mine de charbon et pour l’édification d’une centrale électrique. Il fallait construire le camp. Il y avait des Russes prisonniers de guerre, puis des Hongrois, des Grecs francophones.
A Jaworzno, Auschwitz III, il ne faut pas attraper de maladie. Il n’y a pas de chambre à gaz, pas de sélection, mais le travail forcé dans la mine de charbon ou dans les Kommandos extérieurs, le froid, les coups, épuisent.

Marche de la mort et retour
Il tiendra jusqu’à l’évacuation, même s’il ne pèse plus que 30 kilos et que lui-même et ses camarades sont en haillons. Ils participeront aux marches de la mort, dans la neige en janvier 1945. A Blechhammer, où ils avaient fait une halte, il a filé derrière les baraques, épuisé, incapable d’avancer.
Un jour, les Russes sont là. On est fin janvier 1945. Il saute au cou d’un jeune Mongol. "Hitler Kaputt" ! lui dit celui-ci.
Après un détour par Odessa, il arrive à Marseille le 10 mai 1945.

Il rentre à Paris et retrouve sa mère et son frère Meier, sans passer par le Lutetia où se trouvaient les services d’accueil pour les rapatriés.

Sylviane Baguenier, Marie Paule Hervieu, Nicole Mullier

BULAWKO Henry, Les jeux de la mort et de l’espoir : Auschwitz-Jaworzno - Auschwitz, 50 ans après, préf. de Vladimir Jankélévitch, 3e éd. revue et augmentée, Paris, Montorgueil, 1993, 255 p., 1ère éd. 1980.

compte-rendu du livre par Marie Paule Hervieu :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article106

Hommage à Henry Bulawko :
à la Fondation ROTHSCHILD, Vendredi 2 Décembre 2011, 80, rue de Picpus 75012 PARIS, de 9H45 à 10H45, Rendez-vous à l’entrée principale du Cimetière de Bagneux Parisien à 12H15
http://clioweb.canalblog.com/tag/bulawko
Hommage à Henry Bulawko par Raphaël Esrail
Hommage à Henry Bulawko (1918-2011)

Jacques Walter et Béatrice Fleury (dir.), Carrières de témoins de conflits contemporains. Les témoins consacrés, les témoins oubliés, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 2014

https://blogs.mediapart.fr/sebastien-ledoux/blog/100417/la-memoire-du-vel-dhiv-quelques-jalons-chronologiques

Liste des livres écrits ou traduits par Henry Bulawko :

BULAWKO Henry, Der yiddisher deportirter (Le déporté juif), in Bulletin de l’Amicale des anciens déportés juifs de France, n° spécial « Billet vert » en yiddish, 14 mai 1961
BULAWKO Henry, Crimes sans châtiment, Paris, Amicale des anciens déportés, internés, résistants juifs de France et familles de disparus (AADJF), 1962, 80 p (épuisé).
BULAWKO Henry, Quand Israël rit, de l’humour juif à l’humour israélien, dessins de Shemuel Katz, Paris, Presses du temps présent, 1963, 95 p (épuisé).
BULAWKO Henry, Le Messager de l’espérance (illustrations de Raphi), Paris, Service technique pour l’éducation, 1964, 215 p.
BULAWKO Henry, Le procès d’Auschwitz n’a pas eu lieu, Paris, Presses du temps présent, 1965, 101 p (épuisé).
BULAWKO Henry, Le défi sioniste, Paris, Presses du temps présent, 1968, 232 p (épuisé).
BULAWKO Henry, Les Chemins de la fidélité, Paris, Mouvement de la Jeunesse juive Hachomer Hatzaïr, 1980, 18 p (épuisé).
BULAWKO Henry, La Colline de la paix, illustrations de Charley Limi, Paris, Éditions Polyglottes, 1982, 184 p (fait suite au Messager de l’espérance).
BULAWKO Henry, Le Glorieux soulèvement du ghetto de Varsovie – 40e anniversaire du Soulèvement du ghetto de Varsovie 1943-1983, Paris, Congrès juif mondial, section française, 1983,15 p.
BULAWKO Henry, Les Juifs face au nazisme, préf. de Pierre Kauffmann, Paris, Centre de recherche, d’information et de formation, 1985, 47 p.
BULAWKO Henry, Anthologie de l’humour juif et israélien, dessins de Shemuel Katz, Paris, Bibliophane, 1988, 144 p.
BULAWKO Henry, Le Sionisme, Paris, J. Grancher, 1991, 167 p.
BULAWKO Henry, Les jeux de la mort et de l’espoir : Auschwitz-Jaworzno - Auschwitz, 50 ans après, préf. de Vladimir Jankélévitch, 3e éd. revue et augmentée, Paris, Montorgueil, 1993, 255 p., 1ère éd. 1980.
BULAWKO Henry, Monsieur Cholem Aleichem, Paris, G. Wern, 1995, 187 p.
BULAWKO Henry et BOUKARA Philippe dir., Le CRIF, mémoire vivante : 1944-1994, Paris, Conseil Représentatif des Institutions juives de France, 1994, 80 p.

TRADUCTIONS DU YIDDISH :
TABENKIN Itzhak, Chemins et détours de la renaissance juive (Wegn un umwegn), trad. de Henry BULAWKO, Paris, Organisation mondiale de la jeunesse juive, impr. des Éditions Polyglottes, 1948, 154 p. (conférences prononcées au 1er séminaire mondial du Dror-Hehaloutz-Hatzaïr, à Indersdorff, Bavière, 1947).
Le mouvement ouvrier juif en Israël : ses principes et ses réalisations colonisatrices, adaptation française par Henry BULAWKO, Merkaz-Hehaloutz, 1949, 238 p.
RITVAS Grigori, Grégoire (a Yid in nazišn uniform), traduit et adapté du yiddish par Henry BULAWKO, la collaboration d’Irène Kanfer, Paris, Édition et publications premières, coll. Édition spéciale, 1972, 352 p.
SCHRAGER Faïvel, F. Schrager - Un Militant juif (Oyfn rand fun z̲wey tequfôt), traduit du yiddish par Henry BULAWKO, Paris, Éditions Polyglottes, 1979, 249 p.
N.M.


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